Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Muriel ANDRIN (Premier assistant - 2005)

Parcours

J'ai débuté mes études par une licence en langues et linguistique (anglais-russe), une option totalement éloignée de ma passion pour le cinéma. À vrai dire, je ne savais même pas qu'une section comme Elicit existait à l'ULB. Je l'ai découverte lors de ma dernière année, mais sans regret car comme il s'agit d'une licence, un diplôme de candidat était indispensable pour y accéder. Comme je préférais la traduction et ne me voyais pas devenir linguiste, j'ai donc décidé, au départ, de compléter ma formation en suivant les cours d'Elicit pour faire de la traduction de film. Le cinéma constitue en effet, depuis ma plus tendre enfance, une véritable passion. Quand j'étais étudiante, j'allais jusqu'à trois ou quatre fois par semaine dans les salles. J'essaye depuis de tenir ce rythme du mieux que je peux.

Il existe toutefois une différence incroyable entre le fait de voir un film et de le décortiquer pour l'analyser. Dès les premiers cours en Elicit, j'ai été fascinée par l'analyse de film et cette idée de pouvoir déconstruire l'image et de se rendre compte que tout est agencé dans le but de toucher le spectateur. Après la licence je souhaitais continuer mon parcours dans ce processus d'analyse. J'ai donc réalisé un mémoire sur la présentation des femmes chez Woody Allen. La perspective féministe étant ma deuxième passion, j'ai voulu l'élargir à la représentation des femmes en général. L'occasion n'est toutefois pas arrivée tout de suite. J'ai donc dû patienter un an et j'ai suivi les enseignements de l'agrégation en Elicit afin de donner cours dans le secondaire. Malheureusement, à l'époque, la sensibilisation à l'image cinématographique n'était pas très étendue et je n'ai pas trouvé de poste. J'ai alors travaillé pour une maison de production, une expérience très éprouvante mais enrichissante.

Peu après, grâce à l'obtention d'un budget mini-ARC, j'ai enfin pu entamer un projet de recherche. Il portait sur le mélodrame féminin, lu selon l'idée d'une structuration mythique, en travaillant principalement sur un corpus de cinéma classique hollywoodien s'étendant de la fin des années 40 au début des années 50. J'y ai analysé la façon dont les représentations féminines dépendaient d'une structuration mélodramatique et le fait qu'en même temps certains personnages sortaient de ce carcan pour acquérir une véritable structuration mythique qui allait à l'encontre du discours original. J'ai donc choisi de prendre les héroïnes sacrificielles du mélodrame à contre-pied, en analysant les personnages féminins maléfiques. Pour y arriver, j'ai eu la chance de partir aux États-Unis pour y effectuer des recherches dans les archives cinématographiques et manuscrites de la maison de production Warner Bros., à Madison dans le Wisconsin. Ce fut pour moi une véritable mine d'or.

Aujourd'hui, je désire toujours autant enseigner le cinéma. Après ma période d'assistanat à l'ULB, j'ai eu la chance d'obtenir, durant trois ans, une charge de cours à La Cambre. J'ai ensuite obtenu trois charges à l'ULB en histoire du documentaire, histoire du cinéma belge et introduction aux nouvelles images. Par ailleurs, j'enseigne à Anvers un cours sur le cinéma contemporain et dispense des cours du soir à la Cinémathèque royale de Belgique. Parallèlement, je conserve une activité de fond en recherche portant à la fois sur le mélodrame à travers d'autres études ou des colloques, mais aussi sur le cinéma contemporain.

Je remarque souvent une certaine distance entre les enseignants et les étudiants, et quand il s'agit d'une matière vivante comme le cinéma, la situation tourne rapidement à un constat d'incommunicabilité. Car, si nous ne possédons pas les mêmes références et si nous n'avons pas vu les mêmes films, le dialogue est plus difficile, voire parfois impossible. Mon principe est donc d'approcher le cinéma contemporain, afin d'apprivoiser leur univers, pour ensuite pouvoir les amener vers le cinéma muet ou classique.

Thèse

La fascination de la corruption - étude de l'héroïne maléfique dans le mélodrame filmique (1940-1953) (publiée le novembre 2001)

Contacts

Muriel ANDRIN

Fac Lettres, Traduction et Communication

tel 02 650 3645,

Campus du Solbosch

ULB CP103, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles