APFT-News, un magazine d'informations sur le travail d'APFT dans les forêts tropicales

3 numéros / an - N°1 (Mai 1996)

- Projet CEE - DG VIII -

 

Sommaire

1 Présentation du projet APFT
2 La Banque de données APFT

3 L'interface ville-forêt : un thème de recherche original d'APFT
4 Psychologie : impact de la modernité et du changement en forêts tropicales
5 Bilan du stage de réflexion et de formation d'APFT organisé à Bruxelles fin 1995
6 Récentes publications des membres APFT sur les forêts tropicales

Ce premier numéro (APFT-INFO) initie une série semestrielle dans le cadre du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales (APFT). Nous espérons, par ce biais, vous informer sur nos activités et favoriser un échange entre les membres de notre réseau institutionnel, tant en Europe que dans les pays ACP.
Le prochain numéro paraîtra en septembre 1996.

 

1. LE PROGRAMME APFT OU QUEL AVENIR
POUR LES PEUPLES DES FORÊTS TROPICALES ?

Le programme "Avenir des Peuples des Forêts Tropicales" (APFT) est une initiative financée sur le budget des CE (DG VIII). Ce programme, qui a débuté en décembre 1994, est prévu pour une durée de cinq ans. Il s’agit d’un projet en Sciences Humaines concernant essentiellement les zones tropicales humides en Afrique équatoriale, en Amérique du Sud et dans le Pacifique. Le peu d’intérêt accordé au facteur humain étant en partie à l’origine de l’échec des programmes de développement et de conservation, l’objectif prioritaire d’APFT est de fournir à l’Union Européenne un outil de travail permettant d’améliorer la viabilité de sa politique dans les pays ACP.

Notre projet s’appuie sur une longue expérience en milieu forestier dense humide et rassemble les plus grands spécialistes des questions relatives aux peuples vivant dans ces écosystèmes. Il contribue également, dans le cadre d’un partenariat étroit avec nos collègues des pays ACP, à redynamiser les recherches nationales et à favoriser des politiques locales en adéquation avec les besoins et les aspirations des populations forestières. Une quarantaine d'universités et de centres de recherche, tant européens que ressortissants des pays ACP, spécialisés dans les sciences de l’Homme et de l’environnement en milieu tropical humide, sont associés à APFT.

Le cadre du programme APFT s’articule sur quatre volets qui constituent autant d’axes d’intervention simultanés et complémentaires. Il s’agit ainsi de :

  1. l’augmentation des connaissances sur les peuples vivant en milieu tropical humide et le développement des capacités de recherche dans les domaines de l’ethno-écologie;
  2. l’amélioration de la viabilité des projets CE avec le développement et la coordination des expertises en Sciences Humaines;
  3. la stimulation de la réflexion et la sensibilisation des décideurs (bailleurs de fonds, ONG, administrations nationales, etc...) à une meilleure prise en compte du facteur humain;
  4. l’élaboration d’une banque de données en sciences de l’Homme et de l’environnement concernant le milieu tropical humide.

Accroître les connaissances sur les peuples des forêts tropicales

En dehors de groupes culturels phares tels que les Pygmées ou les Pennang, peu de recherches précises ont été effectuées sur les modalités d’exploitation du milieu dense humide (voir sur le site Internet APFT notre rapport DG XI (CE) de 1993: Situation des peuples des forêts denses humides/State of Indigenous Populations living in Rainforest Areas. APFT s’est assigné comme tâche prioritaire de combler ces lacunes. Cette approche qui s’enracine dans une connaissance appro-fondie de la réalité constitue pour nous le préalable indispensable à toute intervention. Ainsi, le volet recherche APFT englobe des aspects généralement négligés non seulement en Sciences Humaines mais également en matière de développement tels que l’ethno-écologie, les relations ville-forêt, la démographie des sociétés fores-tières, la perspective historique ou les questions foncières. Nous envisageons également les effets de la modernité à travers des approches psychologique et "indigéniste".

Actuellement, nos recherches sont en cours dans onze pays d’Afrique équatoriale, d’Amérique du Sud et du Pacifique. Ces recherches qui portent essentiellement sur les modalités d’exploitation du milieu s’inscrivent également, pour la plupart des cas, dans des perspectives de dévelop-pement ou de conservation au niveau local. D’autres recherches et recherches-action, en synergie avec des institutions, universités et ministères nationaux, sont prévues pour l’année prochaine.

Améliorer la viabilité des projets de développement et de conservation européens

Le volet "Expertises : Appuis aux projets UE" est une des perspectives fondamentales du programme APFT. En effet, suivant son approche holistique et interdisciplinaire, notre projet espère contribuer à une meilleure compréhension des sociétés forestières. Notre souhait est que la recherche d’une meilleure adéquation entre les contraintes socioculturelles et les objectifs de développement contribue à une amélioration des conditions de vie des peuples des forêts tropicales. Concrètement, le volet "expertises" d’APFT vient en appui à des projets de développement durable et de conservation de l’UE à la demande de leurs promoteurs. Des experts spécialisés dans les sciences de l’Homme et de l’environnement en milieu forestier sont actuellement recensés dans une banque de données basée au centre d’Anthropologie Culturelle de l’ULB. De plus, ce volet centralise les demandes d’expertise et orga-nise l’intervention d’experts en collabo-ration étroite avec les commanditaires. Notre approche intègre également toute demande provenant d’autres organismes que ceux directement financés par l’UE.

Jusqu’à présent, les trois expertises mentionnées ci-dessous sont en cours; d’autres interventions sont prévues pour les années à venir. Un appel est fait ici à tous les chercheurs APFT pour identifier, dans le cadre des sites de recherches APFT, les problèmes auxquels les communautés concernées sont confrontées et les modalités d’intervention les plus adaptées afin d'orienter la politique des programmes de développement ou de conservation dont les populations locales font l’objet.

 

 SITES APFT

THEMES DES EXPERTISES

COMMANDITAIRES
REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE RCA

Impact study, North Rural Development Programme (PDRN) 2nd Phase
European Freelance Experts

CE (DG VIII)
REPUBLIQUE DU CONGO

Identification des ayants droit coutumiers pour l'exploitation dune zone touristique
Expert congolais,
URNAH-DGRST,
Brazzaville

Programme ECOFAC (DG VIII): Parc National d'Odzala
GUYANE FRANCAISE

Amérindiens et Parc National de Guyane
Expert français
ORSTOM

Administration locale


Stimuler la réflexion et la sensibilisation des décideurs à une meilleure prise en compte du facteur humain

Le volet "sensibilisation" d’APFT est essentiellement consacré à promouvoir une meilleure prise en considération du facteur humain dans les programmes de développement et de conservation. Cette action est orientée vers différents agents, en partant des décideurs jusqu’aux autorités locales, et en passant par les ministères nationaux. Ce volet concerne également les chercheurs APFT eux-mêmes de façon à les aider à se départir d’un certain académisme qui entrave le dialogue et le transfert d’informations tant vis-à-vis des décideurs que des populations locales elles-mêmes.

Actuellement, ce volet est couvert par une action relativement informelle mais nécessaire vis-à-vis des institutions euro-péennes à Bruxelles et en poste dans les pays d’accueil d’APFT, des différents organes de recherche et de développement, ainsi que de nos partenaires locaux au niveau des institutions de tutelle. Une brochure de présentation du programme est distribuée à tous les membres du réseau institutionnel APFT ainsi qu’à tous les organismes susceptibles d’être intéressés par notre approche. Enfin, une section "indigéniste", basée à l’ULB, assure le contact entre APFT et les organismes indigénistes intervenant dans le cadre des sites de recherches APFT.

Une Banque de données en Sciences Humaines pour les forêts tropicales

Le quatrième et dernier volet d’APFT concerne la constitution d’une Banque de données en Sciences de l’Homme et de l’environnement en milieux tropicaux humides. Essentiellement destiné au bailleur de fonds, cet outil de travail permettra à ce dernier d’avoir efficacement accès à une série d’informations permettant de mieux prendre le facteur humain en considération (voir article ci-après dans ce premier numéro d'(APFT-INFO).

