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MARCHE DU TRAVAIL ET GENRE DANS LES PAYS DU MAGHREB

Quels marchés du travail ?


DEUXIEME COLLOQUE ORGANISE PAR LE DEPARTEMENT D’ECONOMIE APPLIQUEE DE L’UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES «DULBEA» (BELGIQUE), LE CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHES DEMOGRAPHIQUES «CERED» (MAROC) ET LE GROUPE DE RECHERCHE DU CNRS, MARCHE DU TRAVAIL ET GENRE EN EUROPE «MAGE» (FRANCE)

RABAT 15 ET 16 MARS 2006

PROBLEMATIQUE :

Un premier colloque organisé à l’initiative du MAGE et du Département d’économie appliquée de l’Université Libre de Bruxelles (DULBEA), en collaboration avec l’Institut National de Statistiques et d’Économie Appliquée de Rabat (INSEA), s’est déroulé les 11 et 12 avril 2003 à Rabat. L’organisation de ce colloque avait été inspirée par le dynamisme des recherches en termes de genre dans les pays du Maghreb et par l’émergence d’un réel intérêt autour de ces thématiques en Europe. Notre objectif était de dresser un large constat de la situation des femmes sur le marché du travail dans les pays du Maghreb dans une optique de mise en perspective et de comparaison avec l’ensemble des pays européens. L’enjeu d’une telle rencontre était d’une part, de réunir des chercheurs du Maghreb et d’Europe et, d’autre part, d’encourager la dimension pluridisciplinaire, principalement économique, sociologique et juridique, mais également ethnographique, démographique, historique, statistique et de gestion. Le succès de la conférence s’est mesuré au nombre important de papiers proposés et sélectionnés, mais également à leur qualité, ainsi qu’à celle des débats et discussions qui se sont articulés autour de six grands thèmes : l’emploi, l’activité et l’inactivité, l’éducation et l’insertion, les professions, métiers et entreprises, les discriminations salariales et à l’embauche, et enfin les trajectoires migratoires.
Ce premier colloque a débouché sur la publication d’un ouvrage collectif dont l’ambition était de susciter un tour d’horizon des recherches qui, dans différentes disciplines, sur plusieurs pays, et avec des approches théoriques diverses, traitent de la place des femmes sur le marché du travail dans trois pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) ainsi que de la situation des femmes émigrées de ces pays en Europe.

L’organisation d’un deuxième colloque trois ans après, toujours à Rabat, reflète la volonté des participants et des organisateurs de mesurer les progrès, les avancées réalisées. Il témoigne aussi de l’intérêt d’approfondir et de revenir sur certains points de la comparaison qui les ont particulièrement interpellés :

  • La pertinence des concepts statistiques si largement utilisés dans les comparaisons entre pays au niveau de développement social très différent : quelle est la signification d’un taux de chômage lorsqu’il n’existe pas d’assurance chômage généralisée, quelle différence peut-on faire avec l’inactivité ? C’est vrai aussi lorsque l’on fait des comparaisons entre les pays européens et avec les États-Unis lorsque les systèmes de protection sociale ne sont pas comparables.
    L’emploi aussi est particulièrement difficile à mesurer dans des pays où l’économie informelle est très développée. Ce problème statistique témoigne de la nécessité d’une reconstruction des concepts : informel, marchand, domestique.
  • Les liens entre la fécondité, l’éducation et l’emploi : alors que dans certains pays européens on observe une baisse de la fécondité et un retardement de l’âge de la première maternité, particulièrement pour les femmes les plus éduquées, la liaison avec l’activité professionnelle n’est pas unilatérale puisque deux effets s’opposent. D’une part, un effet revenu qui voudrait que l’on ne prenne la responsabilité de faire des enfants que si on a les moyens de les élever et donc que l’on a un revenu du travail et, d’autre part, un effet de substitution qui voudrait que l’on fasse moins d’enfants pour pouvoir développer une activité professionnelle continue et valorisée. Ces effets opposés expliquent que les taux d’emplois féminins les plus élevés ne s’observent pas nécessairement là où les taux de fécondité sont les plus faibles et les services de garde d’enfants les plus performants.
    Le paradoxe est plus marqué encore dans les pays du Maghreb où la baisse remarquable de la natalité observée surtout en milieu urbain mais aussi en milieu rural ne semble pas liée de façon évidente à la progression de l’activité féminine. Autre contradiction forte : la liaison inverse entre niveau d’instruction et chômage que l’on observe dans les pays du Maghreb et dans une minorité de pays européens, constat qui au-delà de la lutte indispensable contre l’analphabétisme pose le problème de la pertinence des politiques d’éducation. Ceci nous amène à poser la question du :
  • Processus d'insertion professionnelle en fonction des qualifications acquises et particulièrement des savoirs scolaires. la question est de cerner les mécanismes d'insertion, vu les liens étroits qui existent entre formes d'éducation, modes d'insertion, types de travail : quelles sont les modalités d'accès à l'emploi en fonction des qualifications obtenues dans le système de formation ? les parcours scolaires ou de formation sont-ils déterminants quant à la question de l'insertion professionnelle (déscolarisation des filles, types de formations, filières) ? les modalités d'insertion sont-elles différentes pour les filles et les garçons ?

