Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Benoît SCHEID (Chercheur qualifié FNRS - 2010)

Parcours

Les parcours scolaires sont parfois trompeurs... Benoit Scheid n'était pas vraiment un " bon " élève à l'école secondaire, trop préoccupé sans doute par son groupe de musique. En rhéto', il butte sur les mathématiques : ce sera l'examen de passage. Et étrangement, la révélation ! " J'ai étudié des mathématique pour la première fois en août cette année-là et je me suis dit : " les math', c'est quand même intéressant ! ", explique-t-il. Rhéto' terminée, il entame une année spéciale mathématique au collège Saint-Michel de Bruxelles.

Et la " révélation " des mathématiques se confirme : il s'inscrit l'année suivante à l'ECAM : il veut devenir ingénieur industriel en électromécanique " pour le côté pratique ", se souvient-il. Ses études se déroulent bien, " j'avais pris le goût à étudier. J'adorais les blocus pendant lesquels je partais étudier à la campagne avec quelques amis ", précise-t-il. Après un séjour Erasmus en Espagne, Benoit Scheid présente un mémoire en acoustique, la première fois qu'il s'intéresse de près à la physique des fluides...

Diplômé, il postule à différents endroits mais aucune offre d'emploi ne l'intéresse réellement. " On me proposait des emplois plutôt technico-commerciaux alors que ce qui m'attirait, c'était plutôt la conception. On m'a dit que pour cela, je devais réaliser une thèse de doctorat ", se souvient-il. Il présente sa candidature au Microgravity Research Centre (MRC) de l'ULB qui recrute un... post-doctorant. Il n'a pas le " bon profil " (ou plutôt le bon diplôme) mais lors de l'interview, le centre de recherche lui propose tout de même d'entamer une thèse de doctorat. Nous sommes alors en 1998 et pendant quelques années, Benoit Scheid va mener de front thèse de doctorat et études complémentaires, jusqu'à l'obtention du diplôme d'ingénieur civil, enchaînant plusieurs mémoires sur le sujet-même de sa thèse : l'étude des films liquides tombants.

Pendant ces années de doctorat, Benoit Scheid voyage, découvre d'autres laboratoires de recherche, apprend de nouvelles techniques et tisse son réseau scientifique : il passe cinq mois à Haïfa, dix mois à Madrid, six mois à Paris. Docteur en sciences appliquées, il reste deux années supplémentaires au MRC où il mène une expérience sur la turbulence interfaciale à la surface des liquides volatils, avec le soutien de l'Agence spatiale européenne.

Conscient d'avoir déjà pas mal sillonné les laboratoires européens, il part pour les Etats-Unis où il intègre un laboratoire de l'Université d'Harvard spécialisé en microfluidique. Il y travaille pendant deux ans sur un projet financé par Saint-Gobain, " Ma fibre d'ingénieur me poussait à mener une recherche liée à l'industrie. C'était une expérience fabuleuse. Harvard est un endroit magique où passent tous les scientifiques que vous avez rêvé un jour ou l'autre de rencontrer. J'ai aussi appris là une dynamique propre aux Américains, où la recherche est plus proche du secteur privé, où la communication est une priorité, où l'enthousiasme est un impératif ou une manière d'être ", souligne Benoit Scheid avant d'ajouter avec un sourire " C'est là qu'avec mon patron de laboratoire, nous avons écrit un article intitulé " La pizza newtonienne ". En s'inspirant du pizzaiolo en train de préparer sa pâte, la tourner, la faire sauter au-dessus de sa tête, nous avons commencé à réfléchir à comment la pâte se formait sous l'effet de forces centrifuges et à plancher sur l'étirage axisymétrique d'une matière visqueuse ".

Si les Etats-Unis le séduisent, le chercheur et son épouse ne comptent pas y faire leur vie. En avril 2009, Benoît Scheid décroche une bourse " Brains back to Brussels " de la Région de Bruxelles-capitale et rentre en Belgique ou il intègre l'unité Physique des fluides du service TIPs en Faculté des sciences appliquées de l'ULB. Son projet de recherche vise à répondre à des questions scientifiques fondamentales liées aux écoulements multi-phasiques rencontrés dans les systèmes microfluidiques. En 2010, Benoit Scheid est nommé chercheur qualifié FNRS.

La microfluidique permet de manipuler des liquides à très petite échelle, et de créer ainsi des micro-laboratoires sur puces. Ses applications sont particulièrement intéressantes pour l'industrie chimique et pharmaceutique ou encore automobile, alimentaire, ou de bio-ingénierie par exemple. Pour mener à bien cette recherche tournée vers des perspectives appliquées, une salle blanche a été aménagée au sein du service TIPs de l'ULB.

" Ce qui m'amuse comme chercheur ? Lorsqu'il y a un problème expérimental, réussir à le décrire avec des équations. Allez aussi loin que possible analytiquement en développant des modèles mathématiques et ainsi capturer les effets dominants, puis s'appuyer sur le numérique pour décrire autant que possible la réalité expérimentale ", explique-t-il.

Celui qui à 16 ans était passionné de musique rock, n'a rangé sa guitare électrique qu'en 2006, à l'issue d'un ultime concert au Botanique. " Mon hobby du moment, ce sont mes deux jeunes enfants ", avoue-t-il.

Contacts

Benoît SCHEID

Ecole polytechnique de Bruxelles

tel 02 650 4827, fax 02 650 2910,
http://homepages.ulb.ac.be/~bscheid/

Campus du Solbosch

ULB CP165/67, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles