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Thomas Doneux, Premier Assistant

" Je dois beaucoup à l'ensemble de mes professeurs ", annonce Thomas Doneux. Durant ses études secondaires à l'Athénée Royal de Woluwe-Saint-Lambert, il rencontre notamment des professeurs qui, par leur enthousiasme et leur sens de la pédagogie, éveillent en lui un intérêt dévorant pour la chimie. Il ne s'en détournera jamais. Aux portes de l'université, il se tourne d'emblée vers la Faculté des Sciences de l'ULB où il obtient une licence en chimie en 2000.

Thomas Doneux entame ensuite, sous un mandat d'assistant, un doctorat au sein du Service de Chimie analytique et chimie des interfaces (CHANI). Supervisés par le professeur Claudine Buess-Herman, ses travaux de recherche portaient sur l'adsorption de molécules organiques et de biomolécules sur des électrodes monocristallines : " L'originalité de ma thèse est d'avoir réuni des techniques d'électrochimie permettant d'obtenir une information globale avec la spectroscopie infrarouge. Une méthode offrant, quant à elle, des informations sur la molécule même. Elle permet d'identifier la signature, l'empreinte digitale de la molécule ". Le chercheur innove en proposant d'appliquer ces deux techniques aux monocouches auto-assemblées. Une brillante idée qui lui vaut, en 2006, un prix de l'Académie royale de Belgique.

A l'issue de son travail de doctorat, Thomas Doneux souhaite s'ouvrir à d'autres savoirs scientifiques, notamment en intégrant des laboratoires étrangers. Une bourse Marie Curie lui permet de rejoindre l'Université de Liverpool en Angleterre. Durant deux ans, il y étudie, à l'aide d'un microscope à effet tunnel, la conductance de peptides à l'échelle de molécules isolées. C'est le professeur Richard Nichols, pionnier en la matière, qui encadre ses travaux. Dans le cadre d'un second post-doctorat, il s'envole ensuite pour l'Académie des Sciences de la République Tchèque. Une destination qui prend tout son sens lorsque l'on apprend que ce pays est considéré comme le berceau de l'électrochimie moderne. Il travaille alors en collaboration avec le professeur Pale?ek, célèbre nom de la bioélectrochimie, sur une nouvelle recherche consacrée à l'électroactivité des peptides et des protéines. En 2009, le FNRS lui octroie un mandat de Chargé de recherches d'une durée de trois ans. Il reçoit, en outre, une bourse de la fondation Wiener-Anspach lui permettant d'intégrer le Département de chimie-physique de l'Université d'Oxford. Lors de ce troisième séjour post-doctoral, il renoue avec des aspects très fondamentaux de l'électrochimie, portant sur l'utilisation de nanoélectrodes.

En 2010, il rentre au Service de chimie analytique et chimie des interfaces de l'ULB. Depuis, il se consacre principalement à l'étude des biosenseurs électrochimiques, un projet réunissant ses deux grands centres d'intérêts : l'électrochimie et les peptides. " Je cherche à modifier chimiquement des surfaces d'électrodes de manière à ce qu'elles puissent détecter une protéine d'intérêt, c'est-à-dire une protéine bien spécifique. Afin d'y parvenir, il me faut modifier ces surfaces avec un élément de reconnaissance fondé sur une séquence spécifique d'aptamères peptidiques ".

L'année 2012 marque sa nomination en tant que Premier Assistant. Ce nouveau statut devrait lui permettre d'intensifier ses activités d'enseignement, ce qui n'est pas pour lui déplaire : " C'est peut-être du temps en moins pour la recherche mais je suis heureux de pouvoir enseigner. C'est une activité extrêmement gratifiante qui m'a toujours beaucoup attirée ".

Par ailleurs, Thomas Doneux mène de nombreuses activités en dehors de l'université. Effectivement, les laboratoires et les salles de classe ne sont pas ses deux seuls terrains de jeu : il entame cette année sa 24e saison de basket-ball amateur. C'est également un grand amateur de voile et de littérature.