Comment fonctionne APFT et où nous contacter?

La Cellule de Coordination d’APFT est localisée au Centre d’Anthropologie Culturelle de l’ULB, à Bruxelles où toutes les questions relatives à la gestion adminis-trative, comptable et logistique du pro-gramme peuvent être adressées. Par ailleurs, APFT comporte une Direction Scientifique basée au Laboratoire de Langues et de Civilisations à Traditions Orales (LACITO) du CNRS, à Paris. La coordination des actions régionales est assurée, pour l’Afrique, par l’ULB et le LACITO; pour l’Amérique du Sud, par l’ORSTOM et l’University of Kent à Canterbury; et pour le Pacifique, par l’University of Kent à Canterbury et l’ORSTOM. Les représentants du programme APFT se réunissent régulière-ment au sein d’un Conseil de Gestion et d’un Conseil Scientifique qui statuent sur les orientations à prendre en concertation avec nos partenaires.

Cellule de coordination APFT

Banque de données APFT

Directeur : Prof. Pierre de Maret

Dr. Michael Fisher

Centre d'Anthropologie Culturelle

University of Kent at Canterbury

Secrétariat : Anne Weis

C.S.A.C.

Tel. : 32.2.650.43.38

Tel. : 44.1227.76.4000

Fax : 32.2.650.43.37

Fax : 44.1227.47.5471

Email: apft@resulb.ulb.ac.be

Email: m.d.fischer@ukc.ac.uk

Membres du Consortium APFT : Université Libre de Bruxelles, Faculté Agronomique de Gembloux (B), Lacito-CNRS, ORSTOM (F), University of Kent at Canterbury (UK).

Membres du Réseau APFT : Université de Yaoundé, Institut Catholique de Yaoundé (Cameroun), Université Marien Ngouabi, Brazzaville (Congo), Institut für Ur-und Früh-geschichte, Eberhard Karls Universität, Tübingen, Forschungstelle für Humanethologie, Max Planck Institut, Andechs-Erling (D), Institute of Anthro-pology, Kobenhavns Universitet (DK), Departament d'Anthropologia Social i Historia, Universitat de Barcelona (E), Université de Montpellier (F), University of the South Pacific (Fidji), Université Omar Bongo, Libreville (Gabon), Department of Social Anthropology, University of Manchester, Durrell Institut of Conservation and Ecology, Canterbury, Department of Human Sciences, Brunel University (GB), Department of Social Anthropology, University of the Aegean (GR), Sociaal-Culturele Wetenschappen, Univer-siteit van Amsterdam, Université de Leiden, Université d'Utrecht (NL), Departamento de Antropologia, Uni-versidade de Coimbra (P), Sub-department of African and Comparative Archaeology, Uppsala University (S), Université de Kinshasa (Zaïre).

2. LA BANQUE DE DONNEES APFT

Depuis avril 1995, une équipe d’anthropologues-informaticiens basée à l’Université de Kent à Canterbury, en Angleterre, élabore une Banque de données pour APFT. Michael Fischer, Oliver Kortendick et David Zeitlyn ont innové un programme spécifique répondant aux besoins de notre projet. Cette Banque de données, dont le modèle informatique contribue à l’originalité d’APFT, est essentiellement destinée à notre bailleur de fonds; notre intention étant de lui faciliter l’accès aux informations sur les peuples des forêts tropicales. Notre Banque de données est également destinée aux chercheurs APFT de par le monde, afin de faciliter la circulation des données et de promouvoir des recherches et des recher-ches-actions plus performantes. Ainsi, cet outil de travail sera particulièrement précieux pour nos collègues du Sud qui mènent généralement leurs activités dans des conditions très difficiles et qui ne disposent plus de moyens pour être au fait de l’actualité scientifique.

