3 numéros / an - N°1 (Mai 1996) - Projet CEE - DG VIII -
Ce premier numéro (APFT-INFO) initie une série semestrielle
dans le cadre du programme Avenir des Peuples des Forêts Tropicales
(APFT). Nous espérons, par ce biais, vous informer
sur nos activités et favoriser un échange entre les membres
de notre réseau institutionnel, tant en Europe que dans les pays
ACP.
Le prochain numéro paraîtra en septembre 1996.
Le programme "Avenir des Peuples des Forêts Tropicales" (APFT) est une initiative financée sur le budget des CE (DG VIII). Ce programme, qui a débuté en décembre 1994, est prévu pour une durée de cinq ans. Il sagit dun projet en Sciences Humaines concernant essentiellement les zones tropicales humides en Afrique équatoriale, en Amérique du Sud et dans le Pacifique. Le peu dintérêt accordé au facteur humain étant en partie à lorigine de léchec des programmes de développement et de conservation, lobjectif prioritaire dAPFT est de fournir à lUnion Européenne un outil de travail permettant daméliorer la viabilité de sa politique dans les pays ACP.
Notre projet sappuie sur une longue expérience en milieu forestier dense humide et rassemble les plus grands spécialistes des questions relatives aux peuples vivant dans ces écosystèmes. Il contribue également, dans le cadre dun partenariat étroit avec nos collègues des pays ACP, à redynamiser les recherches nationales et à favoriser des politiques locales en adéquation avec les besoins et les aspirations des populations forestières. Une quarantaine d'universités et de centres de recherche, tant européens que ressortissants des pays ACP, spécialisés dans les sciences de lHomme et de lenvironnement en milieu tropical humide, sont associés à APFT.
Le cadre du programme APFT sarticule sur quatre volets qui constituent autant daxes dintervention simultanés et complémentaires. Il sagit ainsi de :
En dehors de groupes culturels phares tels que les Pygmées ou les Pennang, peu de recherches précises ont été effectuées sur les modalités dexploitation du milieu dense humide (voir sur le site Internet APFT notre rapport DG XI (CE) de 1993: Situation des peuples des forêts denses humides/State of Indigenous Populations living in Rainforest Areas. APFT sest assigné comme tâche prioritaire de combler ces lacunes. Cette approche qui senracine dans une connaissance appro-fondie de la réalité constitue pour nous le préalable indispensable à toute intervention. Ainsi, le volet recherche APFT englobe des aspects généralement négligés non seulement en Sciences Humaines mais également en matière de développement tels que lethno-écologie, les relations ville-forêt, la démographie des sociétés fores-tières, la perspective historique ou les questions foncières. Nous envisageons également les effets de la modernité à travers des approches psychologique et "indigéniste".
Actuellement, nos recherches sont en cours dans onze pays dAfrique équatoriale, dAmérique du Sud et du Pacifique. Ces recherches qui portent essentiellement sur les modalités dexploitation du milieu sinscrivent également, pour la plupart des cas, dans des perspectives de dévelop-pement ou de conservation au niveau local. Dautres recherches et recherches-action, en synergie avec des institutions, universités et ministères nationaux, sont prévues pour lannée prochaine.
Le volet "Expertises : Appuis aux projets UE" est une des perspectives fondamentales du programme APFT. En effet, suivant son approche holistique et interdisciplinaire, notre projet espère contribuer à une meilleure compréhension des sociétés forestières. Notre souhait est que la recherche dune meilleure adéquation entre les contraintes socioculturelles et les objectifs de développement contribue à une amélioration des conditions de vie des peuples des forêts tropicales. Concrètement, le volet "expertises" dAPFT vient en appui à des projets de développement durable et de conservation de lUE à la demande de leurs promoteurs. Des experts spécialisés dans les sciences de lHomme et de lenvironnement en milieu forestier sont actuellement recensés dans une banque de données basée au centre dAnthropologie Culturelle de lULB. De plus, ce volet centralise les demandes dexpertise et orga-nise lintervention dexperts en collabo-ration étroite avec les commanditaires. Notre approche intègre également toute demande provenant dautres organismes que ceux directement financés par lUE.
Jusquà présent, les trois expertises mentionnées ci-dessous sont en cours; dautres interventions sont prévues pour les années à venir. Un appel est fait ici à tous les chercheurs APFT pour identifier, dans le cadre des sites de recherches APFT, les problèmes auxquels les communautés concernées sont confrontées et les modalités dintervention les plus adaptées afin d'orienter la politique des programmes de développement ou de conservation dont les populations locales font lobjet.
| REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE RCA | European Freelance Experts |
|
| REPUBLIQUE DU CONGO | Expert congolais, URNAH-DGRST, Brazzaville |
|
| GUYANE FRANCAISE | Expert français ORSTOM |
Stimuler la réflexion et la sensibilisation des décideurs
à une meilleure prise en compte du facteur humain
Le volet "sensibilisation" dAPFT est essentiellement consacré à promouvoir une meilleure prise en considération du facteur humain dans les programmes de développement et de conservation. Cette action est orientée vers différents agents, en partant des décideurs jusquaux autorités locales, et en passant par les ministères nationaux. Ce volet concerne également les chercheurs APFT eux-mêmes de façon à les aider à se départir dun certain académisme qui entrave le dialogue et le transfert dinformations tant vis-à-vis des décideurs que des populations locales elles-mêmes.
Actuellement, ce volet est couvert par une action relativement informelle mais nécessaire vis-à-vis des institutions euro-péennes à Bruxelles et en poste dans les pays daccueil dAPFT, des différents organes de recherche et de développement, ainsi que de nos partenaires locaux au niveau des institutions de tutelle. Une brochure de présentation du programme est distribuée à tous les membres du réseau institutionnel APFT ainsi quà tous les organismes susceptibles dêtre intéressés par notre approche. Enfin, une section "indigéniste", basée à lULB, assure le contact entre APFT et les organismes indigénistes intervenant dans le cadre des sites de recherches APFT.
Le quatrième et dernier volet dAPFT concerne la constitution dune Banque de données en Sciences de lHomme et de lenvironnement en milieux tropicaux humides. Essentiellement destiné au bailleur de fonds, cet outil de travail permettra à ce dernier davoir efficacement accès à une série dinformations permettant de mieux prendre le facteur humain en considération (voir article ci-après dans ce premier numéro d'(APFT-INFO).
La Cellule de Coordination dAPFT est localisée au Centre dAnthropologie Culturelle de lULB, à Bruxelles où toutes les questions relatives à la gestion adminis-trative, comptable et logistique du pro-gramme peuvent être adressées. Par ailleurs, APFT comporte une Direction Scientifique basée au Laboratoire de Langues et de Civilisations à Traditions Orales (LACITO) du CNRS, à Paris. La coordination des actions régionales est assurée, pour lAfrique, par lULB et le LACITO; pour lAmérique du Sud, par lORSTOM et lUniversity of Kent à Canterbury; et pour le Pacifique, par lUniversity of Kent à Canterbury et lORSTOM. Les représentants du programme APFT se réunissent régulière-ment au sein dun Conseil de Gestion et dun Conseil Scientifique qui statuent sur les orientations à prendre en concertation avec nos partenaires.
Membres du Consortium APFT : Université Libre de Bruxelles, Faculté Agronomique de Gembloux (B), Lacito-CNRS, ORSTOM (F), University of Kent at Canterbury (UK).
Membres du Réseau APFT
: Université de Yaoundé, Institut Catholique de Yaoundé
(Cameroun), Université Marien Ngouabi, Brazzaville (Congo), Institut
für Ur-und Früh-geschichte, Eberhard Karls Universität, Tübingen,
Forschungstelle für Humanethologie, Max Planck Institut, Andechs-Erling
(D), Institute of Anthro-pology, Kobenhavns Universitet (DK), Departament
d'Anthropologia Social i Historia, Universitat de Barcelona (E), Université
de Montpellier (F), University of the South Pacific (Fidji), Université
Omar Bongo, Libreville (Gabon), Department of Social Anthropology, University
of Manchester, Durrell Institut of Conservation and Ecology, Canterbury,
Department of Human Sciences, Brunel University (GB), Department of Social
Anthropology, University of the Aegean (GR), Sociaal-Culturele Wetenschappen,
Univer-siteit van Amsterdam, Université de Leiden, Université
d'Utrecht (NL), Departamento de Antropologia, Uni-versidade de Coimbra (P),
Sub-department of African and Comparative Archaeology, Uppsala University
(S), Université de Kinshasa (Zaïre).
Depuis avril 1995, une équipe danthropologues-informaticiens basée à lUniversité de Kent à Canterbury, en Angleterre, élabore une Banque de données pour APFT. Michael Fischer, Oliver Kortendick et David Zeitlyn ont innové un programme spécifique répondant aux besoins de notre projet. Cette Banque de données, dont le modèle informatique contribue à loriginalité dAPFT, est essentiellement destinée à notre bailleur de fonds; notre intention étant de lui faciliter laccès aux informations sur les peuples des forêts tropicales. Notre Banque de données est également destinée aux chercheurs APFT de par le monde, afin de faciliter la circulation des données et de promouvoir des recherches et des recher-ches-actions plus performantes. Ainsi, cet outil de travail sera particulièrement précieux pour nos collègues du Sud qui mènent généralement leurs activités dans des conditions très difficiles et qui ne disposent plus de moyens pour être au fait de lactualité scientifique.
La Banque de données APFT sert actuellement de référence pour les recherches en cours et a été citée dernièrement comme étant le meilleur site sur lenvironnement par le "Directory of best environmental directories" de lULB (CEESE). Ces dernières années, beaucoup de programmes de recherches ont essayé dutiliser des systèmes darchivage de données centralisées sur ordinateur afin datteindre un fonctionnement sûr, rapide et efficace. Beaucoup ont échoué pour de multiples raisons, les plus importantes étant: une mauvaise conception, un manque de planification, le peu de souplesse des modèles informatiques et lincapacité des chercheurs à accéder aux données. Les informaticiens APFT de lUniversité de Kent à Canterbury ont étudié une série de modèles darchivage de données pour finalement adopter un serveur qui stocke ces dernières. Ceci est possible en utilisant le réseau Internet World Wide Web qui facilite le tranfert, la récupération et le transport dune gamme dinformations beaucoup plus large et fiable que celle que les chercheurs utilisent habituellement.
La Banque de données APFT est hébergée par le "Centre for Social Anthro-pology and Computing" (CSAC) de lUniversité de Kent à Canterbury qui met à sa disposition la plus grande partie du matériel informatique utilisé par APFT.
La gamme dinformations pouvant être utilisées dans notre Banque de données est très large; elle permettra datteindre les objectifs de recherches dAPFT en facilitant la perspective comparative (entre sites de recherches APFT), lidentification de critères pertinents et spécifiques au milieu forestier ainsi que l'enregistrement des recherches et des ressources APFT.
L'encodage est actuellement en cours. La Banque de données APFT couvrira notamment les données suivantes :
L'utilisation et l'apport d'informa-tions peuvent se faire de plusieurs façons :
Quand un membre envoie un message électronique à la liste, celui-ci est envoyé à tous les autres membres du groupe. La messagerie est utile pour commenter les travaux en cours, guider les gens vers les informations im-portantes, fournir de l'aide pour une recher-che (comme par exemple des références bibliographiques), ou pour localiser des individus. Pour être inscrit sur la liste, il faut envoyer à "list-manager@ukc.ac.uk" (adresse Email) le message suivant "subs-cribe apft-list" suivi de votre propre adresse. Dès lors, l'accès à cette liste étant réservé aux membres d'APFT, tout envoi à la liste (Email: apft-list@ukc.ac.uk") sera automatiquement redistribué à tous les autres y figurant. N'oubliez pas d'ouvrir votre boîte Email !
