B - LES ESSARTEURS


Ils forment de nombreux groupes dispersés dans les massifs montagneux exerçant essartage, pêche et chasse, collecte du sagou et de cire d'abeille et de résines de damar pour le commerce. Le groupe Dayak domine qui regroupe un grand nombre de tribus.

Gorontalo (Lebar 1972) nord Célèbes, groupe les Gorontalo proprement dits, et les Buol, Boalemo, Kwandang, Bone, Limboto, Soewawa.

Toradja de l'ouest (Lebar) Toradja <<hommes de la montagne>>. Partie nord ouest du centre Célèbes; regroupent un très grand nombre de tribus :

- la partie est est habitée par les Toradja montagnards comprenant les Tawaelia, Napu, Besoa, Bada, Leboni, Rampi et Rato.
- la partie ouest, vallée de la Koro-Laliang : les Pipikoro Toradja incluant les Banasu, Kantewu, Koro, Baku, Winatu, Tole, Mohapi, Peana et Gimpu.
- la partie nord-ouest, lac Lindu et vallée du Palu : les Kulawi (Tobaku, L. Aragon), Pakuli, Lindu, Sigi, Toro, Sidondo, Pakawa et Palu.
- la partie nord : les Parigi, Sausu, Kaili, Balinggi, Banawa, Ganti, Dolago et Dongala.
- Tobada = Bada (SIL) sud-est du centre Célèbes, à la source du Budong-Budong dans le sous district Budong-Budong du district de Mamuju.
- Pamona (SIL) syn. Bare'e, Poso. 100.000 au centre des Célèbes et 6 à 10.000 au sud des Célèbes. Wana, sous-groupe (Atkinson 1992). Districts de Ulu Bangka, Bungky Utara, Barong, près de la rivière Bangka. Parlent le bahasa. Bilinguisme partiel avec l'indonésien (langue commerciale, écoles, contacts avec gens des basses terres). Le groupe Taa parle un dialecte de leur langue.

 

Les Tobaku (Aragon 1992)

- Rampi (SIL) syn. Leboni, Ha'uwa. 1.500 dans le territoire Rampi et 5.500 dispersés au centre Célèbes. Au sud Célèbes, dans une région montagneuse isolée du sous district Masamba dans le district de Luwu.

- Ledo : (SIL) 8 à 10.000 au sud des Célèbes, le reste au centre; de langue austronésienne; plaines côtières et piémonts.

- Uma = Pipikoro (SIL) 15.000 dans la région. Vallée de la Koro-Lariang, sous district de Kulawi. Sous groupe Tobaku (Aragon, 1990), dans le s-o du sous-district de Kulawi, district de Donggala, centre Célèbes, sur les rivières Laraiang ou Koro, et dans les montagnes. Leur

région est limitée par les villages Winatu, Lawe' et Banggaiba. Ils parlent le Uma, groupe Kaili-Pamona, famille austronésienne; bilinguisme partiel avec l'indonésien (commerce, école, église), le Moma (Kulawi) et le Kaili.

Toradja du nord : Tomini syn. Tiadje (SIL, Lebar 1972) districts de Tomini, Moutong, Tinombo (nord Célèbes). Nombreux sous-groupes,dans les montagnes et sur la côte, dont les Dondo.

Laki (Lebar 1972, SIL) syn Lalaki, Tolaki, Tokeas, Laiwi. Langue du sous-groupe de Bungku-Mori. Comprend les sous-groupes Wiwirano, Labea'u, Aserawanua, Mowewe, Mekongga et Tamboki. Au sud des Mori. Ils ont été déplacé vers le lac Towuti.

Mekongka (SIL) sud Célèbes près de Soroako. Ancien royaume, maintenant un sous-groupe du groupe important Tolaki.

Bungku syn Nahine. (Lebar 1972, SIL) Dans le centre-est et le sud, le long du golfe de Tolo, dans l'île de Wowoni et aussi dans les districts de Rumbia et Poleang. Langue du sous-groupe de Bungku-Mori.

