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Mardi l 12-02-2019
Une Europe de moins en moins sociale ?

Qu'est-ce que l'Europe sociale ? Un ouvrage dresse le bilan de trois décennies de recherche sur le sujet et s'attaque aux controverses actuelles. Dans ce livre, Amandine Crespy (CEVIPOL, Faculté de Philosophie et Sciences sociales, Institut d'études européennes) propose à la fois une analyse et une critique de la façon dont l'Union européenne agit dans les domaines du droit du travail, de l'emploi, de la santé, de la lutte contre la pauvreté, des discriminations.

En replaçant les évolutions de l'Europe sociale dans leur contexte historique et politique, la chercheuse aborde les problématiques de l'Europe d'aujourd'hui, à l'heure où les droits sociaux des citoyens européens ne progressent plus, voire sont remis en cause. Par exemple, si les citoyens européens avaient progressivement acquis l'accès aux allocations chômage ou familiales, cela n'est plus automatiquement le cas aujourd'hui.

Le dimanche 17 février, elle discutera de ce sujet à la foire du livre de Bruxelles. Un débat qui sera retransmis dès 17h sur les ondes de "La première".

Mercredi l 06-02-2019
Solution "austérité"

La Grèce, l'Italie, l'Espagne, les victimes européennes de la crise économique de 2008 sont nombreuses. Dans ce contexte de nombreux pays ont adopté des plans d'austérité budgétaire drastiques sous la pression des marchés financiers et de la « Troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). C'est ainsi que les pays d'Europe du Sud ont vu leurs gouvernements, quelle que soit leur idéologie, mener des réformes économiques similaires et développer des discours comparables pour les justifier.

Dans son ouvrage : « Quand on a que l'austérité », Arthur Borriello (Centre d'étude de la vie politique- CEVIPOL, Faculté de Philosophie et Sciences sociales) s'intéresse aux raisons et aux causes de ce phénomène observé durant la crise : peut-on identifier la présence d'un discours d'austérité aux caractéristiques communes, indépendamment des frontières nationales et partisanes ? À quoi peut-on l'attribuer ? Pour répondre à cette question, le chercheur privilégie l'analyse du discours et s'intéresse à deux cas d'étude en particulier, l'Italie et l'Espagne. Ce sont ici les interventions des trois chefs de gouvernement - José Luis Zapatero, Mariano Rajoy et Mario Monti – qui sont minutieusement analysées, et ce durant la crise de la zone euro entre 2010 et 2013.

Mardi l 05-02-2019
Les minorités religieuses et l'éducation dans le monde

En utilisant les données d'une enquête internationale sur les valeurs et les croyances dans le monde, Pierre-Guillaume Méon et Ilan Tojerow (Solvay Brussels School of Economics and Management) ont étudié, pays par pays, le niveau d'éducation des fidèles de sept grandes confessions (Catholicisme, Protestantisme, Orthodoxie, Bouddhisme, Islam, Judaïsme, et Hindouisme). Ils ont observé que chacune d'entre elles avait un lien positif avec le niveau d'éducation de ses fidèles dans certains pays, négatif dans d'autres, et statistiquement non significatif ailleurs.

Ce résultat inédit suggère qu'aucune confession n'aurait d'effet universel. Il contredit donc l'idée que les fidèles de certaines confessions bénéficient systématiquement du fait que l'éducation soit pour eux une obligation religieuse (par exemple dans le protestantisme ou le judaïsme). En se tournant vers le comportement des minorités religieuses, les deux chercheurs ont toutefois découvert une régularité : les membres d'une confession minoritaire dans un pays acquièrent davantage d'éducation, quelle que soit leur confession.

Plusieurs pistes peuvent être envisagées pour expliquer le rôle des minorités : compensent-elles les discriminations en investissant dans l'éducation ? Bénéficient-elles de stéréotypes positifs ? Offrent-elles à leurs membres un réseau social plus dense et cohésif ? Ces hypothèses feront l'objet de nouveaux travaux.

Lundi l 28-01-2019
Automobile : je t'aime moi non plus

Depuis les années 70, l'automobile s'est progressivement imposée comme le mode de transport principal dans les pays développés. Dès lors, elle est devenue un objet de fantasmes pour l'ensemble de la population, mais aussi de divisions.

Le récent mouvement des gilets jaunes rappelle ainsi que les fractures autour de la voiture et de son utilité sont toujours bien présentes. Pierre Lannoy (Sciences sociales et Sciences du travail, Faculté de Philosophie et Sciences sociales) et Yoann Demoli (Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) viennent de publier une synthèse sociologique d'un siècle d'histoire de l'automobile et des divisions sociales qui la traversent, dans le livre « Sociologie de l'automobile ».

Outre les divergences liées aux modes de vie, l'ouvrage souligne que la voiture est aussi un terrain où s'expriment les différences entre femmes et hommes. Pour le chercheur, quand les statistiques disponibles montrent que les hommes achètent systématiquement des véhicules plus lourds que les femmes, il est clair que l'enjeu est d'exprimer son statut social et non ses goûts personnels.

Aujourd'hui, les recherches de Pierre Lannoy se concentrent sur la compréhension du paradoxe entre le désir apparemment généralisé de diminuer l'impact de la voiture et l'augmentation constante du parc automobile en Belgique et en Europe. Il étudie ainsi les mécanismes de dépendance à l'automobile. Un phénomène qui, selon lui, est et sera à l'origine de conflits sociaux entre ceux qui sont en mesure de se passer de l'automobile et ceux pour qui elle est indispensable vu leur situation socio-économique.

Lundi l 28-01-2019
La mangrove : une protection négligée

Aux Maldives, la survie de l'île paradisiaque de Kulhudhuffushi et de ses habitants dépend entièrement de la protection de petits patches de mangroves qui l'entourent. Ces petits îlots contribuent à fixer les mangroves venant d'ailleurs et permettent ainsi de préserver la biodiversité des écosystèmes marins si précieuse pour les pêcheurs de l'île.

Une récente étude, publiée dans la revue PNAS, explique l'apport de jeunes plantes flottantes apportées par les courants océaniques à ces îlots de mangroves. Cette étude se base sur les données récoltées dans le Mangrove Reference Database and Herbarium pendant 10 ans par Farid Dahdouh-Guebas, chercheur au Laboratoire Systems Ecology and Ressource Management de la Faculté des Sciences.

Les mangroves offrent de nombreux biens et services aux populations locales en termes de pêche et de produits forestiers. De plus, elles constituent une protection vitale des côtes face aux intempéries. Malgré cela, le gouvernement des Maldives a décidé d'y construire un aéroport mettant en péril les mangroves et l'environnement qu'elles protègent.

L'île de Kulhudhuffushi n'est malheureusement pas un cas isolé. Dans une lettre publiée dans la revue Science, le Mangrove Specialist Group de l'IUCN Species Survival Commission - dont Farid Dahdouh-Guebas est le membre belge - tire la sonnette d'alarme. Le groupe d'experts souligne que les systèmes de mangroves ne sont pas suffisamment protégés, alors qu'à l'échelle globale des millions de communautés humaines en dépendent. Les choix économiques paraissant toujours plus importants malgré les tsunamis et ouragans récents qui ont clairement démontré la protection côtière offerte par la mangrove.

 

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