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La fusion nucléaire contrôlée : |
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Par Daniele Carati.
Unité de Physique Statistique et Plasmas Faculté des Sciences INFORSCIENCES Réagissez ! |
La fusion nucléaire : la source d'énergie des étoiles La fusion nucléaire constitue le mécanisme à l'origine du rayonnement des étoiles et en particulier du Soleil. En effet, au sein des étoiles, les noyaux légers fusionnent et produisent des noyaux plus lourds. Au cours de cette réaction de fusion, la masse du noyau produit est inférieure à la somme des masses des noyaux légers d'origine. La différence de masse, en vertu de la célèbre relation d'Einstein, E=mc2, est alors convertie en énergie. On estime ainsi que, dans le Soleil, pas loin de 600 millions de tonnes d'hydrogène sont transformés en 596 millions de tonnes d'hélium chaque seconde. La différence est alors convertie en énergie et est à l'origine de la chaleur et de la lumière que nous recevons. Comment domestiquer la fusion nucléaire ? Produire sur Terre des conditions propices à la réalisation des réactions de fusion constitua rapidement un objectif important de recherche, compte tenu de l'immense potentiel énergétique de ce phénomène et de la très grande abondance de l'hydrogène. La bombe à hydrogène constitua la première 'réussite' dans ce domaine. Dans cette application militaire, les conditions extrêmes de température et de pression sont obtenues grâce à une amorce constituée d'une bombe atomique de fission. Heureusement, l'essentiel des recherches actuelles suit une approche plus pacifique, qui a pour but de contrôler les réactions de fusion et de domestiquer l'énergie de fusion. La fusion nucléaire contrôlée consiste ainsi à tenter de reproduire sur Terre des conditions permettant d'exploiter de manière industrielle cette source d'énergie. |
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Dans les conditions de température nécessaires pour obtenir la fusion nucléaire, soit plusieurs millions de degrés, les atomes sont alors séparés en leurs constituants fondamentaux - électrons et noyaux chargés positivement - et forment un gaz chaud appelé "plasma". Ces températures excluent l'utilisation d'un récipient pour maintenir le plasma dans un espace suffisamment petit pour qu'un nombre important de collisions entre noyaux légers donne lieu à des réactions de fusion. La solution la plus souvent retenue consiste alors à soumettre le plasma à un champ magnétique intense de géométrie toroïdale (voir ci-contre). Les particules chargées composant le plasma suivent alors approximativement le champ magnétique et ne peuvent explorer qu'une partie limitée de l'espace. Ceci favorise les collisions entre les noyaux légers tout en limitant le contact entre le plasma et les parois du réacteur. Cette technique est appelée le confinement magnétique du plasma. Les réacteurs de fusion basés sur cette approche sont connus sous le nom de tokamak et apparaissent aujourd'hui comme les plus prometteurs. |
Cliquez sur l'image pour l'agrandir ![]() Vue intérieure du plus grand tokamak européen, le JET (Joint European Torus), situé à Oxfordshire au "Culham Science Centre". La hauteur de l'enceinte intérieure est de 4.2 m. (photograph courtesy of EFDA-JET). Cliquez sur l'image pour l'agrandir ![]() Vue extérieure du JET (photograph courtesy of EFDA-JET). |
Les chercheurs se sont également rendu compte que les probabilités de réaction de fusion entre noyaux d'hydrogène étaient bien trop faibles pour envisager l'exploitation industrielle de phénomènes identiques à ceux qui se produisent au coeur du Soleil. Par contre, d'autres réactions, basées sur le même principe de fusion de noyaux légers, sont moins difficiles à réaliser. Ainsi, la réaction qui semble la plus favorable dans les tokamaks serait la fusion d'un noyau de deutérium et d'un noyau de tritium. Le deutérium et le tritium sont deux isotopes de l'hydrogène, c'est-à-dire des éléments dont les noyaux des atomes contiennent le même nombre de protons que l'hydrogène (un seul) mais pas le même nombre de neutrons (un pour le deutérium et deux pour le tritium au lieu de zéro pour l'hydrogène). Le résultat de cette réaction est un noyau d'hélium et un neutron. La fusion : les avantages du nucléaire sans ses inconvénients La fusion présente trois avantages majeurs. D'abord, elle utilise comme combustible le deutérium dont les réserves terrestres sont quasiment inépuisables et le tritium relativement facile à produire ; son exploitation industrielle permettrait donc de résoudre, pour de nombreux millénaires, les problèmes liés à notre approvisionnement énergétique. En effet, les chiffres sont éloquents : l'exploitation d'une centrale électrique de 1000 MW basée sur la combustion du charbon nécessite de brûler pas loin de 3 millions de tonnes de charbon par an. A même puissance, une centrale fonctionnant sur le principe de la fusion nucléaire ne consommerait qu'un quart de tonne d'un mélange basé pour moitié de deutérium et pour moitié de tritium. Alors que les effets liés à la combustion de combustibles fossiles (charbon et pétrole par exemple) risquent d'altérer à long terme nos conditions de vie, le développement d'une source d'énergie ne produisant aucun gaz à effet de serre rencontre évidemment un intérêt grandissant. |
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A quand la fusion ? Alors que les avantages liés à l'exploitation industrielle de la fusion nucléaire sont clairs tant du point de vue environnemental que stratégique (les combustibles sont en effet accessibles à tous et en quantité quasiment inépuisable), il semble naturel de s'interroger sur les raisons qui font que cette source d'énergie n'est pas encore exploitée aujourd'hui. Les raisons sont multiples. |
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La recherche en fusion : un programme européen auquel participe l'ULB Les recherches effectuées dans le cadre de la fusion contrôlée ont notamment pour tâche de décrire le comportement collectif des électrons et des noyaux chargés positivement qui constituent les plasmas lorsque ceux-ci sont soumis à de forts champs magnétiques. Des phénomènes complexes de transport de matière et d'énergie se produisent alors au sein du plasma. D'une part, les collisions ont tendance à faire dévier les constituants du plasma des trajectoires que l'on tente de leur imposer (le long du champ magnétique). D'autre part, les conditions extrêmes nécessaires pour obtenir la fusion contrôlée engendrent de nombreuses instabilités menant à un état turbulent du plasma. Le plasma est alors dans un état apparemment chaotique difficile à décrire et à modéliser. La dispersion du plasma qui accompagne cet état turbulent limite le temps de confinement et, par conséquent, les performances des réacteurs. La richesse et la complexité des phénomènes physiques rencontrés au sein des plasmas ont motivé une recherche active à l'ULB depuis les années soixante. |
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