Solution saturée

la solubilité de diverses substances dans l'eau est très variable et, en tous cas, limitée. Ainsi, on peut dissoudre plus de sel de cuisine que de sucre dans l'eau. Si l'on verse des cristaux de sel de cuisine dans de l'eau, il se forme d'abord une solution, à savoir un liquide homogène et limpide. Lorsqu'on ajoute plus de 360g de sel par litre d'eau à température ambiante, la solution n'est plus capable de dissoudre tout le sel : la solution est dite saturée et l'excédent de sel reste à l'état solide dans le fond du récipient. En filtrant cet ensemble au travers d'un papier filtre, on obtient, d'une part, la solution saturée parfaitement limpide et, d'autre part, le résidu de sel solide retenu sur le filtre. La solubilité du sel, c'est à dire la quantité de sel à dissoudre qui conduit à une solution saturée, dépend généralement de la température. Ainsi, on peut dissoudre jusqu'à 400g de sel de cuisine dans de l'eau aux environs de 100°C avant d'atteindre la saturation. Si on laisse refroidir une telle solution bien filtrée, normalement du sel solide va progressivement précipiter sous forme de cristaux à mesure que la solubilité du sel diminue avec la température. Cependant, cette cristallisation nécessite généralement la présence de germes permettant la fixation et la croissance des cristaux. Ces germes peuvent être fournis par des poussières microscopiques ou des solides en contact avec le liquide (le récipient par exemple). En l'absence de tout germe efficace pour démarrer la cristallisation, on obtiendra une solution sursaturée qui constitue une situation d'équilibre instable : celle-ci peut se maintenir tant qu'une perturbation ne vient pas initier un début de cristallisation. C'est le principe de l'expérience décrite ici.