Moronene (SIL) syn Kabaena. sud Célèbes, district de Rumbia et Poleang et dans l'île de Kabaena. Langue du sous-groupe de Bungku-Mori. Vivent sur le pentes de montagnes et piémonts

- Saluan (Lebar 1972), syn. Loinang, terme péjoratif utilisé par les gens de la côte pour ces montagnards, sont une population plus importante que les Balantak, du même sous-groupe linguistique (Saluan). Ils vivent dans la partie orientale du centre de l'île tant sur les côtes que dans l'intérieur montagneux.
Populations nombre (pop. rurale) nombre de villages taille du village taille de la maisonnée
Gorontalo, dial. Tondano (Limboto), Kwandang 250.000 (Wurm & Hattori 1981)
- Buol 50.000 68
- Boalemo non chiffré
- Bone non chiffré
- Soewawa 10.000 (1981, SIL)
Tomini ? (Lebar) 68.000 (1979, Barr) 42
-Dondo 9.000 (1979, Barr) 18
Suwawa 10.000 (1981, SIL)
Saluan (Loinang) 74.000 (1979, SIL) 136
Balantak (Loinang) 30.000 (1982, SIL) 49
Toradja de l'ouest 180.000 (1961, Lebar)
- Lindu 1.700 (1979, Barr) 3
- Rampi 7.000 (1985, SIL) 6
- Ledo (= Kaili) 130.000 (1985, SIL)
- Bada , Besoa 10.000 (1979, Barr) 21
- Pipikoro = Uma 24.000 (1984, SIL) 32
- Tobaku 7.500 (1990, Aragon) 200 à 1.000 10 à 15 pers.
Pamona 106.000 (1979, Barr) 193
- Wana 5.000 (1970) 30 à 50 pers.
- Sedoa 600 (1979, Barr)
Bungku 35.000 (1979, Barr) 13
- Moronene 85.000 (1979, SIL)
Laki, Tolaki 50.000 (1981 Wu. et Ha.)
- Mekongka 25.000 (1982, SIL)
TOTAL 1.016.800

L'habitat est double

Les campements saisonniers agricoles sont utilisés par tous pendant la récolte. Certains se déplacent près des champs de Février à Juin (de la plantation à la récolte)(Tobaku). La distance entre deux villages est de 12 à 38 km.. Les communautés Wana sont sur les sites de cultures sur brûlis, éloignées de +/- 1 km. Certains ont encore de grandes maisons (Toradja de l'ouest, Bungku, Laki). Les villages Gorontalo sont dispersés dans la plaine de Gorontalo et sur la côte.

Les villages se déplacent tous les ans avec un nouveau défrichement; l'éloignement dépend de conditions politiques, écologiques et sociales. Les gens se déplacent pour le commerce. Les hommes sont en campements temporaires quand ils défrichent, chassent ou pêchent. Il y a aussi des villages permanents où la population obéit aux ordres du gouvernement de maintenir le village.

L'unité résidentielle est la famille étendue (couple marié et ses parents, oncle/tantes souvent veufs et les enfants non-mariés).

La structure wana est basée sur la parenté cognatique plus les amis. La résidence est matrilocale (Laki, Gorontalo, Tobaku), puis néolocale (Laki, Gorontalo).

La propriété est commune au niveau du territoire du village

La forêt primaire est la propriété du village; un étranger doit donc demander la permission de l'exploiter.

La propriété de la terre ou de produits est clairement marquée par des signes : des plantes pérennes (Cordyline rouge) entourent l'essart et de fortes sanctions surnaturelles réfrènent les violations de terres. Le droit de défricher est donné à la famille. Les terres proches des villages sont limitées, aussi doit-on s'éloigner au niveau du territoire du village (Tobaku, Aragon). La famille étendue Toradja de l'ouest possède en commun les champs et les buffles.

Les communautés Wana, autonomes, ne reconnaissent pas de propriété; les limites ne sont pas clairement définies. Les droits à défricher pour les cultures de rentes sont reconnus. On peut se déplacer dans un autre territoire si l'on a des liens avec les gens. La propriété des terres défrichées se transmet souvent aux filles (Toradja de l'ouest, Tobaku)

Le pouvoir est basé sur la chefferie traditionnelle

Le chef aristocrate ne peut rien décider sans consulter le conseil des Anciens. La société est stratifiée en 2 classes : la noblesse et le peuple (les esclaves ont disparu).