Le prin- cipal moyen d'accéder à la Banque de données
est via Internet, concrètement World Wide Web (WWW). Vous pouvez
utiliser le programme Netscape 2.0, probablement là
où vous êtes. Si vous ne pouvez pas vous le procurer, envoyez
un courrier normal à : Dr Oliver Kortendick, APFT Databank, Centre
for Social Anthropology and Computing, Eliot College, University of Kent,
Canterbury CT2 7NS, UK ou envoyez votre demande et votre adresse postale
à "O.W.Kortendick@ukc.ac.uk".
L'adresse de la Banque de données est http://lucy.ukc.ac.uk/Rainforest/.
Elle vous met en contact avec la section publique de la Banque de données.
Chaque section de cette banque se présente comme un menu ou un document.
Des rubriques du menu permettent de changer de section. Dans le menu une
option permet d'entrer dans la section privée ("Private APFT
information"), après avoir donné son nom et le mot de
passe. Le nom général d'utilisateur et le mot de passe pour
le projet peuvent être obtenus dans tous les sites APFT, ou en écrivant
à l'adresse du CSAC reprise ci-dessus. Certaines informations ne
seront accessibles qu'à des petits sous-groupes du projet. On peut
appartenir à plusieurs de ces petits groupes. Si vous demandez un
nom et un mot de passe individuels, vous pouvez les em-ployer pour tous
les groupes dont vous êtes membre, y compris le groupe général
APFT. Il faut notifier au Dr Kortendick que vous vous joignez à un
nouveau groupe afin qu'il puisse l'officialiser après consultation
du chef de groupe. C'est lui aussi qui vous donnera un nouveau mot de passe
si vous avez oublié le premier.
Nous espérons avoir bientôt accès à toute la
Banque de données via l'Email. Ceci permettra d'accéder à
son contenu là où les connexions Internet sont pauvres mais
où l'Email est disponible. Comme la Banque de données est
amenée à croître au fur et à mesure de la progression
du projet, nous espérons en stocker le contenu sur CD-ROM qui pourront
être utilisés là où il y a des ordinateurs mais
pas de ligne Email.
Si lutilisation de notre Banque de données vous pose problème,
adressez-vous à dautres membres dAPFT ou contactez Michael
Fischer, Oliver Korten-dick ou David Zeitlyn au "Centre for Social
Anthropology and Computing" (CSAC) de lUniversité de Kent
à Canterbury (Tel.: 44.1227.76.4000/Fa.: 44.1227.47.5471/ Email :
CSA-C@ukc.ac.uk. ou m.d.fischer @ukc.ac.uk).
Les membres dAPFT sont invités à envoyer leur bibliographie
(sur disquette) ou toute autre information leur paraissant importante à
intégrer dans la Banque de données. Nhésitez
pas non plus à faire des commentaires, cela permettra à nos
informa-ticiens davoir un retour et éventuellement daffiner
leur programme suivant vos besoins. Lapport dinformations peut
se faire par Email ou par courrier postal (disquette). A bientôt sur
la ligne !
Une des originalités du programme APFT est détendre son approche aux villes qui exploitent directement les forêts tropicales et surtout aux réseaux déchange entre les centres urbains/semi-urbains et les campagnes. Le thème de linterface ville-forêt est généralement peu étudié alors quil sagit dune dimension importante pour comprendre limpact des économies locales sur les écosystèmes forestiers, dautant plus que la moitié de la population en Afrique centrale vit en ville.
Faisant suite à une étude de faisabilité sur cette problématique (voir notre rapport DG XI (CE) : City Dwellers and the Central African Tropical Forest : Resource Use and Perceptions, 1994), le Centre dAnthropologie Culturelle de lULB assure aujourdhui, dans le cadre dAPFT, la coordination des études sur les relations ville-forêt. En collaboration étroite avec des chercheurs camerounais, gabonais et zaïrois, nous avons lancé des recherches sur des thèmes comme lénergie-bois, le commerce du gibier, les produits non ligneux et la perception que les urbains se font de la forêt. Le recours à un programme de télédétection pour identifier le contact ville-forêt en collaboration avec le Dépar-tement de Géographie de lULB est envisagé.
