Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Didier DEBAISE (Chercheur qualifié FNRS - 2010)

Parcours

Lors de ses études secondaires, Didier Debaise rencontre un professeur qui lui donne le goût de la philosophie. Un goût qu'il partage avec son frère aîné, qui étudiera lui aussi la philosophie. Ses premiers intérêts vont alors pour la philosophie politique : " j'ai commencé à m'intéresser aux grandes figures de la philosophie du 20e siècle en lisant tout simplement le journal : j'étais fasciné par la manière dont les intellectuels intervenaient dans l'espace public en en redéfinissant les problèmes ", se souvient-il. " C'est la philosophie politique qui est à l'origine de mon parcours universitaire mais très vite vont s'y ajouter, sans s'y opposer, d'autres dimensions de la philosophie, telles que la métaphysique contemporaine et la philosophie des sciences, qui vont de plus en plus occuper mes études et ensuite mes recherches ".

Licencié en philosophie de l'ULB, Didier Debaise séjourne deux ans à l'Université de Cambridge où il entame une thèse de doctorat. De retour à Bruxelles, il poursuit ses recherches doctorales à la Faculté de philosophie et lettres et y défend, en 2003, une thèse sur la philosophie américaine, et plus principalement sur A. N. Whitehead, figure fondamentale pour comprendre notamment les développements du pragmatisme, de la logique, et des formes contemporaines de la métaphysique. Il travaille ensuite à la publication de sa thèse qui paraîtra en France aux éditions Vrin sous le titre " Un empirisme spéculatif. Lecture de Procès et réalité de Whitehead ".

A l'issue de son travail de doctorat, il poursuit ses recherches dans le Groupe d'études constructivistes (GECo) dont il est un des co-fondateurs avec Isabelle Stengers et deux autres chercheurs. Le groupe, profondément interdisciplinaire puisqu'il rassemble des philosophes, sociologues, anthropologues et juristes, travaille sur les modes de productions de savoirs dans leurs dimensions spéculatives et politiques. C'est là qu'il fait la découverte du travail d'un biologiste français, Pierre Sonigo, directeur du Département d'immunologie de l'Institut Cochin en France et qui venait alors de publier un petit livre pamphlet intitulé " Ni Dieu ni gène ". Déjà reconnu pour ses travaux sur le séquençage du virus du sida, il cherchait alors à substituer aux catégories fondamentales de la biologie contemporaine des catégories d'un autre genre, provenant notamment de l'éthologie et d'une reprise particulière des théories darwinistes. Didier Debaise décide d'aller rencontrer le biologiste et, suite à leurs discussions, soumet un projet de recherche au Max Planck Institute de Berlin impliquant un travail de collaboration avec Pierre Sonigo. Il y restera 5 ans. Ses recherches porteront sur les formes contemporaines du darwinisme dans les sciences du vivant, les constructions spéculatives en philosophie qui ont traversé le 20e siècle (notamment le pragmatisme et les philosophies de l'individuation) et qui ont tenté d'intégrer les théories évolutionnistes dans le cadre d'une philosophie générale de l'expérience.

Après 2 années passées en Angleterre, 5 autres en Allemagne, Didier Debaise aspire à revenir en Belgique, à rejoindre ses collègues du département de philosophie avec lesquels il avait continué à construire des projets et à entretenir des collaborations importantes. Il postule au FNRS et y décroche un poste de chercheur qualifié. En septembre 2010, Didier Debaise est donc rentré à Bruxelles pour intégrer la Faculté de philosophie et lettres de l'ULB. Sa recherche actuelle s'inscrit dans la continuité de ce qu'il avait amorcé lors de sa thèse de doctorat en étudiant Whitehead et qu'il a poursuivi au Max Planck Institute en s'intéressant au vivant. Il explique : " Je suis parti d'un constat, énoncé notamment par Whitehead : 'le concept d'expérience est un des plus décevants de l'histoire de la philosophie', toujours réduit à l'expérience perceptive et aux seuls sujets humains, comme si la nature n'était pas animée d'une multiplicité de manières de faire des expériences, comme si tout vivant, humain et non-humain, n'était pas porteur de formes d'expériences singulières. Si je m'intéresse aux théories évolutionnistes (principalement à Darwin), aux philosophies de la nature, à des projets de cosmologie tel que celui développé par Whitehead, c'est en vue d'élargir le concept d'expérience à toutes les formes d'interaction d'un vivant à son milieu ".

Contacts

Didier DEBAISE

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 3458,
http://ulb.academia.edu/DidierDebaise

Campus du Solbosch

ULB CP133/02, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles