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Samedi l 30-12-2017
La répression des universitaires en Turquie

En janvier 2016, 1128 Universitaires pour la Paix avaient pris l'initiative de signer une pétition en faveur d'une solution pacifique dans le Sud Est de la Turquie. Depuis lors, ces collègues signataires font l'objet de répressions qui ne cessent de s'intensifier.

Cela commença par l'emprisonnement d'un mois et les poursuites judiciaires à l'encontre de quatre d'entre eux : Meral Camcı, Kıvanç Ersoy, Esra Mungan, Muzaffer Kaya, dont les procès commencèrent mars 2016. Une nouvelle audience de ce procès sans fin a eu lieu ce 26 décembre.
Parallèlement à cela, la répression consista dans le limogeage de l'université pour une partie toujours plus importante des signataires : ces limogeages prirent « naturellement » place dans le cadre de l'état d'urgence instauré à la suite de la tentative de coup d'Etat de juillet 2016, avec les purges massives dans toutes les branches de la fonction publique qu'il rendit possible.
Ces limogeages qui frappent massivement la fonction publique se poursuivent, mais depuis le 5 décembre, c'est une nouvelle phase de la répression qui est mise en branle parallèlement, avec le retour des moyens judicaires : chaque signataire est désormais jugé pour « propagande terroriste », et ce de manière individuelle.
En individualisant les poursuites, le but est de casser la forte solidarité qui règne entre les signataires, aussi bien que de compliquer la solidarité du dehors.

Thomas Berns, professeur, membre du CA et porteur d'un message de solidarité de l'Université libre de Bruxelles, a assisté à plusieurs audiences.

Dans son compte rendu, il y évoque notamment ses inquiétudes face au retour des cours spécialisées créées depuis l'état d'urgence qui font planer la menace sur la liberté d'expression, mais également son envie de « rappeler avec force que la recherche et l'enseignement universitaire réclament plus que toute autre activité, une totale liberté, une absence de craintes et une confiance mutuelle, pour être inventive, critique, collective et soucieuse de la seule vérité ». Enfin, malgré la crainte qui ne manque pas de s'infiltrer, malgré l'épuisement, il rapporte que le sentiment qui ressort des témoignages de signataires est avant tout celui d'une solidarité admirable et d'un espoir qu'aucune stratégie répressive ne parvient à vaincre

Et il nous rappelle la nécessité urgente que cette solidarité soit également poursuivie en dehors, par les autorités européennes et par nos universités « que ce soit en assurant une présence internationale lors des procès, en faisant ainsi savoir aux universités turques partenaires qu'elles doivent protéger leur personnel en danger, en ouvrant des chaires d'accueil pour les collègues turcs en danger pouvant encore quitter la Turquie ou en inventant des nouvelles formes de coopération avec les chercheurs limogés ou poursuivis qui ne peuvent quitter le territoire ».

Découvrez le compte rendu complet.

proces_istanbul_decembre_2017_Thomas_Berns.pdf

Jeudi l 14-12-2017
Jeudi 14 décembre : Manifestation en soutien au Dr. Djalali

En février et novembre, l'ULB, parmis d'autres, appelait déjà sa communauté à soutenir le Docteur Ahmadreza Djalali, maître de conférences iranien, chercheur en médecine de catastrophe et chargé d'enseignement à la VUB.
En effet, Amnesty International a identifié le Dr. Ahmadreza Djalali comme un prisonnier d'opinion, arrêté en 2016 en Iran pour motif « d'espionnage » et condamné à mort pour « corruption sur terre » à l'issue d'un procès inique basé sur des aveux obtenus sous la torture.

Malgré une forte mobilisation internationale et les dizaines de milliers de personnes ayant signé la pétition pour sa libération, l'information circule qu'il pourrait être exécuté très prochainement.

Nous vous appelons à soutenir la demande de libération immédiate du Docteur Djalali et à montrer votre soutien en nous rejoignant à la manifestation organisée ce jeudi 14 décembre de 18h à 19h devant l'ambassade d'Iran (Avenue Franklin Roosevelt 15, 1050 Ixelles).

En vous remerciant d'avance pour votre engagement.

Consultez également le communiqué de l'ARES, dont l'ULB fait partie, sur le sujet.

Lundi l 04-12-2017
Répression des universitaires pour la paix en Turquie: l'ULB réaffirme son soutien à tous nos collègues poursuivis

En janvier 2016, 1128 Universitaires pour la Paix ont pris l'initiative de lancer une pétition en faveur d'une solution pacifique dans le Sud Est de la Turquie.

Depuis lors, ces collègues signataires font l'objet de répressions, et ce de manière d'autant plus implacable depuis l'instauration de l'état d'urgence à la suite de la tentative de coup d'Etat de juillet 2016: exclusion définitive de leur université pour la quasi-totalité des signataires, emprisonnement d'un mois et poursuite judiciaire à l'encontre de quatre d'entre eux: Meral Camci, Kivanç Ersoy, Esra Mungan, Muzaffer Kaya, qui sont en procès depuis mars 2016.

Depuis le début de cette répression, l'ULB a tenu à apporter son soutien aux collègues turcs, que ce soit en ouvrant des chaires d'accueil pour chercheurs turcs en danger (l'ULB accueille actuellement 5 chercheurs signataires) ou en envoyant de manière régulière des représentants du corps académique à Istanbul pour assister aux différentes audiences du procès à l'encontre des quatre académiques - et ceci sera encore le cas pour la prochaine audience, le 26 décembre 2017. Voir: www.ulb.be/solidaire/turquie.html

La justice turque franchit cet hiver une nouvelle étape dans la répression des signataires: en effet, à partir du 5 décembre 2017 s'ouvre une longue série de procès à l'encontre de chacun d'entre eux, poursuivi individuellement pour propagande terroriste: cette manière d'individualiser les poursuites isole d'autant plus les collègues poursuivis et complique les possibilités dont nous disposons de leur apporter notre soutien et de produire ainsi un juste mouvement de solidarité autour d'eux.

L'ULB n'en suivra pas moins attentivement ces procès, réclamant encore une fois que la justice turque agisse en toute indépendance face à ce qui n'est que l'exercice le plus légitime de la liberté d'expression.

L'ULB réfléchit à toute forme de solidarité alternative (insertion de collègues interdits de sortir de Turquie dans des projets internationaux, Campus hors les murs, etc.) et incite toutes les Universités belges et européennes à multiplier les chaires d'accueil à l'égard des collègues radiés des universités turques, et de leurs doctorants qui se retrouvent sans promoteur.

Elle réaffirme avec force son attachement indéfectible à la liberté d'expression et aux libertés académiques partout dans le monde et appelle à rejoindre le rassemblement devant l'ambassade de Turquie qui aura lieu le 4 décembre à 17h.

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