MicroFAQ > Offre et Demande > Est-il possible que la demande soit croissante?
Est-il possible que la demande soit croissante avec les prix? Par exemple, la
demande immobilière semble avoir augmenté avec les prix ces dernières
années.
La réponse est non, la demande n’est pas à pente positive : une hausse du prix d’aujourd’hui réduit la possibilité d’achat, et donc les quantités demandées. De ce fait, la demande est bien à pente négative. Les biens de Giffen sont le seul cas (exceptionnel) où la demande peut avoir une pente positive.
Il faut cependant remarquer que les prix futurs peuvent influencer la demande actuelle : une hausse du prix anticipé pour demain (dans ce contexte, le terme « demain » signifie « l’avenir ») induit un déplacement de toute la courbe de demande vers le haut et la droite. En d’autres termes, une variation des prix anticipés pour demain génère des déplacements - autonomes - de la demande.
Séparer les deux phénomènes permet de bien voir que la pente est négative par rapport au prix d’aujourd’hui, tandis que la disponibilité à payer augmente avec l’anticipation des prix futurs.
Les choses deviennent plus complexes quand on admet qu’une partie des consommateurs utilisent le prix d’aujourd’hui comme un indice du prix qui prévaudra dans l’avenir. Dans ce cas, une hausse du prix d’aujourd’hui a deux effets :
1) elle réduit la demande d’aujourd’hui ;
2) elle affecte les anticipations de prix futur, et par là fait se déplacer
la demande.
Lorsque le deuxième effet domine le premier, on parle de « bulle » spéculative.
Concernant le marché de l’immobilier entre 2000 et 2005, ce deuxième effet semble avoir été assez important en Belgique. Combinés à la baisse des taux d’intérêt, les hausses d’anticipation de prix futurs ont induit une augmentation autonome de la demande. Ceci pourrait donner l’impression que la demande était à pente positive. Mais à l’heure actuelle, les anticipations ne sont plus constamment haussières. Le résultat est qu’on retrouve un effet très net de concurrence entre les vendeurs, avec une tendance à devoir réduire les prix pour vendre plus facilement. C’est-à-dire le retour d’une pente « clairement négative ».