Un modèle informatique original et performant sur le réseau Internet World Wide Web

La Banque de données APFT sert actuellement de référence pour les recherches en cours et a été citée dernièrement comme étant le meilleur site sur l’environnement par le "Directory of best environmental directories" de l’ULB (CEESE). Ces dernières années, beaucoup de programmes de recherches ont essayé d’utiliser des systèmes d’archivage de données centralisées sur ordinateur afin d’atteindre un fonctionnement sûr, rapide et efficace. Beaucoup ont échoué pour de multiples raisons, les plus importantes étant: une mauvaise conception, un manque de planification, le peu de souplesse des modèles informatiques et l’incapacité des chercheurs à accéder aux données. Les informaticiens APFT de l’Université de Kent à Canterbury ont étudié une série de modèles d’archivage de données pour finalement adopter un serveur qui stocke ces dernières. Ceci est possible en utilisant le réseau Internet World Wide Web qui facilite le tranfert, la récupération et le transport d’une gamme d’informations beaucoup plus large et fiable que celle que les chercheurs utilisent habituellement.

La Banque de données via le CSAC de l’Université de Kent à Canterbury

La Banque de données APFT est hébergée par le "Centre for Social Anthro-pology and Computing" (CSAC) de l’Université de Kent à Canterbury qui met à sa disposition la plus grande partie du matériel informatique utilisé par APFT.

La gamme d’informations pouvant être utilisées dans notre Banque de données est très large; elle permettra d’atteindre les objectifs de recherches d’APFT en facilitant la perspective comparative (entre sites de recherches APFT), l’identification de critères pertinents et spécifiques au milieu forestier ainsi que l'enregistrement des recherches et des ressources APFT.

L'encodage est actuellement en cours. La Banque de données APFT couvrira notamment les données suivantes :


Comment utiliser la Banque de données APFT?

L'utilisation et l'apport d'informa-tions peuvent se faire de plusieurs façons :

La messagerie APFT

Quand un membre envoie un message électronique à la liste, celui-ci est envoyé à tous les autres membres du groupe. La messagerie est utile pour commenter les travaux en cours, guider les gens vers les informations im-portantes, fournir de l'aide pour une recher-che (comme par exemple des références bibliographiques), ou pour localiser des individus. Pour être inscrit sur la liste, il faut envoyer à "list-manager@ukc.ac.uk" (adresse Email) le message suivant "subs-cribe apft-list" suivi de votre propre adresse. Dès lors, l'accès à cette liste étant réservé aux membres d'APFT, tout envoi à la liste (Email: apft-list@ukc.ac.uk") sera automatiquement redistribué à tous les autres y figurant. N'oubliez pas d'ouvrir votre boîte Email !

Le site Internet APFT

Le prin- cipal moyen d'accéder à la Banque de données est via Internet, concrètement World Wide Web (WWW). Vous pouvez utiliser le programme Netscape 2.0, probablement là où vous êtes. Si vous ne pouvez pas vous le procurer, envoyez un courrier normal à : Dr Oliver Kortendick, APFT Databank, Centre for Social Anthropology and Computing, Eliot College, University of Kent, Canterbury CT2 7NS, UK ou envoyez votre demande et votre adresse postale à "O.W.Kortendick@ukc.ac.uk".
L'adresse de la Banque de données est http://lucy.ukc.ac.uk/Rainforest/. Elle vous met en contact avec la section publique de la Banque de données. Chaque section de cette banque se présente comme un menu ou un document. Des rubriques du menu permettent de changer de section. Dans le menu une option permet d'entrer dans la section privée ("Private APFT information"), après avoir donné son nom et le mot de passe. Le nom général d'utilisateur et le mot de passe pour le projet peuvent être obtenus dans tous les sites APFT, ou en écrivant à l'adresse du CSAC reprise ci-dessus. Certaines informations ne seront accessibles qu'à des petits sous-groupes du projet. On peut appartenir à plusieurs de ces petits groupes. Si vous demandez un nom et un mot de passe individuels, vous pouvez les em-ployer pour tous les groupes dont vous êtes membre, y compris le groupe général APFT. Il faut notifier au Dr Kortendick que vous vous joignez à un nouveau groupe afin qu'il puisse l'officialiser après consultation du chef de groupe. C'est lui aussi qui vous donnera un nouveau mot de passe si vous avez oublié le premier.
Nous espérons avoir bientôt accès à toute la Banque de données via l'Email. Ceci permettra d'accéder à son contenu là où les connexions Internet sont pauvres mais où l'Email est disponible. Comme la Banque de données est amenée à croître au fur et à mesure de la progression du projet, nous espérons en stocker le contenu sur CD-ROM qui pourront être utilisés là où il y a des ordinateurs mais pas de ligne Email.
Si l’utilisation de notre Banque de données vous pose problème, adressez-vous à d’autres membres d’APFT ou contactez Michael Fischer, Oliver Korten-dick ou David Zeitlyn au "Centre for Social Anthropology and Computing" (CSAC) de l’Université de Kent à Canterbury (Tel.: 44.1227.76.4000/Fa.: 44.1227.47.5471/ Email : CSA-C@ukc.ac.uk. ou m.d.fischer @ukc.ac.uk).

Les membres d’APFT sont invités à envoyer leur bibliographie (sur disquette) ou toute autre information leur paraissant importante à intégrer dans la Banque de données. N’hésitez pas non plus à faire des commentaires, cela permettra à nos informa-ticiens d’avoir un retour et éventuellement d’affiner leur programme suivant vos besoins. L’apport d’informations peut se faire par Email ou par courrier postal (disquette). A bientôt sur la ligne !

3. INTERFACE VILLE / FORÊT : UN THEME
DE RECHERCHE ORIGINAL D'APFT

Une des originalités du programme APFT est d’étendre son approche aux villes qui exploitent directement les forêts tropicales et surtout aux réseaux d’échange entre les centres urbains/semi-urbains et les campagnes. Le thème de l’interface ville-forêt est généralement peu étudié alors qu’il s’agit d’une dimension importante pour comprendre l’impact des économies locales sur les écosystèmes forestiers, d’autant plus que la moitié de la population en Afrique centrale vit en ville.

Faisant suite à une étude de faisabilité sur cette problématique (voir notre rapport DG XI (CE) : City Dwellers and the Central African Tropical Forest : Resource Use and Perceptions, 1994), le Centre d’Anthropologie Culturelle de l’ULB assure aujourd’hui, dans le cadre d’APFT, la coordination des études sur les relations ville-forêt. En collaboration étroite avec des chercheurs camerounais, gabonais et zaïrois, nous avons lancé des recherches sur des thèmes comme l’énergie-bois, le commerce du gibier, les produits non ligneux et la perception que les urbains se font de la forêt. Le recours à un programme de télédétection pour identifier le contact ville-forêt en collaboration avec le Dépar-tement de Géographie de l’ULB est envisagé.

Diverses universités et centres de recherche nationaux mènent actuellement des recherches de pointe sur la question. Il s’agit essentiellement de l’Université Omar Bongo au Gabon, avec l’équipe du Professeur Bridon; l’Université de Yaoundé I et l’Institut Catholique de Yaoundé, avec Adrienne Zamdjio, Louis Defo et Kory Baillon; et de l’Université de Kinshasa (Professeur Lapika Dimomfu, Prof. Miti Tsela et Kiyulu N’Yanga-Nzu) en collaboration avec le CATEB (Centre d’Adaptation des Techniques Energie-Bois) rattaché au Ministère zaïrois de l’Environnement, avec Djengo Bosulu et Kibala Lemende.

Cette approche sera éventuellement étendue par la suite, dans une perspective comparative, à d'autres pays d'Afrique centrale ainsi qu'à la zone Pacifique, ce qui procurera à notre programme des données originales et conduira certainement à des recommandations novatrices en ce qui concerne l'emploi des ressources forestières autour des villes.

Le texte qui suit reprend le protocole de recherches de base de cette approche sur l’interface ville-forêt.

L'avenir des forêts tropicales et des peuples forestiers se joue essentiellement en ville. Les populations citadines, de plus en plus importantes démographiquement, emploient les produits forestiers d'une manière peu compatible avec une politique de développement durable. Ceci est vrai aussi bien pour les couches populaires que pour les élites. La crise se traduit par une accélération du déboisement et la disparition des espèces, et risque d'avoir un impact négatif sur les relations entre peuples forestiers et leur environnement - les répercussions socio-économiques qui en découlent peuvent être dramatiques.

Outre les recherches théoriques et la création d'un réseau de chercheurs dans le domaine de l'interface ville-forêt, des actions concrètes sont mises en route en Afrique centrale. Les aspects socio-économiques et anthropologiques nécessi-tent une attention particulière. Dans un premier temps, les actions seront les suivantes :

Actions socio-économiques

Actions anthropologiques : les enquêtes doivent être menées afin de savoir comment les citadins perçoivent:

Par la suite, il faudra formuler et tester les recommandations répondant aux interrogations suivantes :


Pour tout renseignement :
-
consulter le rapport de faisabilité de Theodore Trefon sur le Site Internet d’APFT ou
- contacter ce dernier au CAC de l’ULB (Tel.:32.2.650.37.98; Fax.:32.2.650. 43.37; Email: ttrefon@ulb.ac.be).

4. PSYCHOLOGIE DE LA MODERNITE ET
DU CHANGEMENT EN FORÊTS TROPICALES

Le programme APFT intègre la modernité et les changements sociaux dans son approche. L’intervention de psycholo-gues de l’ULB spécialisés dans les questions de développement dans les pays ACP, coordonnée par Anne Delorme et encadrée par le Professeur Mukuna du Service de Psychologie Sociale de l’ULB, introduit dans APFT une perspective nouvelle en termes de recherches, de recherches-action et de sensibilisation. Ce volet qui, au même titre que l’interface ville-forêt, constitue une originalité du programme APFT, permettra d’intervenir tant dans le secteur de la recherche (en analysant des problèmes de stress, de conflits de génération ou d’alcoolisme) que dans le secteur de la sensibilisation à l’importance du facteur humain dans les programmes de développement et de conservation.

Une écoute au partenariat pour une participation effective des populations

Les populations bénéficiaires ont assisté à l'échec de trop de projets pour ne pas être devenues méfiantes et sceptiques.
L'objectif sera donc de travailler à la création d'un réel partenariat avec les populations concernées afin de trouver avec elles et en fonction de leur connaissances ancestrales et savoir-faire traditionnels, des "solutions" viables et respectueuses de leurs coutumes, attentes et besoins. La participation directe des populations fores-tières dans le processus de développement durable et de conservation des forêts, dépendra notamment de l'exigence de cohérence de tous les acteurs impliqués dans le programme et à travers celui-ci et de l'instauration d'un réel climat de confiance réciproque, entre les différents partenaires et bénéficiaires.

Il faut se demander quelles sont les conceptions et représentations intervenant dans les activités des populations et pouvant entraver les changements; quelle est l'attitude du groupe vis-à-vis du projet de conservation?

Il serait également intéressant d'investiguer les représentations mentales des administrations nationales et des élites africaines en général car ce sont elles qui déterminent en définitive la façon dont les ressources forestières sont exploitées.

Compatibilité des motivations et des attentes en termes de sensibilisation

Analyse des problèmes de stress

Il nous faut analyser l'impact psychologique des modifications de l'écosystème, des projets en cours, de la crise économique, etc... c'est-à-dire des facteurs externes aux populations contre lesquelles elles ne peuvent rien (vécu d'impuissance) mais qui exerce une forte pression sur leur mode de vie.

Toutes ces situations anxiogènes provoquent de graves désordres sociaux auxquels nous accorderons une attention toute particulière :

Formation

Le succès de ce projet "d'auto-promotion" villageoise ne pourra être approchée qu'au prix d'un très gros travail de "sensibilisation".

Les formations qui ont été faites jusqu'alors étaient plus centrées sur l'acquisition d'un savoir-faire technique et la notion de production, que sur celle du développement au sens large. Face à l'apport extérieur, les populations ont été longtemps conditionnées à l'accueillir plutôt qu'à redouter la dépendance qu'il implique.

Des programmes généraux sur les problèmes de conservation des forêts, accompagnés de cours plus spécifiques sur l'explication des écosystèmes et du rôle des populations dans celui-ci, devraient être à notre avis introduit de façon systématique dans les écoles des pays concernés.


Adresse de contact :
Anne Delorme
APFT - Centre d'Anthropologie
Culturelle de l'ULB
tel.: 32.2.650.37.98
fax.: 32.2.650.43.37
Email: adelorme@resulb.ulb.ac.be.


5. BILAN DU STAGE DE REFLEXION ET DE FORMATION D'APFT

Afin de réunir la plupart des membres d'APFT, nous avons organisé un Stage de réflexion et de formation à Bruxelles, à l’Auberge Jean Nihon, du 23 octobre au 4 novembre 1995. Cette quinzaine qui a permis de rassembler une centaine de personnes, tant européennes que ressortissantes des pays ACP, fut pour nous l’occasion non seulement d’harmo-niser nos approches mais aussi de nous rencontrer et d’échanger nos expériences.

De nombreux exposés de haut niveau ont été donnés (en français et en anglais) sur des questions allant du paléo-environnement, de l’ethno-écologie jusqu’aux problématiques de développement et de défense des droits des populations locales. Des conférenciers extérieurs au programme APFT, tels que le Professeur Persoon du Centre of Environmental Science de l’Université de Leiden (qui depuis a rejoint le Conseil Scientifique d’APFT) et Marcus Colchester du World Rainforest Movement, nous ont présenté des problématiques intéressantes et fécondes. Des réunions au niveau des coordinations régionales d’APFT ont permis de préciser les objectifs du programme et surtout d’en établir les perspectives comparatives. La présence du représentant de la DG VIII (CE) a permis aux chercheurs APFT de dialoguer avec ce dernier et de mieux comprendre le rôle des scientifiques vis-à-vis des communautés européennes. Enfin, un stand de livres et de documentation, aimablement prêtés par les Editions Peeters (Leuven), fut installé sur place les dix premiers jours.

Compte-tenu de la diversité des origines institutionnelles des intervenants, cette session de réflexion a constitué une étape majeure du projet APFT et a permis d’organiser les activités de terrain qui ont débuté au premier trimestre 1996. Enfin, cette quinzaine qui fut utile autant sur le plan scientifique que sur la plan humain a marqué pour nous le réel démarrage de notre programme. Echanger, partager, se rencontrer autour des priorités d’APFT était essentiel pour tous afin de créer une équipe forte et assurer ainsi sa cohésion en vue d’une collaboration sincère et continue.

Les comptes-rendus des interventions ainsi que des tirés-à-part et une bibliographie de base sont disponibles à la Cellule de Coordination APFT.


Pour tout renseignement :
Contacter François Braem ou Anne Weis
tel.: 32.2.650.43.38 - fax.: 32.2.650.43.37
Email : apft@resulb.ulb.ac.be

 

6. RECENTES PUBLICATIONS DES MEMBRES
APFT SUR LES FORÊTS TROPICALES

Cette rubrique sera consacrée à la diffusion des publications récentes des membres APFT ou, éventuellement, de documents extérieurs. Elle sera ce que vous en ferez!
Envoyez-nous vos dernières créations; APFT-News sera aussi l’occasion d’échanger et d’augmenter le potentiel de recherches et d’actions.
C’est enfin un bon moyen de tenir nos collègues des pays ACP au fait des derniers courants scientifiques. Les rapports d’expertises, les communications à des colloques, les publications de vulgarisation, ainsi que les films, les émissions de télévision ou de radio, les CD-ROM peuvent être intégrés dans cette rubrique. Toutefois, dans ce cas, nous vous invitons à signaler clairement comment se les procurer.

Voici déjà quelques titres :

 

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Envoyez vos remarques à : Corinne Léger