L'ULB accueille des chercheurs "Marie Skłodowska-Curie"




Patricia Bonnavion, Laboratoire de Neurophysiologie, Faculté de Médecine

Les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) constituent de nos jours l’un des troubles psychiatriques le plus répandu chez l’enfant. Ils se caractérisent par une difficulté persistante à maintenir et adapter son attention, mais aussi une difficulté à contrôler ses mouvements (hyperactivité motrice) et comportements (impulsivité), et parfois ses émotions (hyper-réactivité émotionnelle). Une première étape du traitement du TDAH vise à mettre en place une thérapie comportementale, cependant la médication par psychostimulants reste très largement employée. Bien que ces traitements permettent de réduire considérablement les symptômes du TDAH, ils affectent la croissance des enfants traités dès l’âge scolaire, et portent des risques potentiels de développer des troubles addictifs et psychotiques sur le long cours. De tels impacts et l’absence d’alternatives thérapeutiques soulignent l’urgence de mieux définir les causes et dérèglements du cerveau dans cette pathologie, ainsi que les mécanismes d’action des psychostimulants, qui restent largement inconnus à ce jour.

Le projet ADHD-LightUp, porté par Patricia Bonnavion au sein de l’équipe du Dr Alban de Kerchove d’Exaerde au laboratoire de Neurophysiologie du Pr Serge Schiffmann, combine des approches d’optogénétique, d’enregistrement d’activité neuronale et d’analyses comportementales. Il vise à évaluer le rôle de certains neurones qui pourraient être à l’origine des symptômes cardinaux du TDAH, et à traiter ces symptômes en contrôlant et en adaptant l’activité de ces neurones ciblés sur des modèles de souris TDAH.




Mathieu Bourguignon, Faculté des Sciences Psychologiques et de l'Éducation

La dyslexie est un trouble du développement qui touche 5 à 12% des enfants et jeunes adultes. Les personnes touchées par ce trouble de la lecture ont des difficultés spécifiques qui ne sont pas liées à des problèmes de vison ou à une faible intelligence. La majorité d’entre elles ont un problème de perception des sons de la parole, une difficulté accentuée dans un environnement bruyant.

Le but du projet Marie Skłodowska-Curie "DYSTRACK", porté par Mathieu Bourguignon, est de mieux comprendre les processus de traitement de la parole en présence de bruit, pour in fine développer de nouvelles méthodes pour identifier et remédier à la dyslexie, à faible coût. Le chercheur rejoindra l’équipe de Jacqueline Leybaert (CRCN, ULB Neuroscience Institute) et de Xavier De Tiège (LCFC, ULB Neuroscience Institute, Faculté de Médecine). Il placera des enfants dans différentes conditions de bruit et de stimuli visuels et évaluera dans quelle mesure leur activité corticale permet de prédire leurs capacités de lecture. Ceci sera rendu possible par des enregistrements par magnétoencéphalographie (MEG), une technique unique en Belgique dont dispose l’hôpital Erasme, et par des techniques de pointe d’analyses des signaux.

L’équipe souhaite également évaluer si des sessions de neurofeedback peuvent aider les participants à adopter un état mental optimal pour le traitement de la parole. Ces expériences seront réalisées d’abord avec des adultes. En cas de résultats prometteurs des expériences similaires seront réalisées chez l’enfant.



Eduardo Castello, École Polytechnique de Bruxelles

La robotique autonome fera bientôt partie intégrante de nos vies quotidiennes. De grands groupes de robots -les essaims- seront utilisés pour résoudre toutes sortes de tâches, très souvent en collaboration avec des humains. Il est donc important de se demander comment programmer ces robots afin que l'on puisse leur faire confiance. En d'autres termes, nous devons trouver des moyens de garantir que les robots remplissent leur rôle et que d'éventuels comportements malveillants soient facilement identifiables ou rendus totalement impossibles.

Dans le cadre du projet Marie Skłodowska-Curie BROS, Eduardo Castello rejoindra les équipes de Marco Dorigo (IRIDIA) et d’Alex Pentland (MIT Media Lab) pour développer des systèmes robotiques dont il est possible de certifier le comportement par le biais de la technologie Blockchain. L'idée de base est d'utiliser les "smart contracts", un des outils les plus novateurs de la technologie blockchain, pour gérer les interactions entre les robots et d'étudier comment ils peuvent générer des systèmes robotiques "sûrs". Le projet BROS, qui se déroulera sur une période de trois ans, se fera en étroite collaboration entre les experts en cryptographie et en cryptocurrencies du MIT Media Lab et les experts en robotique en essaim du laboratoire IRIDIA.



