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Mercredi l 03-10-2018
L'espace public hostile aux femmes

En 2012, le documentaire controversé "Femmes de la rue" de Sophie Pieters choquait l'opinion sur la situation des femmes dans l'espace public. De nombreuses études ont montré qu'hommes et femmes n'expérimentent pas l'espace public de la même façon et qu'il s'agit d'un espace essentiellement masculin, dans lequel les femmes ne font souvent que passer. De cette situation résulte notamment une perception différente de la dangerosité de l'espace public. Mais la question genre dans l'espace public ne peut être appréhendée uniquement en termes de sécurité.

L'ouvrage "Partager la ville, Genre et espace public en Belgique francophone", codirigé par Muriel Sacco et David Paternotte (Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre - STRIGES, Maison des Sciences Humaines), analyse les pratiques et représentations des femmes de l'espace public francophone belge à travers diverses contributions et différents angles et approches. Il regroupe ainsi les contributions d'étudiantes intéressées par le projet, de chercheuses et d'actrices de terrain. Le livre constitue une première dans le paysage francophone belge et reprend plusieurs thèmes importants : la sécurité, la mobilité, le travail et la représentation qu'ont les femmes de l'espace public. "Plus qu'un état des lieux, cet ouvrage vise à nourrir et renforcer les réflexions et les débats, à l'heure où les différences entre garçons et filles se réaffirment parfois avec force, notamment dans les enceintes scolaires", affirme la chercheuse.

Ce livre fait suite à deux journées d'étude, organisées en 2015 et 2016 dans le cadre d'une initiative pédagogique originale visant à initier des étudiants à l'enjeu du genre dans l'espace public. "Dans un premier temps, nous voulions sensibiliser les étudiants aux comportements différents des femmes dans l'espace public, ensuite nous avons organisé des rencontres entre les étudiantes intéressées et les scientifiques et de professionnelles travaillant sur le sujet", précise Muriel Sacco.

Lundi l 01-10-2018
Des doctorant(e)s en mauvaise santé mentale.

Le parcours doctoral est semé d'embûches et nombreux sont ceux qui arrêtent en cours de route (entre 40 et 50% d'abandon dans les universités en Belgique). Une enquête menée par Robin Wollast sous la direction d'Olivier Klein et Assaad Azzi à l'ULB (Center for Social and Cultural Psychology) et de chercheurs de l'UCL, souligne plusieurs facteurs clés poussant à l'abandon du doctorat.

Cette étude quantitative a été menée conjointement auprès de 1509 doctorants et doctorantes de l'ULB et de l'UCL entre 2005 à 2014. De manière générale, les résultats de cette recherche mettent en évidence cinq facteurs associés à la persévérance doctorale : le statut marital, l'âge, le domaine de recherche, le financement et le grade obtenu au master. Plus spécifiquement, le fait d'être âgé, célibataire, en sciences humaines et sociales, sans financement ou ayant obtenu une distinction au grade de master, constituent des facteurs à risque associés à une probabilité plus élevée d'abandonner son doctorat.

Dans un second temps, une deuxième étude a été menée par cette même équipe de chercheurs auprès de plus de 3000 doctorants et doctorantes issus des universités francophones de Belgique. Cette enquête s'est intéressée à l'influence de l'environnement social (soutien du promoteur, des collègues, des proches) sur le bien-être émotionnel et l'intention de persévérer chez les doctorants et doctorantes. Les conclusions principales de cette étude démontrent que les femmes réalisant une thèse sont plus nombreuses à ressentir du stress, de l'anxiété, du découragement, de la démoralisation et de l'épuisement que les hommes.

Cependant, au-delà des différences de genre, les scores de santé mentale sont préoccupants chez tous les doctorants. En effet, entre 50 et 60% des doctorants affirment être très souvent anxieux ou stressés et 20% de ces derniers affirment être épuisés.

Lundi l 17-09-2018
Séminaire: 69, années érotiques

L'année 1968 est souvent considérée comme un moment charnière dans la régulation du genre et de la sexualité. Pourtant, comme l'indiquent la fondation du MLF ou les émeutes de Stonewall, beaucoup de choses se sont en réalité produites au cours des années suivantes et d'aucuns dénoncent le poids d'une mythologie parfois tenace.

Ce cycle de séminaires, baptisé de manière ironique "69, années érotiques", explorera quelques uns de ces bouleversements et interrogera tant leur héritage que leur mémoire. Tout en évoquant ce qui s'est passé dans le monde au cours de ces années, il portera une attention particulière à la Belgique et inclura de nombreux témoins de l'époque. Il s'accompagne de la publication de l'ouvrage Mai 68 raconté par les objets, qui interroge les évènements du temps en Belgique.

> Informations pratiques:

Chaque séminaire se déroulera de 17h à 19h dans la salle Janne de l'Institut de Sociologie (44 avenue Jeanne, 1050 Bruxelles, 15ème étage)

> Programme:

  • 13 novembre: "Mouvements lesbiens"
    Ilana ELOIT (London School of Economics and Political Science)
    Irène KAUFER
  • 12 décembre: "Libération des femmes"
    Christine BARD (Université d'Angers, prof invitée MSH)
    Nadine PLATEAU

Informations complémentaires sur le site de la Maison des Sciences Humaines

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