Gorontalo : chaque tribu a un chef héréditaire et ses assistants formé en conseil qui assiste le chef suprême pour gouverner la confédération. Tomini : le sultan ou raja assisté d'un conseil gouverne les tribus. Les campements ont leur chef. La société est stratifiée en 2 ou 3 classes : la noblesse, et le peuple (les esclaves ont disparu). Tobaku aujourd'hui, sous l'influence du gouvernement indonésien, le chef de village et les autres officiers gouvernementaux consultent le conseil des Anciens et le ministre de l'église. Les officiers ordinaires (comme dans tout village indonésien) et les officiers de l'Armée du Salut sont élus pour représenter le village. Les Toradja de l'ouest avaient des confédérations de villages, ou bien le village était gouverné par un chef élu par le conseil des chefs de maisonnées. Chez les Tobada, le village est basé sur la lignée matrilinéaire.

Bungku et Laki sont des sociétés stratifiées où la chefferie est héréditaire dans certaines familles bungku; le chef de clan laki élu a peu de pouvoir.

Le pouvoir est égalitaire par contre chez les Wana, mais les hommes influents dominent. Les décisions se prennent encore aujourd'hui par consensus. Dans certaines régions, près de la côte, les chefs de village conservent leur autorité.

Médecine traditionnelle

Les guérisseurs chamanes Wana, Bungku et Tobaku utilisent de nombreux produits de la forêt; les Wana sont réputés, les Tobaku sont méconnus ailleurs.

Religion et forêt

Au culte des ancêtres (Toradja de l'ouest, Tomini, Moronene) et à l'animisme se superpose l'Islam (Moronene, Bungku, Pipikoro, Dondo, Laki et Buol), ou le christianisme (Rampi, Ledo et Gorontalo).

Chez les Tobaku, l'Armée du Salut est très présente, mais s'adapte aux besoins des rituels traditionnels. Les chefs religieux sont les officiers de l'Armée du Salut. Pourtant les rituels sont attachés à l'utilisation de la forêt et nécessitent des déplacements en forêt. Ils adorent les pentes d'une montagne sur laquelle on cultive.

Chez les Wana des montagnes, les chefs religieux sont les chamanes. Si le rituel n'est pas très lié à la forêt, il y a cependant des sites rituels dans la forêt; depuis très récemment apparaissent chez eux un peu de christianisme et un peu d'Islam.

Activités de subsistence

Chasse d'un peu de petit et gros gibier.

Les Wana chassent oiseaux, lézards, ours, cerf, anoa (Bubalus arnee), les Tobaku, les chauve-souris, et piègent de nombreux animaux, les rats sont très appréciés(10 espèces), avec le cochon sauvage, le cerf, le gor, la civette, le macaque, l'écureuil etc. Les Toradjas de l'ouest comme tous les Toradjas sont des chasseurs passionnés de cerfs, cochons, marsupiaux. Chez eux elle est collective et individuelle avec chiens, lances, pièges, sarbacane. Les Moronene chassent cerf, banteng (un buffle sauvage, Bos banteng), les Laki le cerf à la sarbacane avec les chiens.

Pêche en mer et en rivières.

Tobaku et Wana pêchent à la saison sèche dans rivières et ruisseaux (à la main, nasses) avec des lances, pièges, poison, fusils "sous-marins" (crevettes, grenouilles, poissons). Les Toradja de l'ouest pêchent en mer et dans les lacs (l'anguille est une spécialité), les Gorontalo (filets, nasses, harpons) dans le lac Limboto.

Cueillette : d'un peu de palme, fruits sauvages, champignons d'arbres, miel (Wana) , pratiquée lors des déplacements vers les champs, champignons, fougères, feuilles et fruits (Tobaku).

L'outillage est de fabrication locale, forge, vannerie. On acquiert le fer pour les machettes, lances, houes, et utilise rotin et bambou de la forêt pour les paniers, les nasses (Tobaku).