D’autres thèmes devraient également être traités :

  • La problématique du genre dans les parcours migratoires : quels sont les problèmes spécifiques aux femmes immigrées en Europe ? Quelles sont les contraintes particulières auxquelles font face les femmes candidates à l'émigration ? Comment identifier les discriminations à l'embauche, salariales, et la ségrégation professionnelle ou sectorielle, selon le genre et l'origine ?
  • La place des femmes dans les métiers et dans les professions : où en sommes-nous des ségrégations verticales et horizontales ? Quel est l’impact des politiques d’emploi et des politiques d’entreprises ? Qu’en est-il des femmes entrepreneurs et des femmes cadres dans les secteurs publics et privés ? L’accès des femmes à la finance et à la micro-finance favorise-t-il le développement de l’activité indépendante ?
  • Les conditions d’accès des femmes au marché du travail : quels sont les éléments qui favorisent ou freinent l’accès des femmes au travail salarié dans les pays du Maghreb, les coopératives peuvent-elles favoriser l’insertion professionnelle en milieu urbain et rural ? Comment évoluent les conditions d’accès à l’emploi dans les pays européens qui accueillent les immigrées ?
  • Les femmes face à la globalisation : l’impact de la mondialisation sur la situation des femmes au travail en tant que main d’œuvre plus particulièrement et rapidement exposée aux chocs externes. Par exemple, quels sont les effets sur l’emploi féminin dans le secteur textile et l’habillement du développement des exportations des pays d’Asie ?

Il nous paraît essentiel de revenir sur ces thèmes pour les approfondir mais aussi de présenter et d’analyser les évolutions qui se sont dessinées au cours des trois années écoulées.
Cette liste de thématiques n’est, bien sûr, pas exhaustive, d’autres sujets en relation avec le thème du colloque pourront être abordés.

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Touhami Abdelkhalek (INSEA), Lahcen Achy (INSEA, DULBEA), Jamal Ait Mouha (CERED), Aziz Ajbilou (Professeur-Chercheur), Said Azemmam (CERED), Nadima Barkalil (Université Mohamed V) Fatima Bakass (INSEA), Ahmed Benrida (Directeur de l'Emploi), Boël Berner (Université de Linköping), Abdelatif Chaouai (CERED), Cécile Dauphin (EHESS), Jérôme De Henau (DULBEA), Nacer El Kadiri (INSEA), Michèle Ferrand (CNRS), Charles Gadéa (Université de Rouen), Helena Hirata (CNRS), Kamel Kateb (INED), Beate Krais (Université de Darmstadt), Michel Lallement (CNAM), Marie-Thérèse Lanquetin (Université de Paris 10), Jacqueline Laufer (HEC), Jacques Le Cacheux (OFCE), Nicky Lefeuvre (Université de Toulouse), Catherine Lubochinsky (Université de Paris 2), Catherine Marry (CNRS), Margaret Maruani (CNRS), Danièle Meulders (DULBEA), Pascale Molinier (CNAM), Leila Dinia Mouddani (ENA), Robert Plasman (DULBEA), Carlos Prieto (Universidad Complutense de Madrid), Isabelle Puech (CNRS), Leila Rhiwi (ADFM), Grazia Scarfo' Ghellab (Ecole Hassania des travaux publics), Stefano Scarpetta (World Bank), Sylvie Schweitzer (Université de Lyon 2), Khalid Sekkat (DULBEA), Rachel Silvera (Université de Paris 10), Catherine Sofer (Université de Paris 1), Maria Stratigaki (Université Panteion), Salma Zaouri (Université de Sfax).

   
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