Les divers acteurs qui interviennent dans les réactions primaires de la photosynthèse sont des assemblages moléculaires complexes, ancrés dans la membrane des thylakoïdes qui délimite le compartiment interne ou lumen (partie inférieure de la figure ci-contre) et l'isole du stroma (partie supérieure de la figure). Ces assemblages moléculaires sont, de gauche à droite :
- le photosystème II,
- le complexe cytochrome b6f,
- le photosystème I,
- l'ATP-synthase.
La détermination de l'architecture moléculaire tridimensionnelle des photosystèmes par Deisenhofer, Huber et Michel a permis de progresser dans la compréhension des mécanismes de capture de la lumière au niveau de ces complexes protéines/pigments.
Sous l'effet de la lumière, l'excitation des électrons du photosystème crée rapidement (soit en moins de 20 nanosecondes) une différence de potentiel électrique d'environ 100mV. La polarité positive se situe à l'intérieur du thylakoïde. Le déplacement des électrons de molécule à molécule, le long d'une «chaîne de transfert d'électrons», s'accompagne d'une accumulation de protons (H+) dans le lumen du thylakoïde - c'est-à-dire d'une acidification de ce compartiment. Il s'établit alors une différence de pH de 3 unités de part et d'autre de la membrane thylakoïdienne (pH 5 dans le lumen, pH 8 dans le stroma). Cette différence de pH est utilisée pour la synthèse d'ATP (théorie chimiosmotique de Mitchell) au niveau de l'ATP-synthase, par un mécanisme élucidé par Boyer et Walker.
Sous l'influence de la différence de potentiel électrique se produisent des mouvements d'ions au travers de la membrane thylakoïdienne, qui correspondent globalement à des efflux de cations et/ou des influx d'anions. Ces flux d'ions se produisent au travers de protéines dont la structure permet de créer transitoirement, au sein de la membrane hydrophobe, une « voie de passage » hydrophile. Ils ont pour effet de court-circuiter la majeure partie de la différence de potentiel électrique, qui atteint alors un état stationnaire de -10 à -30mV endéans les 30 secondes.
La différence de potentiel électrique au travers de la membrane thylakoïdienne subit donc une régulation par les flux d'ions qui traversent cette membrane. Cette étape est indispensable au déroulement optimal des différentes étapes de la photosynthèse, puisque le maintien d'une différence de potentiel électrique élevée ralentit le transfert d'électrons, et donc réduit la production d'énergie et la fixation de dioxyde de carbone.
Les réactions secondaires de la photosynthèse, ou Cycle de Calvin
Le Cycle de Calvin, qui représente la succession des réactions chimiques impliquées dans l'assimilation du dioxyde de carbone dans les sucres, est un mécanisme cyclique dont la mise en évidence repose sur des méthodes d'analyse chromatographique et sur un procédé permettant de «marquer» des molécules organiques par l'isotope carbone 14.