Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Pierre DUEZ (Premier assistant - 2004)

Parcours

J'ai décroché mon diplôme de pharmacien après avoir étudié à Mons et à l'ULB, avant de travailler durant trois années sur des contrats de coopération au développement au Burkina Faso, en relation avec la problématique des phytomédicaments. J'étais actif sur ces projets à Bruxelles et me rendais régulièrement en mission en Afrique. Ce contrat a ensuite été renouvelé pour une période de cinq ans. Rattaché à l'Institut de pharmacie, j'?uvrais sous le statut de chercheur sur fonds parallèles pour le Laboratoire de chimie bioanalytique, de toxicologie et de chimie physique appliquée. En tant qu'étudiant, j'avais été en relation avec ce laboratoire, et j'ai intégré l'équipe car, à la fin de mon cursus, ils cherchaient un collaborateur. Contractuellement, les projets de coopération qui m'occupaient ne me permettaient malheureusement pas de valoriser les résultats sous forme de thèse. Après un passage dans une PME et puis dans l'industrie pharmaceutique, je suis revenu, à mi-temps, à l'Institut de pharmacie, dans le service de biochimie médicale. Trois ans plus tard, je suis passé à temps plein, en cumulant deux mi-temps : le premier en biochimie médicale, et le second en chimie bioanalytique. Quatorze ans après mon diplôme, j'ai enfin pu débuter ma thèse qui devait porter sur les dommages oxydatifs à l'ADN.

On m'avait demandé de développer un sujet en relation avec les thèmes de recherche du service : la culture cellulaire, les dommages photo-oxydatifs... Comme j'opérais en biochimie médicale en même temps, ce sujet me convenait bien. Les cancers de la peau sont principalement dus aux UVB. Mais une partie de la cancérogenèse est due aux UVA et ce, via un mécanisme qui n'est pas encore établi. On suppose que cette pathologie procède par des dégâts photo-oxydatifs qui mènent à une attaque de l'ADN se traduisant par une mutagenèse. Pour valider cette hypothèse, nous avons implémenté deux techniques de mesures des dégâts oxydatifs à l'ADN. D'une part, en réalisant une hydrolyse enzymatique de l'ADN et en analysant les bases nucléiques oxydées par une méthode chromatographique. D'autre part, en mesurant par une technique de micro-électrophorèse la fragmentation de l'ADN qui intervient soit suite à des attaques oxydatives, soit suite à des mécanismes de réparation. Grâce à ces outils, nous avons postulé et démontré que des composés intracellulaires, les porphyrines endogènes, pouvaient être un intermédiaire dont la photo-activation entraîne des dégâts oxydatifs au niveau de l'ADN cellulaire.

Actuellement, on ne connaît pas bien les mécanismes fins de régulation de la synthèse de l'hème, donc des porphyrines ; et il est possible qu'une personne dont les cellules de la peau soient en train de fabriquer des porphyrines subisse un événement mutagène en s'exposant au soleil juste à ce moment. Nous souhaiterions continuer les recherches dans ce domaine et aborder d'autres pistes qui concernent l'utilisation de photo-sensibilisants pour la thérapie photodynamique du cancer. Comme j'ai repris depuis 2 ans les cours et le Laboratoire de harmacognosie et bromatologie, ce sont mes collègues qui continueront ces travaux. Je reviens donc à mes débuts, aux plantes médicinales, en tant que chargé de cours. Nous démarrons un thème de recherche sur les produits naturels et la réparation des dégâts à l'ADN, en tentant de lier ces deux domaines avec mes précédents travaux.

Pour le moment, les gens s'exposent à des quantités d'UVA sans commune mesure avec le passé à cause des centres de bronzage artificiel, et, jusqu'il y a peu, à cause des crèmes solaires qui filtraient les UVB mais laissaient passer les UVA. On pense actuellement que ces doses massives d'UVA pourraient être en rapport avec le mélanome malin ; de fait, ce cancer de la peau, le plus dangereux, n'est pas corrélé avec les doses d'UVB. Il y a là un problème de santé publique qui mérite une attention certaine.

Thèse

Détection et quantification de dégâts oxydatifs à l'ADN cellulaire. Rôle photosensibilisant des porphyrines endogènes (publiée le 22 novembre 2001)

Contacts

Pierre DUEZ

Faculté de Pharmacie

tel 02 650 5172(5281), fax 02 650 5430,

Campus de la Plaine

ULB CP205/09, boulevard du Triomphe, 1050 Bruxelles