María José Estarán Tolosa, Faculté de Lettres, Traduction et Communication

Les caractéristiques des cultures épigraphiques de l'Europe ancienne se sont définies à partir de créations indigènes, mais aussi de transferts et d'adaptations locales. Avant que la conquête et la domination romaines aient donné lieu à un nouveau type de contexte culturel, plus centralisé, divers peuples avaient déjà développé leurs propres codes identitaires en réélaborant concepts et objets venus d'ailleurs. Le but du projet ARD-West (Ancient Religious Dedications in the Western Mediterranean Basin) est l'identification de ces processus de création dans l'expression écrite des peuples européens, grâce à l'étude épigraphique, historique et linguistique des dedicaces religieuses.


Juan Jonas, Centre de recherche sur le diabète, Faculté de Médecine

L'incidence du diabète de type 1 (DT1) augmente à un rythme alarmant dans toutes les populations. Il s'agit d'une maladie auto-immune où des facteurs environnementaux interagissent avec des gènes de prédisposition pour déclencher une attaque du système immunitaire contre les cellules bêta du pancréas, productrices de l'insuline.

Le projet BETA-SPLICENET se concentre sur l'étude du rôle de l'épissage alternatif dans la cellule bêta et sa contribution au développement du DT1. L'épissage alternatif est un processus de régulation génétique basé sur la coupure et la ligature des petits morceaux de l'ARN qui peuvent être combinés de manières différentes pour générer des protéines avec des structures et des fonctions divergentes. Ce projet combine le séquençage haut débit de l'ARN et la bio-informatique avec des techniques de biologie moléculaire afin d'identifier des variantes d'épissage qui pourraient être utilisées comme biomarqueurs du DT1 ou comme nouvelles cibles thérapeutiques.



Deborah Gatti, Faculté de Pharmacie

Les lymphocytes T Gamma Delta (GD) ont la particularité de pouvoir lutter contre les agents infectieux dès la vie in utero. L’équipe de David Vermijlen (Département de Pharmacothérapie et de Pharmacie Galénique) a également découvert que certains de ces lymphocytes, exprimant le récepteur Vg8Vd1, réagissent également contre les cellules cancéreuses.

Présentes chez chaque individu, ces cellules T GD Vg8Vd1 pourraient donc être intéressantes dans le cadre de développement d’immunothérapies du cancer. À condition, notamment, de trouver ce qui stimule ces cellules. C’est le but de ce nouveau projet Marie Skłodowska-Curie "GD TCR Ligand", porté par Deborah Gatti: trouver le ligand du récepteur Vg8Vd1, afin de mieux comprendre le rôle et le fonctionnement des lymphocytes GD et ce qui pourrait déclencher une activité anti-cancéreuse. .




Ov Cristian Norocel, Faculté de Philosophie et Sciences sociales

L’Europe en crise a permis aux partis populistes de droite radicaux de consolider leur présence sur l’échiquier politique européen. Ces partis basent bon nombre de raisonnements sur la notion de l’autre, un groupe générique regroupant de manière indistincte les migrants, les minorités ethniques, les groupes radicaux ou toute personne présentant un style de vie alternatif. Une distinction qui survient notamment lors des débats sur la sécurité sociale, certains partis populistes suggérant de séparer les droits des autres de ceux des natifs.

Cette notion de l’autre n’est cependant que peu abordée dans les études sur le populisme et sur l’aide sociale. Le but du projet Marie Skłodowska-Curie "INWELCHAV" est de comprendre comment cette distinction conceptuelle s’opère. En rejoignant l’équipe de David Paternotte (Atelier Genre(s) et Sexualité(s), Faculté de Philosophie et Sciences sociales/STRIGES, Maison des sciences humaines), Ov Cristian Norocel va explorer et scruter la (dé)construction des identités culturelles et la question de l’appartenance nationale par les discours des partis populistes de droite radicaux.

Le chercheur se focalisera sur 3 cas : le parti des Finlandais (PS/SF), le parti de la Grande Roumanie (PRM) et les Démocrates Suédois (SD). Il étudiera également la manière dont les questions d’identité nationale et de sécurité sociale de ces trois pays s’expriment dans les parlements nationaux et dans le cadre institutionnel européen, en particulier au sein du Parlement Européen.



Massimo Taronna, Faculté des Sciences

Massimo Taronna est chercheur au Service de Physique théorique et Mathématique, dirigé par Marc Henneaux, depuis 2015. Il vient de décrocher une bourse européenne Marie Skłodowska-Curie qui lui permettra de passer deux ans à l'Université de Princeton, aux Etats-Unis, avant de revenir un an à Bruxelles.

Ses travaux portent sur l'étude des forces fondamentales de la nature (électromagnétisme, forces nucléaires faible et forte, gravitation) et visent en particulier à comprendre comment construire une théorie quantique cohérente de la gravitation, un des défis de la physique moderne. Pour le projet TcCFT, son approche s'inscrit dans le cadre de la théorie des cordes et des théories de champs de jauge de spin élevé. Massimo Taronna utilisera la remarquable correspondance holographique pour éclairer d'un jour nouveau le problème des interactions cohérentes et de la localité des théories de champs de jauge de spin élevé, questions centrales pour en développer une théorie physique satisfaisante.