Chaire de solidarité d'urgence: un 2e chercheurs financé

Malgré un appel à candidatures très court, une vingtaine de dossiers ont été recueillis et le comité de sélection s'est réuni pour les examiner. Les critères pris en compte devaient combiner la valeur scientifique à la situation personnelle des postulants car des menaces pesaient sur certains d'entre eux (confiscation du passeport par exemple, voire risque d'arrestation).

Une liste a été dressée par ordre décroissant de priorité et, finalement, il est apparu que ce serait non pas un mais deux chercheurs qui pourraient être financés, grâce à un partenariat négocié avec le Scholars Rescue Fund, un organisme américain qui offre une aide d'un montant équivalent à celui octroyé par l'université hôte.

Le premier des deux lauréats est arrivé à Bruxelles à la mi-janvier.

Chaire de solidarité d’urgence à destination d’un chercheur menacé en Turquie

Suite à la tentative de coup d’état en Turquie en juillet 2016 et à la répression qui touche le milieu universitaire, l’Université libre de Bruxelles met en place une Chaire de solidarité d’urgence  qui vise à accueillir un chercheur turc engagé dans la défense des droits humains et de la démocratie et qui se retrouve sans emploi suite à la suspension de ses fonctions ou à la fermeture de son université.

La Chaire de solidarité d’urgence est constituée d’une bourse post-doctorale d’un an (12 mois) d’un montant de 43000 euros brut, ainsi que d’un soutien à l’installation à Bruxelles pour cette période.
Le boursier mènera des recherches dans un laboratoire de l’ULB, sous la direction d’un promoteur ayant un statut académique dans l’institution. Il pourra, s’il le souhaite, intervenir dans des enseignements ou prendre part à toute autre manifestation scientifique organisée sur le campus.

L'ULB soutient quatre chercheurs turcs inculpés pour insulte à la nation turque

L’ULB réaffirme son soutien à la liberté académique et à tous les enseignants et chercheurs de Turquie soumis aux vagues de répressions et aux purges

Motion du Conseil d’administration de l’Université libre de Bruxelles - séance du lundi 20 mars 2017

Depuis de nombreux mois, l'Université libre de Bruxelles n’a eu de cesse d’apporter son soutien aux enseignants et chercheurs de Turquie confrontés à des pressions et sanctions pour avoir signé la pétition du 10 janvier 2016 en faveur d'une solution pacifique dans le Sud-Est de la Turquie. Quatre d'entre eux - Muzaffer Kaya, Esra Mungan Gürsoy, Kıvanç Ersoy, Meral Camcı - furent emprisonnés et inculpés pour « propagande terroriste » dans le cadre d'un procès dont la première audience a eu lieu à Istanbul le 22 avril 2016. Ce 30 mars s’ouvre la quatrième audience d’un procès intenté à l’encontre de ces chercheurs. La Professeure Véronique Fontaine, administratrice de l'ULB, y représentera l’Université.

Ce jeudi 30 mars 2017, Muzaffer Kaya, Esra Mungan Gürsoy, Meral Camcı, Kıvanç Ersoy, sont convoqués au Tribunal à Istanbul pour la quatrième audience du procès qui s’est abattu sur eux il y a un an, après qu’ils ont signé en janvier 2016 la pétition pour la paix dans les territoires du Sud-Est de la Turquie et ont été incarcérés en mars-avril 2016. Depuis mars 2016, ces chercheurs se trouvent sous l’inculpation de propagande terroriste, commuée après avril 2016 en accusation d’insulte à la nation turque.

L’Université libre de Bruxelles demande aux autorités belges et européennes de se mobiliser plus résolument en faveur des universitaires turcs et de pourvoir financièrement à la création de chaires d’urgence et de mettre en place un réseau d’universités-refuges en Europe afin d’amplifier la dynamique de solidarité qui commence à se mettre en place, et où l’ULB est pionnière. Elle invite les autres universités de Belgique à d’ores et déjà créer des chaires d’accueil afin que ces collègues de Turquie puissent déployer leurs talents, vivre dans la dignité intellectuelle et morale, continuer à enrichir les échanges scientifiques internationaux et incarner hors les murs la vivacité du monde académique turc.

L’ULB à nouveau présente au procès de chercheurs turcs le 22 décembre

Depuis de nombreux mois, l'Université libre de Bruxelles n’a eu de cesse d’apporter son soutien aux chercheurs de Turquie confrontés à des pressions et sanctions pour avoir signé la pétition du 10 janvier en faveur d'une solution pacifique dans le Sud-Est de la Turquie. Quatre d'entre eux - Muzaffer Kaya, Esra Mungan Gürsoy, Kıvanç Ersoy, Meral Camcı - furent emprisonnés et inculpés pour « propagande terroriste » dans le cadre d'un procès dont la première audience a eu lieu à Istanbul le 22 avril.
Ce 22 décembre s’ouvre la troisième audience d’un procès intenté à l’encontre de ces chercheurs. Le Professeur Thomas Berns, administrateur de l'ULB, y représentera l’Université et communiquera la nouvelle motion votée par l’Assemblée plénière de l’ULB le 12 décembre dernier, à lire ci-dessous.

Pour la troisième fois, l’Université libre de Bruxelles entend affirmer son soutien indéfectible aux quatre chercheurs poursuivis, et plus globalement sa solidarité envers l’ensemble des « académiques pour la paix » ayant signé cette pétition dont beaucoup ont depuis lors subi des pressions ; 156 d’entre eux, notamment, ont été limogés de leur université.

De façon plus générale, l’ULB s’inquiète de la véritable purge qui frappe, depuis bientôt un an, le monde universitaire turc. Elle exprime sa solidarité vis-à-vis de tous les chercheurs qui en Turquie voient leur liberté académique mise à mal et souligne l’importance de maintenir la voix de la paix au milieu des évènements douloureux actuels.

Pour marquer sa solidarité envers les quatre chercheurs poursuivis, et pour exprimer sa plus vive inquiétude face aux purges que subit actuellement l’ensemble du monde universitaire turc, l’ULB envoie, au titre d’observateur, le Professeur Thomas Berns, administrateur de l’université à l’audience du 22 décembre 2016 à Istanbul.

Parallèlement à ceci, l’ULB a tenu à ouvrir une première chaire d’urgence permettant d’accueillir un chercheur de Turquie actuellement victime de répressions et ayant perdu son emploi après avoir signé la pétition du 10 janvier. Cette action symbolique veut rendre très concrète notre solidarité et notre engagement pour la liberté d’expression et la liberté académique, valeurs essentielles à la défense des libertés individuelles comme à celle de l’état de droit.

Motion du Conseil académique de l'Université libre de Bruxelles - séance du lundi 26 septembre 2016.

Dès janvier 2016, l'Université libre de Bruxelles avait adopté une motion de soutien aux chercheurs de Turquie confrontés à des pressions et sanctions pour avoir signé la pétition du 10 janvier en faveur d'une solution pacifique dans le Sud-Est de la Turquie. Depuis lors, des représailles se sont poursuivies à l'encontre de ces chercheurs, au sein de leur université ou de la part de l'Etat selon les cas. Quatre d'entre eux - Muzaffer Kaya, Esra Mungan Gürsoy, Kıvanç Ersoy, Meral Camcı - furent emprisonnés et inculpés pour « propagande terroriste » dans le cadre d'un procès dont la première audience a eu lieu à Istanbul le 22 avril.

Notre collègue Aude Merlin a apporté le soutien du corps académique de l'ULB lors de cette audience, à l'issue de laquelle les quatre chercheurs ont été libérés mais non acquittés: de manière inattendue, le procureur a en effet demandé que le chef d'accusation soit commué en « insulte à la nation turque». Ce 27 septembre 2016 se poursuit donc le procès de ces quatre chercheurs sous ce potentiel nouveau chef d'accusation mal déterminé et bien trop souvent mobilisé.

L'ULB, en envoyant le Professeur Thomas Berns, administrateur de l'université, à l'audience du 27 septembre à Istanbul, réaffirme son soutien indéfectible aux « académiques pour la paix », et de façon plus générale à tous les chercheurs qui en Turquie voient leur liberté académique mise à mal. [Lisez son compte-rendu en cliquant sur ce lien.]pdf Outre son attachement à la liberté d'expression et à la liberté académique, elle entend ainsi exprimer sa parfaite confiance dans une communauté scientifique dont elle apprécie depuis des années le dynamisme et le sens critique, comme en témoignent les multiples collaborations scientifiques et pédagogiques qui n'ont cessé de se développer. Ces collaborations sont enrichissantes pour nos deux communautés universitaires mais ne peuvent se maintenir et se développer que dans un climat de liberté totale. Or depuis bientôt un an, cette liberté et les collaborations qui en découlent sont de plus en plus entravées, soit directement, soit par le truchement de pressions diverses ou de freins administratifs : plusieurs milliers de personnes travaillant dans des universités d'Etat ont été renvoyées, des universités privées ont été fermées, des milliers de collègues se retrouvent sans emploi ; des professeurs et des étudiants ont été arrêtés pour délit d'opinion...

L'ULB est inquiète face au risque que, dans une telle situation, cette communauté universitaire turque avec laquelle elle a noué des relations si riches, soit de plus en plus intimidée et craintive, et que ne s'ensuive un phénomène de fuite des cerveaux. Dans un tel cadre, rendu d'autant plus sensible par l'état d'urgence que connait la Turquie, il est primordial de maintenir une relation forte avec le monde universitaire de Turquie pour soutenir nos collègues et leurs étudiants.

L'ULB réaffirme son engagement pour la liberté académique partout dans le monde, exprime sa plus vive inquiétude vis-à-vis de la situation actuelle de la communauté universitaire en Turquie et apporte son plein soutien aux collègues dont le procès se poursuit ce 27 septembre ; elle espère que la justice turque pourra s'exercer en toute indépendance malgré le climat politique tendu.

Consultez la carte blanche de Thomas Berns dans Le Soir du 7 octobre: L’inquiétante mise sous tutelle des universités turques.

Consultez l'opinion de Thomas Berns, parue dans la Libre Belgique du 26 octobre: Il faut sauver les universités turques.