Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Thomas GILBERT (Chercheur qualifié - 2007)

Parcours

"Beaucoup de gens disent détester la physique mais en réalité, on ne leur a pas donné l'envie de la découvrir. En tant que chercheur, j'espère contribuer à cette démarche de vulgarisation ", souligne Thomas Gilbert. Lui-même dit ne pas avoir eu la "vocation" mais s'être intéressé à la physique au lycée, grâce à des lectures populaires, notamment " La Théorie du Chaos" par James Gleick. Il obtient une licence en physique à l'UCL, puis une licence spéciale en physique théorique à l'ULB qui lui permet de développer son intérêt pour la physique non-linéaire. Alors qu'il réalise la licence spéciale, il rejoint les membres du Service de physique non-linéaire et mécanique statistique de l'ULB où il travaille aujourd'hui. A la même époque, il commence à collaborer avec J. Robert Dorfman, professeur au département de physique de l'Université du Maryland qui l'invite dans son laboratoire. Thomas Gilbert n'hésite pas, il s'envole pour le Maryland où il entame - et défendra quelques années plus tard - sa thèse de doctorat.

Le jeune chercheur s'intéresse à la physique statistique des systèmes hors d'équilibre. La physique statistique se définit succinctement comme la science qui étudie des systèmes comptant un grand nombre d'éléments, décrits en termes d'ensemble à travers leurs propriétés macroscopiques. Ces éléments ou particules peuvent être comparés à une série de sphères dures, de "billes" dans un jeu de billard : ils entrent en collision ou suivent une trajectoire rectiligne. Le système est dit en équilibre s'il est isolé. En revanche, soumis à des contraintes extérieures, des courants sont induits à travers ce système qui est alors mis "hors d'équilibre". "C'est par exemple le cas d'un conducteur électrique sous tension ou du rayonnement thermique d'un radiateur chauffé dans une pièce froide, ou encore de la dilution d'un nuage de lait dans une tasse de café", explique Thomas Gilbert.

Paradoxalement, ces phénomènes décrits par les lois de la thermodynamique sont irréversibles alors que les lois qui régissent les collisions entre les particules sont elles parfaitement réversibles. Le chercheur tente de comprendre ce paradoxe ou plus précisément, il étudie le rôle de la dynamique dans l'établissement de telles propriétés thermodynamiques. "Mes travaux reposent sur une synergie entre mécanique statistique et physique non-linéaire ainsi que sur le caractère chaotique du mouvement à l'échelle microscopique, par lequel on entend que de petites causes peuvent produire de grands effets", précise Thomas Gilbert. L'objectif du chercheur est de développer des modèles mettant en évidence le rôle de la dynamique non linéaire dans l'établissement du transport.

En perspective de ces recherches ? La mise au point d'outils analytiques qui aideront à comprendre les aspects dynamiques de l'asymétrie temporelle dans les systèmes hors d'équilibre. Si le chercheur adopte une approche purement théorique, il n'en perd néanmoins pas de vue les opportunités appliquées qui pourraient naître d'une meilleure connaissance du système. On pense notamment à l'aéronautique avec ces avions soumis à différentes turbulences, à la conduction de pétrole ou de gaz liée aux problèmes de friction ou encore aux fluctuations de courants électriques dans des conducteurs nanoscopiques.

"La recherche nous permet de laisser libre cours à notre imagination. Il faut d'abord oser se lancer, exprimer sa créativité pour ensuite adopter une approche rationnelle, systématique et analyser les modèles développés. Etre chercheur, c'est aussi lire énormément: on est parfois ignorant de ce que nos prédécesseurs ont découvert il y a 30 ans! Et c'est aussi appartenir à une communauté internationale de chercheurs où les échanges scientifiques mais aussi culturels sont riches", insiste Thomas Gilbert. Cette ouverture sur le monde et sur l'autre est d'ailleurs essentielle pour le chercheur qui, après sa thèse aux Etats-Unis, a poursuivi ses recherches à Paris, Tel Aviv et Nice avant de revenir en 2004 à l'ULB, alors en qualité de chargé de recherche FNRS. Et le chercheur de rappeler que dans l'appellation "équipe de recherche", il y a aussi le mot "équipe" parce que, comme il l'explique, "décloisonner est essentiel y compris au sein des groupes de recherche. Si nous voulons attirer des étudiants, susciter leur curiosité, former leur talent, nous devons tous veiller à communiquer au sein de l'équipe de recherche et à faire vivre le groupe".

Contacts

Thomas GILBERT

Faculté des Sciences

tel 02 650 5789, fax 02 650 5767,
http://homepages.ulb.ac.be/~tgilbert/

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