Diverses universités et centres de recherche nationaux mènent actuellement des recherches de pointe sur la question. Il sagit essentiellement de lUniversité Omar Bongo au Gabon, avec léquipe du Professeur Bridon; lUniversité de Yaoundé I et lInstitut Catholique de Yaoundé, avec Adrienne Zamdjio, Louis Defo et Kory Baillon; et de lUniversité de Kinshasa (Professeur Lapika Dimomfu, Prof. Miti Tsela et Kiyulu NYanga-Nzu) en collaboration avec le CATEB (Centre dAdaptation des Techniques Energie-Bois) rattaché au Ministère zaïrois de lEnvironnement, avec Djengo Bosulu et Kibala Lemende.
Cette approche sera éventuellement étendue par la suite, dans une perspective comparative, à d'autres pays d'Afrique centrale ainsi qu'à la zone Pacifique, ce qui procurera à notre programme des données originales et conduira certainement à des recommandations novatrices en ce qui concerne l'emploi des ressources forestières autour des villes.
L'avenir des forêts tropicales et des peuples forestiers se joue essentiellement en ville. Les populations citadines, de plus en plus importantes démographiquement, emploient les produits forestiers d'une manière peu compatible avec une politique de développement durable. Ceci est vrai aussi bien pour les couches populaires que pour les élites. La crise se traduit par une accélération du déboisement et la disparition des espèces, et risque d'avoir un impact négatif sur les relations entre peuples forestiers et leur environnement - les répercussions socio-économiques qui en découlent peuvent être dramatiques.
Outre les recherches théoriques et la création d'un réseau de chercheurs dans le domaine de l'interface ville-forêt, des actions concrètes sont mises en route en Afrique centrale. Les aspects socio-économiques et anthropologiques nécessi-tent une attention particulière. Dans un premier temps, les actions seront les suivantes :
Actions anthropologiques : les enquêtes doivent être menées afin de savoir comment les citadins perçoivent:
Par la suite, il faudra formuler et tester les recommandations répondant aux interrogations suivantes :
Le programme APFT intègre la modernité et les changements sociaux dans son approche. Lintervention de psycholo-gues de lULB spécialisés dans les questions de développement dans les pays ACP, coordonnée par Anne Delorme et encadrée par le Professeur Mukuna du Service de Psychologie Sociale de lULB, introduit dans APFT une perspective nouvelle en termes de recherches, de recherches-action et de sensibilisation. Ce volet qui, au même titre que linterface ville-forêt, constitue une originalité du programme APFT, permettra dintervenir tant dans le secteur de la recherche (en analysant des problèmes de stress, de conflits de génération ou dalcoolisme) que dans le secteur de la sensibilisation à limportance du facteur humain dans les programmes de développement et de conservation.
Les populations bénéficiaires ont assisté à
l'échec de trop de projets pour ne pas être devenues méfiantes
et sceptiques.
L'objectif sera donc de travailler à la création d'un réel
partenariat avec les populations concernées afin de trouver avec
elles et en fonction de leur connaissances ancestrales et savoir-faire traditionnels,
des "solutions" viables et respectueuses de leurs coutumes, attentes
et besoins. La participation directe des populations fores-tières
dans le processus de développement durable et de conservation des
forêts, dépendra notamment de l'exigence de cohérence
de tous les acteurs impliqués dans le programme et à travers
celui-ci et de l'instauration d'un réel climat de confiance réciproque,
entre les différents partenaires et bénéficiaires.
Il faut se demander quelles sont les conceptions et représentations intervenant dans les activités des populations et pouvant entraver les changements; quelle est l'attitude du groupe vis-à-vis du projet de conservation?
Il serait également intéressant d'investiguer les représentations mentales des administrations nationales et des élites africaines en général car ce sont elles qui déterminent en définitive la façon dont les ressources forestières sont exploitées.
