Notion Qualité à l'ULB

L'ULB souhaite développer une "culture de la qualité". En conséquence, il faut à la fois coordonner et encourager, notamment par un soutien logistique, les initiatives en la matière, librement choisies (comme le service des bibliothèques et l’évaluation Libqual) ou contraintes, par l’Agence qualité par exemple. Mais, plus profondément, il s’agit de voir, suivant les entités (à ce stade ce sont les facultés qui ont été choisies) comment définir la Qualité en fonction des axes stratégiques de chaque entité et comment penser la Qualité de façon globale non pas en termes de gestion mais en termes de priorité d’une institution universitaire et de ses rôles et missions. Il faut en effet tenir compte que l’enseignement n’est pas porté naturellement vers une "culture" de l’évaluation et qu’un système d’apprentissage doit voir plus loin que la simple "satisfaction des clients", parce que l’apprentissage n’est pas nécessairement plaisant, ni facile (Philippe Meirieu 1995). Les expériences pilotes ont d’ailleurs été éclairantes en la matière car chacune a montré, de façon diverse, et à ce stade non encore abouti, qu’il fallait articuler :

  • un axe descriptif (interroger ses pratiques pédagogiques ou administratives par exemple )

  • un axe prospectif (quels horizons désirons-nous atteindre ? Par exemple de quoi un étudiant peut-il se prévaloir, de quelles compétences et de quels savoirs au sortir d’un cycle d’apprentissage ? Comment définir un master attractif. ? Est-ce seulement en termes de masse critique ou bien faut-il articuler cette dimension à la vision générale d’une université qui se veut complète ? etc.)

  • un axe évaluatif "soft" ou formatif (en clair on peut se servir de méthodologies existantes, décider de se focaliser sur un point précis dont on soupçonne la faiblesse, etc.)

  • un axe participatif : seule façon de modifier ce qui aura été pointé comme devant l’être puisque ce sont les membres eux-mêmes qui auront, par une pratique réflexive, identifié les objectifs et les améliorations à mettre en place pour correspondre à ces objectifs.

En bref, la définition de la Qualité doit tenir compte de l’extérieur, de la demande sociale et de la politique publique mais elle n’est pas neutre : elle relève au contraire d’intérêts particuliers, de valeurs, de croyances à propos de ce qui est perçu comme "le bien commun" à développer, à un moment donné, dans une société donnée (Bensimon 1995). D’où la nécessité de la penser en terme à la fois pragmatique (adopter une posture "réaliste" Perellon 2003), philosophique (adopter une posture éthique) et politique (adopter une posture stratégique).