Agriculture sur brûlis seulement

Le riz et secondairement les maïs, patate douce et coco (Tobada, Rampi, Ledo, Pipikoro, Pamona; les Bungku), de sagou (Lambatu);

les Wana cultivent riz, maïs, patate douce, manioc, tubercules, céréales , fruits, légumes. Les Gorontalo : riz, maïs, sagou sont les 3 aliments de base. Les Buol préfèrent le sagou, igname et millets étant secondaires. Les Moronene cultivent le riz, mais le sagou est leur aliment de base; les Laki cultivent riz de montagne et riz irrigué, le sagou est aussi l'aliment de base. Chez les Tomini, le riz fut introduit vers 1900.

Les Wanas (Atkinson, 1990)

 

On défriche la grande forêt et la forêt secondaire en petites parcelles. On cultive la première année en riz, puis on replante avec une autre culture. La friche dure 5 ans au minimum, excepté sur la côte. On réutilise les mêmes parcelles 10 ou 20 ans après.

Le gouvernement a essayé de les forcer à migrer sur la côte. Là la friche est beaucoup plus courte. Les populations sont très conscientes de la disponibilité des terres (Wana).

Agriculture sur brûlis et agriculture permanente sans labour chez les Tobaku (L. Aragon 1992); les cultures de base sont environ 25 espèces dont riz, manioc, maïs, sagou. Ils défrichent surtout les jachères, les parcelles sont des rectangles de 1 ha à 1,5 ha, ce qui est nécessaire pour une maisonnée de 10 à 15 personnes. Récolter deux tonnes de padi est considéré comme excellent. Ils cultivent pendant 1 an, le cycle de jachère est de 6 à 10 ans.

On utilise à la fois 3 types de champs : le 1er, bonea, et le plus important (1 à 2 ou plus ha selon la taille de la maisonnée) peut être un peu éloigné; il est d'abord planté en riz (le riz gluant pour 1/4) toujours interplanté avec du maïs, sur les bords quelques légumes (calebasse, concombre, tomate-cerise, papaye, moutarde, piment, aubergine, haricot, parfois tabac pour mâcher). Le 2ème, lora`, essart plus réduit (de 1/3 à 1 ha), proche de la maison, est labouré profondément avant le 1er et fournit des récoltes subsidiaires avant la récolte de riz dans le grand champ. Le 3ème, pampa, proche de l'habitat, est un jardin permanent de légumes et de fruits: divers ignames, manioc, papaye, canne à sucre, cacahuète, haricot, gingembre, échalote, piment. Les femmes le cultivent.

Cultures de rentes de girofle (cela demande 7 ans, Tobaku); le café a peu de succès.

Les animaux domestiques sont mangés dans les cérémonies rituelles et utilisés comme échanges sociaux.

Les Wana ont des poules seulement, les Tobaku, poulets et cochons, les Toradja de l'ouest, buffles, chiens, poulets, chèvres, mouton, chevaux, les Gorontalo, bétail, chevaux.

L'alimentation se base sur le riz plus des produits de la culture sur brûlis. Les aliments sauvages fournissent les condiments et les plats d'accompagnement. La dépendance alimentaire sur les cultures est importante : riz, maïs, bananes, tubercules sont la base.

Mais on est autoproductif, dans les montagnes, on n'achète que le sel qui est très peu utilisé. Le sucre est un luxe (Wana).

Dépendance alimentaire chez les Tobaku :

Plantes sauvages et gibier 15%
Plantes cultivées (céréales, tubercules, légumes) 80%
Produit acheté sel

Les plus riches achètent de l'huile et du poisson séché venu de la côte. Sagou, maïs et manioc se substituent au riz pendant la période de manque (Janv., Fév., Mars). Maïs et sorgho sont parfois les aliments de base (Tomini). Le sagou est l'aliment de base chez certains cultivateurs de riz (Moronene, Laki).

Situation actuelle

La santé est mauvaise. La malaria est endémique et d'autres moustiques sont porteurs de virus; tuberculose; parasites; forte mortalité chez les bébés, les enfants et les femmes (Wana, Tobaku). Un centre de santé est chez les Wana, à bas prix, ils ont aussi des subsides du gouvernement. Il n'y a pas d'alcoolisme ni de drogue (les Wana font un peu d'alcool de riz).

Les contacts inter-ethniques sont nombreux, les Wana avec les Pomona/Poso, Gorontalo, Bugis, Chinois, Arabes, Mori. Ces populations sont mêlées à celles de la côte. Ces dernières sont économiquement et politiquement dominantes, culturellement hégémoniques. Les marchés et les magasins sont loin (sur la côte). Depuis peu une mission s'est installée dans l'intérieur.

Les Tobaku, éloignés des marchés, s'intermarient avec les Pipikoro, leurs voisins à l'est qui ont des rizières et avec les Kulawi au nord qui ont des routes et l'accès aux marchés. Mais ils sont en contact avec les missions qui ont des centres de santé payants, avec des marchands de l'extérieur et très rarement avec des prospecteurs.

Contexte économique très difficile. Dans l'intérieur de l'île, il n'y a pas d'exploitation forestière ou minière car le pays est inaccessible (Wana, Tobaku), pas d'immigrants (Wana); il n'y a pas de baisse de gibier ni de terres. Mais la sécheresse est un sérieux problème qui a affecté l'accès aux ressources naturelles (Wana). Par contre sur la côte, dans les zones de repeuplement, il y a surexploitation des terres.

Si les petits villages Tobaku n'ont guère changé ces dernières années, dans les grands villages on doit cultiver plus loin ou migrer ailleurs et le gouvernement cherche à développer les cultures de rente. Là, la forêt se dégrade en forêt secondaire, herbages, prairies. Les gens sont conscients de la non disponibilité des terres arables. La surpopulation entraîne une diminution des terres disponibles malgré la création de nouveaux villages.

Faible participation à l'économie nationale et régionale. Certains vendent depuis longtemps quelques aliments cultivés comme le riz, en progression depuis 1960. Mais on vent très peu d'aliments forestiers; seuls quelques produits : résines (en déclin), rotin (en augmentation) (Wana). Les Tobaku depuis les années 60, ne vendent aucune plante alimentaire cultivée ou sauvage, ni de produit sauvage. Ils ont peu de travail salarié, les femmes font des récoltes locales; les jeunes gens (5 à 10%) migrent à la saison sèche pour les travaux saisonniers de charpenterie ou cueillette du rotin.

La cueillette de rente se limite au rotin, damar, cire d'abeilles (Gorontalo, Tomini, Moronene).

La culture de rente se pratique : copra (Moronene, Ledo, Tomini), coco (Gorontalo), café (seule source d'argent indonésien pour les Tobaku).

La situation politique et juridique

Les écoles sont publiques et de mission; l'enseignement est en indonésien (Tobaku et Wana). 80% des enfants tobaku sont en primaire et 30% en secondaire.

Les officiers locaux du gouvernement ont chez les Tobaku le rôle de chef. Les Wana en ont quelques uns sur la côte. Dans les montagnes, il y a quelques chefs de villages appointés.

Les Tobaku ont des porte-parole qui sont les chefs et qui font la liaison entre le village et le gouvernement. Les Tobaku sont considérés comme une minorité lointaine, sous la juridiction de Sulawesi centre. On cherche à sédentariser les familles de montagnards dans des lieux moins élevés et l'une des régions des Tobaku est visée pour la transmigration de Javanais et Balinais. Les Wana n'ont pas de statut officiel relativement aux autres populations de la nation. C'est l'autorité provinciale et de district qui les administre. Les terres wana appartiennent à l'État. Il y a une réserve Morowali, wildlife reserve. Ils ont été soumis à des essais de sédentarisation, puis le gouvernement national a changé d'opinion, mais quelques officiers locaux persistent. Des chefs de villages appointés par le gouvernement appliquent localement la politique du gouvernement.

L'attitude envers le changement est marquée par le fort désir de conserver culture traditionnelle et identité ethnique (Wana de l'intérieur et Tobaku).

Les risques majeurs sont : - les décès par maladies, - l'exploitation par des voisins plus puissants, - la promulgation de lois qui soient formulées en l'absence de connaissances et de données sur ces populations (Wana). Chez les Tobaku l'exploitation forestière n'a pas encore pénétré loin dans l'intérieur des terres mais elle grignote d'une part la forêt et les villages dans les montagnes de Sulawasi-centre. Toutes les industries commerciales sont soutenues par le gouvernement national dont la priorité est de développer cette région <<attardée>>.