Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Thierry VISART DE BOCARME (Premier assistant - 2007)

Parcours

En quoi des particules métalliques d'à peine quelques nanomètres déposées sur un support sont-elles capables de transformer un gaz toxique tel que le monoxyde de carbone en un gaz non-toxique, en l'occurrence le dioxyde de carbone? Voilà une question sur laquelle Thierry Visart est devenu incollable et intarissable. Il est vrai que le chimiste consacre sa recherche à ce sujet majeur pour notre environnement depuis la fin des années '90. Boursier FRIA, Thierry Visart a consacré sa thèse à la catalyse de dépollution des voitures. Ou pour être plus précis, il a, l'?il rivé sur le microscope, étudié chacun des atomes qui constituent ces particules aux propriétés dépolluantes afin d'établir le type de réactions qui se produisent, leur localisation, leur vitesse, leur déroulement, etc. "Le but ultime de cette recherche était d'améliorer les catalyseurs existants: en décrivant les processus et les propriétés, nous ouvrons la possibilité de découvrir de nouveaux matériaux capables de dépolluer mieux ou aussi bien et à moindre coût", explique le chercheur.

Sa thèse défendue en 2002, Thierry Visart entame, grâce à une bourse Wiener Anspach, un post-doc à l'Université d'Oxford. Il collabore là à la mise sur pied d'une sonde atomique catalytique, entendez un appareil capable d'analyser la composition des particules dépolluantes du catalyseur. La sonde créée, le chimiste regagne l'Université libre de Bruxelles tout en gardant des contacts scientifiques réguliers avec l'équipe britannique: il devient chargé de recherches du FNRS à l'ULB.

Son objet de recherche? Le catalyseur à base d'or. Souvent considéré comme inerte par les chimistes, l'or révèle étrangement des propriétés catalytiques importantes. "Conditionné sous formes de petites particules, l'or est à l'heure actuelle le meilleur catalyseur d'oxydation du monoxyde de carbone et fonctionne déjà à -50°C", souligne Thierry Visart. Ce qui bien évidemment le positionne parmi les meilleurs candidats pour pot catalytique de voiture, puisque l'or est actif rapidement, même à basse température : inutile d'attendre que le moteur chauffe pour commencer à dépolluer. Seul bémol - mais de taille -, l'or réagit différemment selon le type de support qui l'accueille. Reste donc un vaste champ d'étude, que Thierry Visart ne s'est pas encore attelé à défricher, celui des propriétés chimiques de l'or en interaction avec son environnement direct ou son support.

Pour l'heure, le chercheur a laissé de côté l'or pour se tourner vers un support bien précis : il s'intéresse aux propriétés dépolluantes du verre recouvert par des substances catalytiques actives. Certes, des verres photocatalytiques existent déjà mais, comme leur nom l'indique, ils sont activés par les rayons ultraviolets, donc ne fonctionnent qu'en plein jour. La recherche de Thierry Visart devrait, elle, contribuer à la mise au point de verres dépolluants 24 heures sur 24. On imagine aisément l'intérêt que représenterait une telle innovation dans nos villes où nos émissions de CO seraient absorbées, éliminées par les vitres de nos bureaux ou les pare-brises de nos véhicules? Mais, pas d'empressement intempestif, la recherche n'en est seulement qu'à un stade préparatoire.

Mais déjà, le chercheur souligne une propriété qui jette un pont entre sa recherche passée sur l'or et sa recherche à venir sur le verre: l'or fonctionne bien comme catalyseur lorsqu'il est déposé sur de l'oxyde de titane; et c'est ce même oxyde de titane qui est utilisé pour les verres photocatalytiques. Le défi pourrait donc être de réussir à fixer l'or sur du verre couvert par de l'oxyde de titane. Et pour y parvenir peut-être un jour, il faut aujourd'hui comprendre les propriétés chimiques de chaque substance individuellement ainsi que ses interactions - et ses incidences - avec les autres composantes.

Depuis sa thèse, Thierry Visart n'a cessé de flirter avec les perspectives appliquées de ses recherches. Il est vrai que l'enjeu écologique pour notre société est crucial. Mais si l'impact environnemental que pourraient avoir un jour ses travaux motive énormément le chercheur, une autre passion le guide aussi, comme il le souffle: "J'ai le goût de comprendre les éléments les plus fondamentaux qui gouvernent les lois de la Nature. Voir des atomes au microscope m'intrigue; observer leur comportement me fascine? En étudiant ces atomes, j'apprends à mieux connaître tout ce qui nous entoure sur terre".

Contacts

Thierry VISART DE BOCARME

Faculté des Sciences

tel 02 650 5724, fax 02 650 5708,

Campus de la Plaine

ULB CP243, boulevard du Triomphe, 1050 Bruxelles