Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Salvatore CAMPANELLA (Chercheur qualifié)

Parcours

"Pendant mes études de psychologie, je me suis rendu compte que j'étais intéressé par le comportement humain mais étudié à travers la biologie du cerveau. Je me suis orienté dans cette direction de sorte qu'aujourd'hui, je dis souvent que je suis plus proche du neurologue ou du neuropsychiatre que du psychologue : je n'ai jamais mené d'entretien thérapeutique par exemple, j'ignore même comment cela se déroule", note Salvatore Campanella.

Sa licence terminée, il entame à l'UCL un doctorat visant à déterminer les régions du cerveau qui s'occupent du traitement des émotions dans une population normale. Il entre alors dans un sujet de recherche qu'il ne quittera plus : il s'intéresse aux désordres émotionnels - qu'il s'agisse de la difficulté de réguler ses émotions ou de l'incapacité à percevoir les émotions des autres, comme par exemple en cas de dépression ou de psychopathie -, à leurs mécanismes et à leur localisation dans le cerveau.

Docteur en psychologie, il part en post-doctorat au Centre Hospitalier Universitaire de Lausanne, où il approfondit ses connaissances en électrophysiologie. "En psychologie, il existe grosso modo deux voies principales pour étudier le fonctionnement du cerveau. D'une part, l'imagerie médicale qui permet d'identifier les régions du cerveau impliquées dans la réalisation d'une tâche; d'autre part, les outils neurophysiologiques qui mettent en évidence la séquence d'activité cérébrale, sa temporalité. En combinant ces deux outils, on réussit à répondre à la double question : "où et quand ?"", explique Salvatore Campanella.

De retour en Belgique, le chercheur souhaite poursuivre ses travaux en étroite interaction avec le monde hospitalier. "Pendant mon post-doctorat, j'avais collaboré avec Paul Verbanck, du Laboratoire de psychologie médicale, alcoologie et toxicomanie de l'ULB. Il m'a proposé de rejoindre son équipe à l'hôpital Brugmann, j'ai bien sûr accepté", se rappelle-t-il.

En janvier 2006, il arrive donc sur le site bruxellois où il mène de front recherche et travail clinique - il est chargé de dresser un bilan de santé des patients à l'entrée et à la sortie de l'hôpital, en analysant leur électroencéphalogramme. En 2008, il est nommé chercheur qualifié FNRS : il peut se consacrer pleinement à sa recherche au sein du Laboratoire de psychologie médicale, alcoologie et toxicomanie. "Rester sur un site hospitalier tel que Brugmann est pour moi très important. Je ne conçois en effet ma recherche qu'avec une utilité sociale : elle doit aider à une meilleure prise en charge clinique du patient. A l'hôpital, je suis proche des thérapeutes, des cliniciens, des psychologues et des patients eux-mêmes, nous pouvons échanger et nous enrichir mutuellement", souligne Salvatore Campanella.

Sa recherche actuelle porte sur les addictions, qu'il s'agisse de dépendances liées à une substance (alcool, drogue?) ou de dépendances non liées (jeu de casino, internet?), comme il le précise, "Mon objectif est de déterminer les dysfonctionnements cérébraux responsables de ces différentes formes d'addiction. Dans un premier temps, je m'intéresse à l'alcoolisme mais progressivement, je vais élargir mes travaux à toute forme de dépendance et déterminer les points communs et les points divergents entre ces addictions".

Ses sources pour mener cette recherche ? Les entretiens avec les neuropsychologues chargés du suivi des patients et l'observation-même des patients. Le chercheur s'appuie sur des techniques à la fois d'imagerie médicale et d'électrophysiologie. "Quand on montre une stimulation telle qu'un visage joyeux, triste ou effrayé, on constate des variations de notre activité cérébrale : ce sont des potentiels électriques évoqués par l'image montrée. J'étudie ces potentiels, le moment où ils se produisent, la manière dont les séquences s'enchaînent, l'endroit du cerveau qui est stimulée, etc. Je compare ces résultats sur patients avec ceux obtenus chez des sujets sains; je peux ainsi pointer d'éventuels dysfonctionnements liés à une hypo ou une hyper-activation émotive ou à une réaction différée par exemple", explique Salvatore Campanella, "A travers cette meilleure connaissance du cerveau, j'espère aider à améliorer les traitements médicaux à terme. Ce qui m'intéresse dans la recherche ? Ce lien avec le monde médical, l'application sur le terrain mais aussi l'émulation constante d'apprendre, les échanges avec d'autres scientifiques ici ou ailleurs dans le monde ; et, en donnant cours, la possibilité d'éveiller l'intérêt de ceux qui nous remplaceront demain".

Contacts

Salvatore CAMPANELLA

Faculté de Médecine

Campus Erasme

ULB CP*, route de Lennik 808, 1070 Bruxelles