Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
sommairesommairepage précédentepage précédentepage suivantepage suivanteimprimerimprimerenvoyerenvoyermarquermarquer

Jean-Christophe LELOUP (Chercheur qualifié - 2004)

Parcours

Licencié en chimie à l'ULB, j'ai entrepris un doctorat au sein de l'Unité de chronobiologie théorique dirigée par le professeur A. Goldbeter. Ma thèse a porté sur la modélisation du mécanisme moléculaire des rythmes circadiens chez la drosophile. Ces rythmes, d'une période proche de 24 h, sont parmi les plus répandus chez les organismes vivants, et jouent un rôle physiologique majeur dans l'adaptation des organismes à la nature périodique de leur environnement. Le FNRS m'a ensuite engagé pendant 3 ans, en tant que chargé de recherche. J'ai passé la première année de mon mandat à Bruxelles où j'ai continué mon travail de thèse. Par après, j'ai eu l'occasion, pendant les deux années suivantes, de travailler au sein d'un laboratoire spécialisé en neurobiologie génétique, à Gif-sur-Yvette, près de Paris. Dans ce laboratoire, j'ai testé expérimentalement certaines de nos prédictions théoriques, comme la possibilité de supprimer les rythmes circadiens chez la drosophile à l'aide de courtes impulsions lumineuses.

Lors de ces dernières années, de nombreuses découvertes ont montré que les régulations et les gènes impliqués dans la génération des rythmes circadiens chez la drosophile possèdent de nombreux points communs avec ceux des mammifères. L'existence de telles similitudes dans les mécanismes fondamentaux des oscillateurs circadiens m'a motivé lors de ces trois années de mandat pour le FNRS à étendre le modèle proposé pour la drosophile au cas des mammifères. Le modèle décrivant l'horloge circadienne des mammifères, bien plus complexe que les modèles précédents pour la drosophile, mène à des résultats similaires en ce qui concerne la genèse des rythmes, mais permet d'étendre les prédictions théoriques à l'homme. Ce modèle permet d'étudier des troubles physiologiques liés au dysfonctionnement de l'horloge circadienne chez l'homme, comme, par exemple, les troubles du sommeil. Les simulations numériques représentent un outil de premier choix pour tester différentes hypothèses. L'enjeu de cette étude est d'importance et dépasse le cadre des troubles pathologiques. Nous connaissons tous les effets d'un voyage en avion impliquant le passage par des fuseaux horaires, ou ceux, souvent très lourds, des horaires de travail décalé voire nocturne.

Des découvertes récentes ont également mis à jour un lien entre une perturbation majeure des rythmes circadiens et la prolifération de cellules cancéreuses. Des personnes ayant une horloge circadienne défectueuse pourraient présenter un risque accru de développer certains types très spécifiques de cancers. Les pilotes longue distance, les travailleurs de nuit sont, par exemple, des franges de la population particulièrement exposées. Une approche théorique permettra de tester in silico l'influence des rythmes circadiens sur la dynamique du cycle cellulaire, et de tester des schémas d'administration optimaux pour divers médicaments anticancéreux. La stabilisation de mon poste en tant que chercheur qualifié pour le FNRS au sein de l'ULB me permet maintenant d'élaborer une stratégie de recherche sur le long terme. Dans ce cadre, nous avons par exemple entamé une collaboration étroite avec un groupe de cliniciens de Villejuif (Paris) qui travaillent sur le cancer. Nous disposons ainsi directement de données expérimentales que nous intégrerons dans nos modèles.

À un jeune qui visite mon laboratoire, je dirais que la biologie théorique, et en particulier la modélisation, est une discipline en plein essor. Les champs d'applications sont extrêmement vastes - de l'agriculture à la pharmacie - et se retrouvent quotidiennement. Posséder une formation dans ce domaine offrira à l'avenir de nombreux débouchés. Je pense cependant qu'il est important dans la recherche de suivre d'abord ses envies, sans forcément suivre les effets de mode ou, inversement, éviter un créneau peu ouvert.

Thèse

Modélisation du mécanisme moléculaire des rythmes circadiens chez la drosophile (publiée le mai 2000)

Contacts

Jean-Christophe LELOUP

Faculté des Sciences

tel 02 650 5786, fax 02 650 5767,

Campus de la Plaine

ULB CP231, boulevard du Triomphe, 1050 Bruxelles