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Nathalie VERBRUGGEN, directrice du Laboratoire de Physiologie et de Génétique moléculaire des Plantes

Si l'on questionne Nathalie Verbruggen, directrice du Laboratoire de Physiologie et de Génétique moléculaire des Plantes et professeur en Faculté des Sciences à l'ULB, sur la réussite de son parcours, elle répond, passionnée et pleine d'enthousiasme : « c'est que j'ai eu entre autres la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment ! »

Dans les années 80, elle intègre le Laboratoire de Marc Van Montagu, de l'Université de Gand. La rencontre avec ce professeur, célèbre pour ses travaux en génétique ayant abouti en 1983 à la création de la première plante transgénique au monde, est déterminante pour Nathalie Verbruggen. Plus tard, en 1992, elle défend sa thèse de doctorat sur le stress salin chez les plantes, tout en continuant ses travaux avec Marc Van Montagu, et devient ensuite chargée de recherches au FNRS sous la responsabilité du professeur Robert Lannoye de l'ULB.

Quelques années plus tard, elle y décroche un poste de professeur en physiologie végétale et inaugure en 2001 un Laboratoire de Physiologie et de Génétique moléculaire des Plantes. Elle y développe une nouvelle thématique de recherche sur la réponse des plantes aux stress métalliques, la capacité des plantes à accumuler ou au contraire à exclure les éléments métalliques traces (comme le cadmium). Aujourd'hui, elle enseigne la physiologie, en particulier la physiologie du stress, l'ingénierie génétique des plantes et, à partir de cette année, l'initiation à l'agronomie.

De multiples casquettes

Au-delà de ses activités d'enseignante et de chercheuse, Nathalie Verbruggen se veut également quelqu'un d'engagé. A l'instar d'autres professeurs de l'ULB, elle choisit de s'impliquer dans les pays en voie de développement, en participant chaque année à la formation de nouveaux universitaires à Lubumbashi, en République Démocratique du Congo. Régulièrement sollicitée pour son expertise dans les débats sur les OGM, elle tente par ailleurs de faire comprendre l'importance de la transgénèse en tant qu'outil de recherche et d'amélioration génétique, tout en mettant en exergue le fait que la transformation génétique doit être intégrée dans une politique globale pour pouvoir répondre aux grands défis de l'agriculture actuelle.

Recherche, débat citoyen, vulgarisation scientifique, coopération au développement,… sont autant de casquettes qu'assume Nathalie Verbruggen. « J'aime mon métier car tous les jours sont différents. Aucune année ne ressemble à une autre. Cela implique une grande polyvalence : je porte différentes casquettes, ce qui fait que je ne m'ennuie jamais ! Celle de l'enseignement en est une parmi d'autres », fait-elle remarquer. « J'aime beaucoup cette activité parce qu'elle permet une remise en question permanente. Non seulement les cours doivent être mis à jour chaque année mais les étudiants, de par leurs questions et leur culture propre, nous posent sans cesse des défis ». Pour elle, pouvoir se remettre en question demeure aussi la base du métier de chercheur. « Aller toujours plus loin : il ne faut jamais se satisfaire d'un seul résultat », indique-t-elle. « J'essaye que mes étudiants développent cette attitude tout au long de leur parcours. Les collaborations nationales et internationales sont également un autre aspect très agréable du métier de chercheur. Sur le plan personnel, cela aide à progresser sans cesse ».

Le côté fascinant des Sciences

En raison de la qualité de ses publications scientifiques et de ses travaux de recherche, Nathalie Verbruggen a été, cette année, élue membre de la Classe des Sciences, au sein de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique.  « La manière dont les sciences ont imprégné notre société, notre histoire et notre quotidien me fascine », déclare-t-elle. « Il faut communiquer sur le fait que les sciences font partie de la vie de tous les jours pour en prendre pleinement conscience ».  Pour elle, « tout peut être expliqué par les sciences de manière simple et avec un côté merveilleux. Chaque année, le Printemps des Sciences m'émerveille : on y apprend beaucoup de choses du fait que des spécialistes ont aidé des étudiants à vulgariser des phénomènes parfois fort complexes. C'est vraiment extraordinaire ! Il faut promouvoir cela pour offrir aux sciences une autre image, plus vivante. Les personnes se sentant attirées par les sciences doivent faire le pas vers ces études ».

Lorsque l'on aborde la question de la pénurie de femmes dans les filières scientifiques, une problématique qui la touche particulièrement, Nathalie Verbruggen souligne la difficulté pour celles-ci de concilier vie privée et vie professionnelle. « C'est très important de dire aux femmes, dès le début de leurs études, de ne pas faire systématiquement le sacrifice de leur carrière au profit de leur vie privée ». Et de conclure, au regard de son parcours, que « l'épanouissement personnel passe aussi par le domaine professionnel ».

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