Il nous faut analyser l'impact psychologique des modifications de l'écosystème, des projets en cours, de la crise économique, etc... c'est-à-dire des facteurs externes aux populations contre lesquelles elles ne peuvent rien (vécu d'impuissance) mais qui exerce une forte pression sur leur mode de vie.
Toutes ces situations anxiogènes provoquent de graves désordres sociaux auxquels nous accorderons une attention toute particulière :
Le succès de ce projet "d'auto-promotion" villageoise ne pourra être approchée qu'au prix d'un très gros travail de "sensibilisation".
Les formations qui ont été faites jusqu'alors étaient plus centrées sur l'acquisition d'un savoir-faire technique et la notion de production, que sur celle du développement au sens large. Face à l'apport extérieur, les populations ont été longtemps conditionnées à l'accueillir plutôt qu'à redouter la dépendance qu'il implique.
Des programmes généraux sur les problèmes de conservation des forêts, accompagnés de cours plus spécifiques sur l'explication des écosystèmes et du rôle des populations dans celui-ci, devraient être à notre avis introduit de façon systématique dans les écoles des pays concernés.
Afin de réunir la plupart des membres d'APFT, nous avons organisé un Stage de réflexion et de formation à Bruxelles, à lAuberge Jean Nihon, du 23 octobre au 4 novembre 1995. Cette quinzaine qui a permis de rassembler une centaine de personnes, tant européennes que ressortissantes des pays ACP, fut pour nous loccasion non seulement dharmo-niser nos approches mais aussi de nous rencontrer et déchanger nos expériences.
De nombreux exposés de haut niveau ont été donnés (en français et en anglais) sur des questions allant du paléo-environnement, de lethno-écologie jusquaux problématiques de développement et de défense des droits des populations locales. Des conférenciers extérieurs au programme APFT, tels que le Professeur Persoon du Centre of Environmental Science de lUniversité de Leiden (qui depuis a rejoint le Conseil Scientifique dAPFT) et Marcus Colchester du World Rainforest Movement, nous ont présenté des problématiques intéressantes et fécondes. Des réunions au niveau des coordinations régionales dAPFT ont permis de préciser les objectifs du programme et surtout den établir les perspectives comparatives. La présence du représentant de la DG VIII (CE) a permis aux chercheurs APFT de dialoguer avec ce dernier et de mieux comprendre le rôle des scientifiques vis-à-vis des communautés européennes. Enfin, un stand de livres et de documentation, aimablement prêtés par les Editions Peeters (Leuven), fut installé sur place les dix premiers jours.
Compte-tenu de la diversité des origines institutionnelles des intervenants, cette session de réflexion a constitué une étape majeure du projet APFT et a permis dorganiser les activités de terrain qui ont débuté au premier trimestre 1996. Enfin, cette quinzaine qui fut utile autant sur le plan scientifique que sur la plan humain a marqué pour nous le réel démarrage de notre programme. Echanger, partager, se rencontrer autour des priorités dAPFT était essentiel pour tous afin de créer une équipe forte et assurer ainsi sa cohésion en vue dune collaboration sincère et continue.
Les comptes-rendus des interventions ainsi que des tirés-à-part et une bibliographie de base sont disponibles à la Cellule de Coordination APFT.
Cette rubrique sera consacrée à la diffusion des publications
récentes des membres APFT ou, éventuellement, de documents
extérieurs. Elle sera ce que vous en ferez!
Envoyez-nous vos dernières créations; APFT-News sera
aussi loccasion déchanger et daugmenter le potentiel
de recherches et dactions.
Cest enfin un bon moyen de tenir nos collègues des pays ACP
au fait des derniers courants scientifiques. Les rapports dexpertises,
les communications à des colloques, les publications de vulgarisation,
ainsi que les films, les émissions de télévision ou
de radio, les CD-ROM peuvent être intégrés dans cette
rubrique. Toutefois, dans ce cas, nous vous invitons à signaler clairement
comment se les procurer.
Voici déjà quelques titres :
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