Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Thomas BERNS (Chargé de cours à titre définitif - 2010)

Parcours

A 18 ans, Thomas Berns s'inscrit en propédeutique en philosophie, à l'Université d'Amsterdam. " J'avais envie de quitter Bruxelles. Mes origines sont en partie hollandaises et la ville d'Amsterdam m'attirait. Je suis donc parti. Mais après une année d'étude réussie, j'ai constaté combien le rapport à la langue était fondamental en philosophie. Je suis donc rentré en Belgique poursuivre mon cursus à l'ULB ", se souvient Thomas Berns.

Sa licence de philosophie terminée, le jeune diplômé décroche un financement auprès de la Communauté française pour entamer une recherche autour de Machiavel. " Lorsque j'ai entamé mes études, je n'avais pas de plan " carrière ". De même, quand j'ai commencé ma recherche, je ne pensais d'abord ne m'y consacrer que pendant une année, puis, petit à petit, je me suis pris au jeu et le projet de recherche ponctuelle s'est transformé en une thèse de doctorat ", précise-t-il.

Thomas Berns plonge donc dans les écrits de Machiavel et de Montaigne sous la direction du Professeur Guy Haarscher, s'immerge dans la philosophie politique de la Renaissance, enchaîne les voyages en Italie et multiplie les " petits boulots " pour financer ces années de thèse. " J'ai accumulé les subsides pour financer ma thèse de doctorat ; j'ai publié au fur et à mesure des articles là où souvent, on attend d'avoir terminé sa thèse pour publier. Ces six années étaient précaires mais aussi précieuses parce que j'avais une grande liberté de recherche. Je tiens fort à ce que la possibilité du doctorat reste ouverte pour des personnes qui ne décrochent pas de mandat au sortir de leurs études, et qui souhaitent mener leurs recherches à leur rythme ".

Docteur en philosophie, Thomas Berns entame à l'ULB, avec le soutien du FNRS, un post-doctorat. Il bénéficiera durant environ 8 ans de différents contrats post-doc, menant ses recherches essentiellement dans le cadre du Centre Perelman de philosophie du droit, mais aussi au Pôle Bernheim Paix et Citoyenneté, et, durant plus d'une année, au Centre d'Etudes supérieures de la Renaissance (CESR) à l'Université de Tours.

Nommé chargé de cours à titre définitif à l'ULB en 2010, il poursuit en Faculté de philosophie et lettres ses recherches sur la philosophie de la Renaissance. " L'histoire de la pensée occidentale est traditionnellement divisée en quatre périodes qui organisent les enseignements et la recherche : l'Antiquité, l'époque médiévale, la modernité et l'époque contemporaine. Dans cette division, les 15e-16e siècles sont considérés comme une époque qui a encore un peu de mal à se structurer, dépourvue de ces grandes figures qui permettent d'organiser facilement (et téléologiquement) les époques, bref qui ne se comprend que comme une simple charnière. Cela n'existe pas des pensées qui ne seraient que des charnières ! La Renaissance est une période fondamentale durant laquelle on peut voir la pensée se " tester ", s'éprouver, échouer parfois. Sur cette base, je peux lire différemment des auteurs classiques des périodes suivantes : par exemple Spinoza, sur la base de Machiavel ou de Giordano Bruno, Kant, sur la base des projets de cosmopolitisme propres au retour du stoïcisme à la fin de la Renaissance ", insiste Thomas Berns.

Le chercheur mène également des recherches en philosophie politique et juridique contemporaine. Plus précisément, il analyse la nature des nouvelles formes de normativité, s'interrogeant sur le fonctionnement des différents types de normes, sur leurs conflits éventuels - par exemple norme juridique versus norme statistique -. En particulier, il s'agit sur cette base de questionner le fait que la philosophie semble par définition questionner les normes à l'aune de la loi, ou de la règle, alors que la plupart du temps, nous sommes travaillés, agis, par des normes d'un genre différent.

Enfin, dernier axe d'étude, la question du conflit et de la paix. " Des penseurs tels que Machiavel, Foucault, Nietzsche, Spinoza ont réussi à penser la lutte, la disparité, en tentant de maintenir ce qui justement signifie qu'il y a conflit, sans tomber dans le travers habituel de la philosophie qui n'appréhende un conflit qu'à la lueur de son dépassement. En tant que philosophe, ce qui m'intéresse, c'est de montrer des tensions, les rendre actives, non pas d'apporter des solutions ", précise Thomas Berns.

Ceci a de fortes retombées sur la pratique de l'enseignement, comme Thomas Berns le précise : " Donner cours est agréable mais aussi complexe. C'est en effet le meilleur exercice pour évaluer la pertinence d'une pensée parce que, si le paradoxe est difficile à écrire, il est encore plus difficile à dire : comment maintenir à la fois, à un même niveau, dans une même temporalité, deux propositions qui apparaissent comme rivales et pourtant nécessaires ; comment dire cela sans déjà résoudre ce qui fait qu'il y a contrariété, en permettant au contraire aux étudiants d'en profiter pleinement ".

S'il avoue passer énormément de temps à l'Université, Thomas Berns s'en échappe néanmoins de temps en temps pour partir avec ses filles et son épouse se mettre au vert, passer quelques jours en Italie - avec une préférence pour Rome -, visiter des expositions, suivre l'actualité politique et artistique, et, qui sait, un jour peut-être, peindre " Dessiner est sans doute une des plus belles choses. Je serais heureux qu'on enseigne à l'Université cet art et d'une manière générale les arts visuels ".

Contacts

Thomas BERNS

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 4717,

Campus du Solbosch

ULB CP133/02, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles