IV - LES
POPULATIONS DES FORETS DE COLLINES
Nombre des groupes de forêt utilisent en réalité un territoire englobant plusieurs types de forêts car s'étendant sur plusieurs altitudes et étages de végétation, forêt de piémonts et forêt de montagne.
En effet le terroir couvre souvent une vallée ou un bassin versant, depuis le fond de la vallée jusqu'aux montagnes de plus de 2000 m d'altitude, zones qui évidemment supportent des flores et des faunes diverses. Les jardins peuvent être situés dans le fond de la vallée, alors que les pentes des collines, couvertes de forêts, sont réservées aux activités de chasse et de collecte, alimentaire ou technique (cas des Ankave).
Fréquemment la vallée détermine l'unité sociale la plus large qui est dénommée et autosuffisante, grâce à une intense coopération interne.
Elle est sous-divisée en groupes locaux, villages ou <<paroisses>>, faisant montre d'une unité politique et territoriale. [cf. MORREN pour les Miyanmin].
L'exemple le plus détaillé est celui des Wopkaimin, qui dénomment et exploitent 11 <<biotopes>> différents dans leur territoire, s'étageant entre 500 à 3000 m d'altitude [HYNDMAN 1982, cf. Tableau 1]. De même, les Kapauku d'Irian Jaya reconnaissent 14 catégories de terres et de paysages, selon les usages économiques et les caractéristiques physiques (jardin, jachère d'herbes, jachère arborée, forêt vierge, marais, rivière etc. ; POSPISIL 1965).
Les nécessités en terme de surface de terre diffèrent selon les activités, agriculture et chasse. L'agriculture demande une surface moindre que les zones de parcours où l'on effectue chasse et collecte. L'impact de l'agriculture sur les sols est moindre grâce à une jachère longue, alors qu'une diminution des surfaces de chasse aurait des conséquences graves pour les populations animales.
La densité de population est variable, mais toujours très faible, et inférieure à 5 hbts/km2. Les groupes ethniques sont de petite taille, et les communautés locales excèdent rarement une centaine de membres [Tableau 2].
| Nom | densité hbts/km2 | surface territoire km2 |
villages, communauté | caractéristiques de groupement | mobilité |
| Gadio-Enga | 0,8 | 104-130 | hameaux | forte | |
| Ankave | 1,2 | hameaux | forte | ||
| Miyamin | 1,2 | ? | |||
| Etolo | 1,8 | 50 | 27-70 | maison longue | |
| Onabasulu | 1,8 | ? | 43 | maison longue | |
| Kakuli | 1,9 | ? | 70 | maison longue | |
| Gebusi | 2,6 | 169 | 89 | maison longue + satellites | forte |
| Daribi | 3,3 | ? | |||
| Yafar | 5 | 40 | 40-150 | hameaux |
Sans être exclusive, une organisation fréquente de l'habitat est celle d'une fraction importante de la communauté vivant dans un village central, souvent constitué d'une seule grande maison communautaire abritant une quarantaine de personnes, alors que le reste du groupe vit dans des hameaux dispersés à travers le terroir. S'il n'y a pas toujours village central, il a toujours fractionnement de la communauté en hameaux.