Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Pierre LANNOY (Chargé de cours à titre définitif - 2008)

Parcours

"A 18 ans, je voulais étudier les sciences politiques à l'université. En 1re année, j'ai découvert la sociologie : j'ai compris que ce qui nous semble évident n'est jamais qu'une manière de voir le monde qui nous entoure et qu'il existe d'autres manières de regarder cette réalité. Le virus de la sociologie m'a gagné et ne m'a plus jamais quitté", prévient Pierre Lannoy. Il réussit une licence en sociologie, enchaîne avec une maîtrise en sociologie et devient assistant à l'Université catholique de Louvain où il entame une thèse de doctorat.

"J'étais intéressé par le fonctionnement des institutions face à la gestion des problèmes publics. J'ai choisi d'étudier cette problématique pendant ma thèse sur le terrain de la mobilité : je me suis intéressé à la gestion de la circulation routière et au rôle qu'y joue l'innovation technologique", commente Pierre Lannoy.

En 2001, il défend sa thèse et devient chargé de recherche FNRS à l'UCL. Quatre ans plus tard, il rejoint l'ULB où il est nommé chargé de cours à titre définitif en 2008. "Je donne cours tant dans des auditoires de 500 étudiants de 1re année qu'à des étudiants en séminaire, qui terminent un MA en sociologie; j'enseigne à des étudiants de facultés différentes; cette diversité est très amusante et enrichissante", précise-t-il.

Son principal sujet de recherche s'inscrit dans le prolongement de sa thèse de doctorat : il étudie la mobilité quotidienne sous toutes les facettes. "J'essaie de considérer les comportements de mobilité comme une activité sociale en elle-même plutôt que de voir la mobilité comme un temps vide, entre une activité A et une activité B. Pour moi, il se passe quelque chose dans les temps de déplacement et ce qui se passe répond à des logiques spécifiques que j'essaie de décoder", explique Pierre Lannoy. Ainsi, par exemple, il dirige une équipe de chercheurs qui étudient, avec un soutien fédéral, la mobilité des personnes âgées. Ils ont pu ainsi constater que la montée en âge est liée à une réorganisation des pratiques, y compris des pratiques de mobilité. Cela s'observe notamment dans la substitution, avec l'âge, d'une attitude de prudence à celle de sécurité, comme on l'entend classiquement : ce qui était considéré comme des équipements de sécurité (un carrefour giratoire par exemple) finit par poser problème; d'autres aménagements pourraient au contraire être mieux adaptés à des comportements prudentiels, plus caractéristiques de certaines catégories d'usagers?

La mobilité est bien évidemment prétexte à de multiples recherches : mobilité et violence dans les transports, temps de transports en commun, mobilité et embouteillages en ville, droit à la mobilité pour tous y compris les personnes à mobilité réduite, etc. Historiquement, ce sont les géographes qui ont beaucoup étudié la mobilité à l'université. Les ingénieurs se sont aussi intéressés à la question. Les sociologues sont arrivés plus récemment sur ce terrain de recherche et ont permis d'enrichir l'approche, comme le souligne Pierre Lannoy : "En matière de mobilité, les chercheurs utilisent des modèles qui ont souvent tendance à considérer l'individu comme une simple variable de calcul. Or, un individu n'est pas l'autre : les gens, leurs intérêts et donc leurs comportements de mobilité sont complexes. C'est un véritable défi d'expliquer de quoi est faite l'action des gens afin que les modèles et les politiques puissent être affinés".

Autre sujet de recherche pour Pierre Lannoy, presqu'un "hobby" : l'histoire de la sociologie. Conscient que s'il existe plusieurs manières de voir une même réalité, il ne demeure pas moins que ces lectures sont toutes influencées par notre contexte socio-culturel, le chercheur vise à établir une véritable généalogie des idées, replaçant l'évolution des idées dans leur environnement socio-historique.

"La recherche fondamentale me passionne même si, vu mon thème de recherche principal, je travaille régulièrement à la demande des pouvoirs publics. Les sociologues ont toujours entretenu un rapport ambigu avec la commande de recherche : nous aimons redéfinir les problèmes qu'on nous propose, les poser de manière un peu décalée, plus innovante; l'université nous offre cet espace de liberté. Les publications scientifiques nous permettent également de sortir des rapports de recherche commandités ; ils nous offrent la possibilité de s'adresser à nos collègues sociologues. Je participe notamment à un groupe "Mobilité spatiale et fluidité sociale" créé au sein de l'Association internationale des sociologues de langue française : cet échange entre spécialistes est aussi très enrichissant pour moi, chercheur", conclut Pierre Lannoy.

Contacts

Pierre LANNOY

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 3352, fax 02 650 4597,

Campus du Solbosch

ULB CP124, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles