Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Aude BUSINE (Chercheur qualifié - 2007)

Parcours

Aude Busine se souvient avoir toujours fait de la recherche depuis son arrivée à l'Université, "parce qu'à l'ULB, les études en histoire sont très orientées vers la recherche", explique-t-elle. Son mémoire défendu, la jeune licenciée part à Paris où elle abandonne l'Epoque classique pour étudier l'Antiquité tardive. Une période de l'histoire - qu'elle situe du 2e au 6e siècle de notre ère, englobant par là-même la conversion au christianisme de l'empereur Constantin (4e siècle) - qui ne la quittera plus dans son parcours scientifique?

Après Paris, Aude Busine revient à Bruxelles, passe par Padoue, défend sa thèse en 2003 à l'ULB, sous le titre "Paroles d'Apollon. Essai de contextualisation des pratiques et traditions oraculaires dans l'Antiquité tardive" et part, grâce à une bourse Wiener Anspach, à Oxford pour réaliser un postdoc. Objet de sa recherche? La chercheuse s'intéresse aux prêtres et prophètes de l'Antiquité tardive. Relais entre dieu et les hommes, ceux-ci exerçaient souvent la prêtrise pendant une période courte avant de poursuivre leur carrière politique. La jeune chercheuse démontre comment ce passage par la prêtrise facilitait la carrière politique et l'intégration parmi les élites locales.

De retour à Bruxelles comme chargée de recherche FNRS, Aude Busine se consacre aux discours des auteurs chrétiens sur les rituels païens: comment, en critiquant les rituels païens, ces auteurs chrétiens nous donnent-ils des informations sur leur propre identité; comment par ces critiques parviennent-ils à constituer leur identité religieuse, culturelle, politique et sociale? Pour mener cette recherche, elle se rend à Rome, à l'Academia Belgica. "De jeunes chercheurs, des artistes, des scientifiques qui poursuivent à Rome des recherches spécialisées, principalement en sciences humaines sont hébergés à l'Academia Belgica, dans le parc de la Villa Borghese, aux côtés d'institutions française, britannique, suisse, etc. équivalentes. C'est un environnement très stimulant où on côtoie des chercheurs venus de toute l'Europe", se souvient Aude Busine.

Nommée chercheur qualifié en 2007, elle affine aujourd'hui son étude des pratiques religieuses dans l'Antiquité tardive. Après s'être intéressée aux discours des chrétiens, elle étudie les conséquences politiques de la modification des pratiques religieuses. Délaissant la rhétorique et les descriptions littéraires, la chercheuse a fixé quatre axes à son analyse. Premier axe: le lieu de culte. Le temple païen était un endroit fermé, abritant la statue du dieu; le rituel prenant place devant le temple et réunissant toute la communauté. L'église chrétienne au contraire accueille les croyants - en nombre restreint - en son sein. Lieu ouvert, lieu fermé; petit nombre, grand nombre de fidèles?, comment le passage du temple païen à l'église chrétienne va-t-il changer le fonctionnement interne de la cité? Deuxième axe, la modification des rites religieux. Le christianisme remplace les sacrifices par l'eucharistie, les rites initiatiques par le baptême, etc.: en quoi ce changement des rites et du calendrier liturgique vont-ils transformer la cité ? Troisième axe, les pèlerinages. Les processions païennes jouaient un rôle-clef de cohésion sociale: ralliant campagne et ville avec les statues du culte, les fidèles visualisaient le territoire civique; ils identifiaient des lieux de pouvoir en marquant des haltes ou procédant à des cérémonies, etc. Avec le christianisme, les pèlerinages sont toujours présents mais les itinéraires et les lieux saints changent, les centres de pouvoir politiques et économiques sont bouleversés? Quatrième et dernier axe de la recherche: les cimetières. Les païens avaient pour habitude de s'afficher publiquement et socialement lors d'un enterrement: ils en profitaient pour rappeler, à travers l'épitaphe ou la taille du tombeau par exemple, quel grand homme était le défunt. Comment les chrétiens - qui prônent l'humilité du défunt - vont-ils récupérer certaines pratiques funéraires païennes? Et quelles seront les conséquences pour la Cité?

"Associée à la chute de l'Empire romain, l'Antiquité tardive a longtemps été négligée par les chercheurs. Or, c'est une période riche, avec la mise en place progressive du christianisme qui joue un rôle majeur pour notre civilisation. Décrire cette époque charnière, s'intéresser à la pratique sociale de la religion, cerner l'imbrication de la religion avec la politique nous aident à mieux comprendre le fonctionnement de nos sociétés aujourd'hui", commente Aude Busine.

Contacts

Aude BUSINE

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 4652,

Campus du Solbosch

ULB CP133/01, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles