Quelques grandes personnalités engagées à retrouver sur les portes de nos auditoires

Paul-Emile Janson, 1872-1944

"J’ai horreur, la sainte horreur, chaque heure accrue davantage, de l’esprit sectaire."

Paul-Emile Janson est un homme politique belge de grande envergure. Diplômé en Droit de l’ULB, il est membre de la Résistance pendant la Première Guerre mondiale. Libéral progressiste, il est élu député en 1910, devient ensuite sénateur et occupe plusieurs fonctions ministérielles importantes, dont celles de ministre de la Défense nationale, de la Justice et des Affaires étrangères. Il est aussi Premier ministre de 1937 à 1938. Réfugié dans le midi de la France en 1940, il est arrêté par les Allemands dès l'invasion de la zone sud puis déporté à Sachsenhausen et à Buchenwald où il meurt en 1944. A côté de sa carrière politique, il enseigne le Droit à l’Université libre de Bruxelles et est un des pères du suffrage universel en Belgique.

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Henri La Fontaine, 1854-1943

"Ce que nous voulons, c’est tuer la guerre, c’est mettre à mort le bellicisme, mais pas dans un siècle, mais demain, maintenant. Nous voulons le triomphe de la Vie sur la Mort, l’établissement de la Patrie humaine dans la concorde et la fraternité."

Henri-Marie La Fontaine (22 avril 1854 - 14 mai 1943) est un homme politique belge, lauréat du Prix Nobel de la paix en 1913. Docteur en Droit de l’Université libre de Bruxelles, il entame une carrière d'avocat. Féministe et franc-maçon, il milite pour les droits de la femme et est un des fondateurs de la franc-maçonnerie mixte en Belgique. Spécialiste du droit international et de la politique internationale, il est un des premiers sénateurs socialistes belges. Pacifiste, il milite pour la création d'une Société des Nations et en faveur de la coopération internationale. Passionné de bibliographie et de mise à disposition de la connaissance dans une perspective pacifiste et internationaliste, il crée le Mundaneum avec Paul Otlet, qui vise à rassembler l'ensemble des connaissances du monde et contribue à mettre au point le système de Classification décimale universelle (CDU).

Francisco Ferrer y Guardia, 1859-1909

"Notre enseignement n'accepte ni les dogmes ni les usages car ce sont là des formes qui emprisonnent la vitalité mentale."

Francisco Ferrer y Guardia, en catalan Francesc Ferrer i Guàrdia, est un libre-penseur, franc-maçon et pédagogue libertaire espagnol. Il est le fondateur de l'École moderne (1901) qui prône la mixité, l’égalité sociale, la transmission d’un enseignement rationnel, l’autonomie et l’entraide. L’Ecole moderne est la première d'un réseau qui en comptera plus d'une centaine en Espagne et inspirera une nouvelle pédagogie en Belgique, en France, aux Etats -Unis… En 1909, à la suite des événements de la semaine tragique à Barcelone, il est accusé d’anarchisme. Condamné à mort par un tribunal militaire à l'issue d'une parodie de procès, il est fusillé le 13 octobre 1909. Son exécution provoque un important mouvement international de protestation. Sa condamnation est reconnue erronée en 1912.

Jean Guillissen, 1914-1942

"Je songe aux milliers de familles qui ont perdu un fils et je vois mon petit cas personnel s’amenuiser à ses justes proportions."

Ingénieur électromécanicien de l’ULB, Jean Guillissen devient l'assistant du professeur Auguste Piccard et commence ses travaux en physique nucléaire. Militant de gauche inscrit au Parti communiste de Belgique, il lutte activement contre le fascisme. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il intègre l'Armée belge des partisans armés puis, dès 1941, le Groupe G, émanation de l'Université libre de Bruxelles. En novembre 1941, lors de la fermeture de l'ULB, il travaille pour un laboratoire clandestin et fabrique des armes et des explosifs. Il est arrêté en 1942 tandis qu'il manipule des explosifs. Il sera fusillé, malgré les nombreuses protestations, à Gand, le 9 mai 1942.

Ovide Decroly 1871-1932

"Nous devons dans l'éducation, admettre la joie.
L’individu entre en contact avec le monde par une activité globale, d’abord confuse, puis progressivement organisée et structurée."

Ovide Decroly est un pédagogue, médecin, et psychologue belge qui soutient une réforme profonde de l'enseignement basée sur la "méthode globale" d'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Il participe au mouvement de l'éducation nouvelle et adhère à la Ligue internationale pour l'éducation nouvelle. Il est le fondateur de l'Institut d’enseignement spécial - Laboratoire psychologique pour enfants "irréguliers" (en réalité tous les enfants non scolarisés) en 1901, puis de l'École Decroly en 1907. Il crée aussi avec Élise Nyst et Marie Popelin la Société pour la coéducation dans le but de promouvoir l'enseignement mixte (1907). Il sera aussi, notamment, le fondateur de la Ligue Internationale pour l'Éducation Nouvelle (1921) et président de la Société de Médecine Mentale de Belgique (1923).

Ilya Prigogine, 1917-2003

"On avait l'habitude de penser que le rationnel était le certain, ce qui est déterministe. On voulait privilégier l'être par rapport au devenir, tandis que pour moi, c'est le devenir et non pas l'être qui est essentiel."
[...] La science est un produit de la culture, au même titre que la musique.
(La fin des certitudes, p.48 et p.51, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)

Ilya Prigogine (en russe : Илья Романович Пригожин, Ilia Romanovitch Prigogine), né le 25 janvier 1917, est un physicien et un chimiste belge d'origine russe. Il a reçu le prix Nobel de chimie en 1977, après avoir reçu la Médaille Rumford en 1976. Futur élève de Théophile de Donder, sa curiosité intellectuelle le mène de la politique au droit, puis à la psychologie, au fonctionnement du cerveau, à la biologie et à la biochimie. De la biochimie, il passe « naturellement » à la physique des particules, l'astrophysique et la cosmologie. Il aborde alors les questions fondamentales dans une perspective à la fois physique et philosophique: la matière, le vide, le temps et son sens unique (la flèche du temps). Ilya Prigogine développe la thèse suivante: la science classique considérait les phénomènes comme déterminés et réversibles, ce qui est en contradiction avec l'expérience courante. L'irréversibilité des phénomènes temporels caractéristique de la thermodynamique (non linéaire) réconcilie la physique avec le sens commun, tout en faisant date dans l'histoire de la thermodynamique.

François Englert, 1932

"Vous savez, la physique, c'est un peu une drogue..."

François Englert, né le 6 novembre 1932 à Etterbeek (Bruxelles), est un physicien théoricien belge. Il est professeur émérite à l'Université libre de Bruxelles (ULB) où il est membre du service de physique théorique dont il a été le codirecteur avec Robert Brout de 1980 à 1998. Ses principales contributions touchent à la physique des transitions de phase, physique des particules, à la théorie des cordes et à la cosmologie. Il reçoit le 8 octobre 2013 le prix Nobel de physique, conjointement avec le Britannique Peter Higgs, pour ses travaux sur le mécanisme de Brout-Englert-Higgs, un élément clé du « modèle standard » de la physique des particules.

Robert Brout, 1928-2011

Né à New York en 1928, Robert Brout est décédé à Linkebeek le 3 mai 2011. Docteur en Sciences formé successivement à l’Université de New York et à la Colombia University, Robert Brout mènera l’essentiel de sa carrière en Belgique, aux côtés de François Englert, qu’il avait rencontré en 1959. Les recherches de Robert Brout sur les particules élémentaires vont très rapidement lui valoir une reconnaissance internationale. En 1964, Robert Brout et François Englert expliquent la différence entre les interactions fondamentales. Brillant physicien, Robert Brout s’est vu décerner des prix prestigieux, parmi lesquels le Prix de l’European Physical Society (1997), le Prix de la Fondation Wolf (2004) ou encore, récemment, le Sakurai Prize de l’American Physical Society. Son nom avait également été suggéré pour le Prix Nobel. Hélas Robert Brout est disparu avant la découverte éventuelle du boson scalaire qui ouvrirait la porte au Nobel.