C - DEFINIR
DES POLITIQUES
1) UNE POLITIQUE DE L'ENVIRONNEMENT
Ayant reconnu que les populations indigènes :
* font partie intégrante de l'histoire écologique des forêts,
- * sont détentrices d'un savoir immense sur l'écologie
et les ressources forestières,
il faut :
- * favoriser la participation des populations à la définition
des politiques de protection de l'environnement ;
- * étudier des métiers et des emplois qui utilisent et
valorisent les capacités techniques et les savoirs des populations
indigènes dans les programme concernant l'environnement
- parcs et réserves en premier lieu, mais aussi tous travaux d'inventaire
des ressources et tous programmes basé sur les ressources non ligneuses
- * empêcher l'entrée des populations allogènes dans
les réserves nationales ou les territoires indigènes ;
- * étudier une meilleure organisation des zones-tampons ou bien
des activités humaines licites et compatibles avec le maintien de
la bio-diversité dans les aires protégées (parcs et
réserves naturelles).
Pour protéger l'environnement en dehors des réserves naturelles,
il faut :
* limiter, voire démanteler, les réseaux de chasse et pêche
professionnelles lorsqu'ils s'avèrent destructeurs,
Au cas par cas, on cherchera à réduire l'usage des armes
à feu (Afrique en particulier), dans tous les cas il faut limiter
l'intensité des chasses quelles que soient les armes employées.
* limiter l'immigration versles zones à faible densité
de population des habitants des régions à forte densité.
Il serait douteux qu'une telle nécessité puisse se réaliser
sans le développement d'une politique souple de contrôle
des naissances (et non pas de stérilisation, comme font mine
de l'entendre ses détracteurs !).
2) UNE POLITIQUE ECONOMIQUE
- 1) Equilibres régionaux
- * repenser les équilibres régionaux
- <<faire participer les populations indigènes à
l'effort de construction nationale>> ne veut pas dire les lancer
dans le commerce de rente.
- * prendre en compte les réseaux commerciaux locaux.
2) Repenser l'approvisionnement des villes
- * favoriser l'élevage intensif (petit et grand) pour ravitailler
les villes, dans les milieux adéquats;
- Améliorer, dans le cadre de projet de développement,
l'infrastructure pastorale de populations spécialisées dans
l'élevage ; favoriser la consommation du bétail en provoquant
une diminution du prix d'achat de telle sorte qu'il soit inférieur
au prix du gibier sur les marchés urbains.
- * promouvoir les plantations, à la périphérie
des villes, pour l'approvisionnement en bois de feu et charbon de bois
- * développer l'agriculture vivrière et améliorer
la distribution locale vers les villes
- Compte tenu de la chute des cours des cultures de rente, il est vital
et urgent pour les populations de diversifier l'agriculture vivrière
afin de remplacer progressivement ces cultures de rente.
3) Une économie de la nature
- * valoriser les systèmes agricoles, agroforestiers, incluant
un enrichissement du milieu naturel
- y compris auprès des populations pionnières qui doivent
être éduquées à l'agriculture itinérante
- * conserver (après inventaire systématique) les variétés
traditionnelles des plantes cultivées
- [ressources génétiques]
- * expérimenter la culture de plantes de cueillette intensive,
par exemple les rotins, la noix du Brésil ...
- * expérimenter la gestion, l'élevage ou le semi-élevage
d'animaux sauvages
- * former des techniciens et agents instructeurs locaux pour le développement
de l'agroforesterie
- * favoriser les relations entre pays en développement (<<sud-sud>>)
pour le transfert et l'apprentissage des techniques agroforestières
[par exemple entre des paysans de Java et et ceux d'Afrique équatoriale].
3) UNE POLITIQUE JURIDIQUE
Faire appliquer les lois déjà existantes, concernant
les personnes et les terres.
Etudier des législations prenant en compte <<les
droits des minorités>> :
* appliquer le droit à la citoyenneté, sans clauses subsidiaires
limitatives
- * reconnaître la propriété collective
- * fournir un statut légal (<<association>>, <<groupe>>,
<<commune>> etc.) aux communautés autochtones non enregistrées,
avec leurs propres chefs
- * étendre la reconnaissance des tenures foncières traditionnelles
aux espaces forestiers utilisés pour la collecte, aux peuplements
d'arbres entretenus mais non plantés, aux espaces de parcours de
chasse et de pêche - c'est-à-dire reconnaître comme
terres coutumières des terres non transformées par l'agriculture
- en effet, la reconnaissance des seules terres défrichées
encourage la déforestation.
- * étudier des réglementations de la chasse et de la pêche
qui distinguent clairement chasse et pêche de subsistance et activités
commerciales, ne confondant pas chasse de subsistance et braconnage,
et distinguant les techniques traditionnelles des techniques modernes
- il importe de plus d'être particulièrement vigilant dans
le choix des espèces animales soumises à protection, et en
premier lieu de ne pas supprimer systématiquement les catégories
<<nuisibles>> dans les législations forestières
: la destruction des cultures vivrières par certains mammifères
de grande taille conduira inévitablement à des pratiques
de chasse pour s'en prémunir.
- * appliquer la répression du braconnage à tous (autochtones
comme non-autochtones) et contrôler sévèrement les
filières de commercialisation
- autrement dit, contrôler les intermédiaires et les chasseurs-braconniers
professionnels, pénaliser les localités où l'on vend
de la viande sauvage (marchés des grandes villes ou des sites forestiers
et miniers, restaurants...) et non pas les communautés autochtones
où on <<l'auto-consomme>>.
- * étudier des contrats autorisant la chasse de subsistance,
la collecte et l'agriculture de subsistance dans les aires protégées
et les réserves - permettant aux populations indigènes de
continuer à y vivre à ces conditions
- * étudier des droits de propriété intellectuelle
sur les ressources forestières
- * étudier des procédures de dédommagement portées
sur les permis et contrats d'exploitation (forestière, minière...)
- * étudier des législations décourageant les populations
autochtones de vendre leurs terres à des étrangers à
la région
- de façon à enrayer les migrations allogènes et
l'extension de l'agriculture industrielle et vivrière, destructrice
de l'écosystème forestier.
4) UNE POLITIQUE SOCIALE
* étudier des alphabétisations intelligentes, des enseignements
adaptés (prenant en compte la mobilité saisonnière,
les savoirs forestiers des parents...)
- * favoriser par l'éducation la prise de conscience des populations
en ce qui concerne les choix et leurs conséquences, afin qu'elles
soient à même de prendre en main leur devenir
- * favoriser et développer systématiquement les projets
de développement auto-gérés
- * étudier des mesures incitatives en direction des sociétés
d'exploitation, les encourageant à impliquer les populations indigènes
- * impliquer les résidents dans le développement des zones
d'exploitation forestière, ce qui doit être porté dans
les permis de concession
* porter sur les permis d'exploitation que les résidents doivent
recevoir des dividendes.