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L'énergie dans l'écosystème
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Par Pierre Meerts,
Laboratoire de Génétique et Ecologie végétales Faculté des Sciences INFORSCIENCES Réagissez ! |
Un écosystème comprend généralement trois groupes fonctionnels d'organismes vivants : des producteurs (les plantes), des consommateurs (animaux herbivores et animaux carnivores) et des décomposeurs (champignons et bactéries du sol). Dans cet article, on se penche d'abord sur les transferts d'énergie entre ces différents groupes fonctionnels. Ensuite, on s'intéresse plus particulièrement aux plantes. On montre que l'architecture des plantes est soumise à des contraintes liées à leur fonction de « panneaux solaires ». Enfin, on examine brièvement quelques adaptations des plantes à deux types d'habitats offrant des contraintes diamétralement opposées du point de vue de l'équilibre thermique : les climats très ensoleillés et les climats froids
I. Les écosystèmes, convertisseurs d'énergie : Trois formes d'énergie entrent en jeu dans le fonctionnement d'un écosystème :
La conversion de l'énergie lumineuse en énergie chimique a lieu dans les plantes : c'est la photosynthèse. La conversion de l'énergie chimique en chaleur (par oxydation du glucose) a lieu dans les plantes, les animaux et les microorganismes : c'est la respiration. L'analyse du bilan énergétique des écosystèmes est fondée sur les deux premiers principes de la thermodynamique. Le premier principe stipule que l'énergie entrant dans un écosystème est entièrement conservée au cours de son transfert dans les différents compartiments de l'écosystème. Le second principe se manifeste en écologie par le fait que la conversion de l'énergie lumineuse en énergie chimique par la photosynthèse et la récupération de l'énergie chimique contenue dans le glucose par la respiration ne se font pas avec une efficacité de 100 % : des pertes se produisent, sous forme de chaleur. |
| Exemple : dans un écosystème forestier comme la forêt de Soignes, PN1 représente 15 tonnes de matière organique végétale par hectare et par an. Sachant que 1 g de matière organique végétale équivaut à environ 20 kJ, on trouve que la production primaire nette de la forêt de Soignes vaut environ 3 x 108 kJ. |
I.1. Conversion de la lumière en énergie chimique par les plante Les plantes reçoivent de l'énergie sous forme de rayonnement électromagnétique de courte longueur d'onde (lumière). La photosynthèse convertit une partie de cette énergie en énergie chimique, c'est-à-dire en énergie de liaison entre atomes dans la molécule de glucose. Cette quantité d'énergie fixée par l'écosystème est la production primaire brute (PB1). Une partie de cette production brute est brûlée par la respiration des plantes (R1), qui libère de la chaleur. La partie qui n'est pas respirée est la production primaire nette (PN1). On a donc : PN1 = PB1 - R1PN1 est utilisée pour la croissance des plantes (incrément T1), la production de litières de feuilles mortes (L1) et l'alimentation des herbivores (C1). On a donc: PN1 = T1 + L1 + C1 |
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I.2. Transferts d'énergie dans les chaînes trophiques Les animaux herbivores consomment une partie C1 de PN1. Cette énergie se partage en quatre postes :
Le même raisonnement s'applique aux carnivores (postes T3, R3, C3, L3). Il n'y a pas de poste C3 si les carnivores ne sont pas mangés par des prédateurs. Les déchets et cadavres produits par chaque niveau trophique (L1 + L2 + L3) alimentent les organismes du sol, principalement des bactéries et des champignons. Cette énergie se partage en trois postes :
I.3. Bilan d'énergie de l'écosystème
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