Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Denis LAOUREUX (Chargé de cours à titre définitif)

Parcours

"Adolescent, j'étais déjà attiré par la littérature et la peinture. J'avais 16 ans lorsque j'ai découvert les poésies de Rimbaud et la peinture de Van Gogh qui m'ont bouleversé", se souvient Denis Laoureux. Il entre à l'ULB pour étudier l'histoire de l'art et l'archéologie. Désireux de concilier sa double passion - la littérature et la peinture -, il consacre son mémoire d'histoire de l'art à un? écrivain, Maurice Maeterlinck. "Je voulais montrer comment la littérature, en Belgique, s'est construite dans une relation à la peinture : Maeterlinck est une belle illustration de ce croisement entre image et écriture", souligne Denis Laoureux. Licencié en histoire de l'art, le jeune diplômé est engagé à la Ville de Bruxelles. Il travaille alors au sein d'une équipe en charge du patrimoine architectural classé et en particulier de la valorisation de la Grand Place.

Parallèlement à son travail à la Ville de Bruxelles, il poursuit et publie ses recherches sur Maeterlinck. En 2000, Michel Draguet lui propose d'entamer une thèse de doctorat : il accepte et rentre à l'Université où il approfondit sa réflexion sur Maeterlinck, l' "écrivain de l'image", dans le cadre d'une bourse Mini-Arc. "Pour réaliser son projet littéraire, Maeterlinck emprunte des moyens qui appartiennent au domaine de l'image et non de la littérature. Il parle, par exemple, de tableaux scéniques et part d'un modèle pictural pour penser le décor de son théâtre. Il n'est bien sûr pas le seul à agir de la sorte, on peut même dire que la littérature belge de l'époque présente un caractère très plastique : les écrivains puisent souvent des éléments non-linguistiques dans le visible pour construire leur propos littéraire".

En 2004-2005, le chercheur défend sa thèse et devient assistant au Département d'histoire, art et archéologie de la Faculté de philosophie et lettres. Il prend ensuite la suppléance de plusieurs cours de Michel Draguet, devenu directeur général des prestigieux Musées royaux des beaux-arts de Belgique. En 2008, il est nommé chargé de cours à titre définitif et peut se consacrer pleinement à la fois à l'enseignement et la recherche, "deux activités qui se nourrissent mutuellement. Il est intéressant d'inclure des étudiants dans des projets de recherche. Par exemple, nous avons travaillé, en séminaire, à la mise en scène de l'exposition "Cobra Passages", souligne-t-il.

Une partie de sa recherche actuelle porte sur la fin de siècle en Belgique, s'inscrivant là dans la tradition initiée par ses illustres prédécesseurs, Philippe Roberts-Jones et Michel Draguet. La période 1880-1910 constitue un âge d'or pour la Belgique qui est alors à la pointe de l'avant-garde dans les arts décoratifs, l'architecture, la peinture, la sculpture? C'est d'ailleurs l'époque où - on revient à lui - Maurice Maeterlinck reçoit le seul prix Nobel belge de littérature. " J'ai notamment monté l'exposition "Le musée imaginaire de Maeterlinck" au Musée Rops à Namur, et je travaille aujourd'hui sur un des derniers grands peintres symbolistes à redécouvrir", précise Denis Laoureux.

Le chercheur s'intéresse également à une autre période de l'art belge : celle de l'immédiat après guerre avec le groupe Cobra et l'abstraction en Belgique. Il a notamment conçu l'exposition "Cobra Passages" au BAM à Mons, et travaille actuellement en collaboration avec des institutions italiennes sur un projet d'exposition consacré à la présence de Cobra en Italie.

Denis Laoureux n'a pas oublié bien sûr son premier sujet de recherche, celui des relations entre image et écriture. Il prépare un colloque international intitulé "Peintres de l'encrier. Le livre illustré en Belgique (19e-20e siècle)" qui se tiendra en mars 2009 à l'ULB. Il est aussi à l'origine, avec Laurence Brogniez - aussi nommée chargée de cours définitif en 2008 -, d'un groupe de contact FNRS sur les "écrits d'artistes" qui étudie les circonstances dans lesquelles les peintres prennent la plume, durant la période moderne et contemporaine. Il participe également au comité de rédaction de la revue "Textyles", spécialisée dans la littérature francophone de Belgique.

Et de conclure : "La recherche fondamentale en histoire de l'art s'exprime à travers des publications, des colloques scientifiques ou encore des réunions de groupes de contact FNRS. Mais la recherche peut aussi être appliquée : une exposition est une manière de mettre une pensée en espace, et un ouvrage de vulgariser, un moyen pour partager nos connaissances avec le grand public. Pour moi, ce va-et-vient entre recherche fondamentale et recherche appliquée est essentiel".

Contacts

Denis LAOUREUX

Faculté de Philosophie et Lettres

tel 02 650 4359,

Campus du Solbosch

ULB CP175, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles