II - POPULATIONS ET PEUPLEMENT

 

 

INTRODUCTION

La plus grande partie de la population malaise est centrée sur les basses terres, et particulièrement les larges plaines côtières occidentales. 1% seulement de la population vit dans les hautes terres centrales. Les divers groupes aborigènes vivent pour la plupart dans l'intérieur montagneux et forestier de la Péninsule.

Population de l'ensemble de la Fédération malaise :

- Bumiputera (Malais et Orang Asli) 61,4%, majoritairement agriculteurs.

Parmi eux, les Orang Asli <<peuple originel>> forment 1,2% de la population nationale dans le recensement de 1991.

- Chinois 30%, socio-économiquement très importants.
- Indiens 8,1%
- Autres 0,5%.

Les 19 tribus aborigènes Orang Asli sont traditionnellement divisées en trois groupes avec des différences marquées dans l'organisation sociale, les activités économiques, l'habitat et le degré d'acculturation à l'intérieur de la grande société malaise :

- Les Negritos ou Semang, au nord, 2.000 en 1975, de langue austro asiatique (groupe Mon-Khmer), étaient chasseurs-collecteurs nomades jusqu'à il y a peu.

- Les Senoi, au centre, ~ 37.000, de langue austro asiatique, sont pour la plupart essarteurs.

- Les Proto-Malais, au sud, ~ 25.000, de langue malayo-polynésienne (ou austronésien) vivent en villages isolés dispersés dans la moitié sud de la Péninsule. La plupart sont horticulteurs et collecteurs forestiers ; quelques uns dépendent des ressources maritimes (Endicott 1987).

 

Les Orang Asli de la Péninsule Malaise

 

 

La forêt occupe trois fonctions vitales pour ces populations :

1 - Elle est la source de leur subsistance (acquise par chasse, pêche et cueillette) .

2 - Elle est la source de produits d'exportation qui sont aujourd'hui monétisés.

3 - Elle est le lien entre l'héritage culturel et l'identité de ces populations /lieu d'identité culturelle pour toutes ces populations. Servant pendant longtemps de protection contre les rafles d'esclaves, elle est surtout le dépositaire de leurs croyances et pratiques religieuses.

 

Aujourd'hui seuls quelques groupes de Négritos sont uniquement dépendants de l'exploitation des ressources sauvages pour leur subsistance, mais virtuellement tous les Orang Asli continuent à pratiquer un peu de chasse, de pêche et de cueillette de produits sauvages à la fois pour les consommer et pour commercer et obtenir de l'argent.[1]

La plupart des Orang Asli pratiquent la culture sur brûlis dont ils dépendent pour leur survie. La culture sur brûlis comprend la coupe et le brûlage d'une parcelle de forêt, la plantation d'une ou deux récoltes, puis de laisser la parcelle se recouvrir de forêt.[1]in Rambo, 1979 a : 49, 50

 

A - LES CHASSEURS-COLLECTEURS MOBILES

Ils sont insérés depuis au moins un millénaire dans les circuits de commerce (rotin, encens...). Les populations mobiles sont parfois associés aux agriculteurs qu'ils aident aux travaux agricoles (moisson du riz, défrichage de forêt), et au Département des Affaires Indigènes. Mais ils gardent une grande indépendance nécessaire à leur survie. On observe cependant une tendance à la sédentarisation, pas nécessairement liée à un passage à l'agriculture.

Ethnie nombre territoire densité
Batek 5 à 600 (SIL 1986) 1500 miles 2 1/50 miles 2
Chewong 260 (SIL 1985) 190 miles 2 1,2/ miles 2
Jahai 800 (V.D.Sluys 1993) 1/2 miles 2
Kensiu, Kintak 100 (SIL 1976)
Lanoh 260 (SIL 1976)
Mendrik, Menri 120 (SIL 1976)
Semaq Beri 1700 (SIL 1988)
Temiar 10.000 (SIL 1969)
Total env. 20.000 (1992)

Voir SS IV-A pour les informations détaillées sur ces groupes (p. xxx)

Les Orang Asli du nord de la Péninsule (Endicott, 1979)

 

B - LES AGRICULTEURS SUR BRULIS

L'agriculture itinérante sur brûlis (à base de riz sec, associé au maïs, manioc et banane) s'accompagne de cueillette de fruits en forêt, complétée journellement par la pêche et la chasse. Quelques pieds d'hévéas et d'arbres fruitiers permettent l'échange avec Malais et Chinois. Ceux qui sont le plus au contacts avec l'extérieur s'installent sur les bords de la forêt ou de la Réserve forestière. Par ailleurs la sédentarisation trop longue (5 ans) entraîne l'appauvrissement de leurs champs ce qui les pousse à de grands déplacements pour un nouveau ladang (Temuan).

Sociétés depuis longtemps en contact avec les Malais. Fortes pressions du Gouvernement pour arrêter la culture sur brûlis, les sédentariser et les englober comme ouvriers agricoles dans le système des cultures de rentes (caoutchouc, palmier à huile).(Semai ,Fix 1991).

noms d'ethnies nombre
Semai 19.542 (1986)
Jakun 6.786 (1962)
Temuan et Bélanda 5.241 (1962)
Orang Seletar 252 (1962)
O. Kuala et Desin Dolaq 936 (1962)
Voir SS IV-B pour les informations détaillées sur ces groupes (p. xxx)

 

C - LES CULTIVATEURS DE LA MANGROVE

 

Un seul groupe : Ma' Betisek [Mah Meri, Besisi], dans l'île de Carey, état de Selangor, 1.356 (1981).

 

Voir SS IV-C pour les informations détaillées sur ce groupe (p. xxx)