Biodiversité
Richesse
spécifique en région néotropicale | Etudes
taxonomiques | Phylogénie
Richesse
spécifique des termites et fourmis du sol et de la
canopée en région néotropicale

De
nombreuses
espèces de termites vivent dans le sol, où elles se
nourrissent
d'humus
La faune du sol
et de la litière forestière
joue un rôle fondamental dans le fonctionnement des
écosystèmes.
Parmi les groupes d'insectes les plus abondants dans cette faune
figurent
les termites et les fourmis. Les premiers sont essentiellement des
décomposeurs,
les secondes des prédateurs. Ces deux groupes sont de plus en
plus
souvent reconnus comme de bons indicateurs de la condition d'un milieu.
En collaboration avec l'Institut
Royal des Sciences Naturelles de Belgique (Dr M. Leponce), nous
avons
entamé une étude combinée de la
biodiversité
de ces deux groupes en Amérique (sub)tropicale en vue des
objectifs
suivants:
- Mise au point de méthodes
standard
(protocoles d'échantillonnage, gestion et analyse des
données)
permettant de comparer la biodiversité de sites distincts par
leur
position géographique (latitude, altitude), leurs conditions
climatiques,
leur végétation, leur histoire biogéographique
(isolement,
fragmentation), leur degré de perturbation par l'homme, etc.
- Estimation de la richesse
spécifique
des termites et fourmis du sol et de la litière
forestière
dans les régions subtropicales et les zones de transition vers
les
forêts équatoriales en Amérique du Sud.
La
richesse spécifique d'un milieu peut être estimée
par
extrapolation de courbes d'accumulation d'espèces (nombre
d'espèces
répertoriées en fonction de l'effort
d'échantillonnage).
Différents modèles théoriques peuvent cependant
conduire
à des extrapolations très divergentes
Ces recherches font l'objet de campagnes de
récolte
communes, notamment dans les parcs nationaux du nord de l'Argentine
(Iguazú,
Chaco, Rio Pilcomayo). Les fourmis sont traitées
préférentiellement
à l'IRSNB, les termites dans notre laboratoire.
Deux
types de milieux dans le parc national Rio Pilcomayo (Argentine): au
premier
plan le pastizal, sorte de savane arborée; au second
plan
le monte fuerte, zone densément boisée
<>
L'accès
à la canopée est difficile. L'aide de grimpeurs
professionnels est souvent indispensable (à gauche - Panama
2003) - Des
termites arboricoles, comme ici Nasutitermes
nigriceps, font leur nid
dans la canopée (au centre - Panama 2004) - L'arboglisseur est
un double ballon (hélium /
air chaud) spécialement conçu pour permettre
aux chercheurs d'échantillonner la canopée (à
droite - Vanuatu 2006)
>
<>>
<>
>
<>Notre part du
travail porte ici encore sur les
termites et les fourmis. D'autres entomologistes travaillent sur un
large éventail d'autres insectes, notamment divers groupes de
Coléoptères, Hyménoptères,
Orthoptères, etc., dans la même optique.>
<>>
<>Après avoir travaillé au Panama en
2003-2004, nous avons récemment participé à des
missions en Australie et au Vanuatu, où nous nous sommes
intéressés à la distribution altitudinale de ces
insectes. En effet, celle-ci est fortement susceptible d'être
influencée par les changement climatiques au cours des
prochaines années.>
Etudes
taxonomiques de termites et termitophiles
L'ordre des Isoptera ou termites comprend plus
de 2.600 espèces décrites. De nombreuses espèces
sont
cependant encore inconnues. De plus, beaucoup d'espèces
hébergent
des termitophiles, insectes vivant en étroite association avec
les
termites à l'intérieur de leurs nids. Nos efforts se
focalisent
sur deux grandes régions, la Nouvelle-Guinée et
l'Amérique
tropicale.
- L'étude que nous avons
entreprise sur
la faune de termites de Nouvelle-Guinée depuis plusieurs
années
vise à être aussi exhaustive que possible. Nous avons pu
réunir
une collection de près de 2.000 échantillons de colonies
et de nombreux termitophiles. Nous estimons qu'environ 75
espèces
de termites se rencontrent en Nouvelle-Guinée, dont plus de la
moitié
n'étaient pas encore décrites au début de nos
travaux.
Les termitophiles, pour leur part, sont presque tous nouveaux. Ces
études
ont déjà donné lieu à plusieurs
publications.

A
gauche:
Soldat d'une nouvelle espèce de Termitogeton
récemment
découverte en Nouvelle-Guinée occidentale. Ce genre
n'était
auparavant connu que de Sri Lanka et de Malaisie
A droite:
Coptophysella pulposa est un staphylin termitophile que nous avons
décrit
de Papouasie-Nouvelle-Guinée en 1990. Comme beaucoup d'autres
termitophiles,
cette espèce présente un grand développement de
tissus
glandulaires qui vraisemblablement lui
permettent
de se faire tolérer parmi ses hôtes.
- Nos travaux taxonomiques sur la
faune
néotropicale
comprennent deux volets. D'une part, nous poursuivons en collaboration
avec des collègues de l'Université de Floride à
Fort
Lauderdale (Prof. R.H. Scheffrahn, Dr J. Krecek, IFAS)
la réalisation d'un inventaire des termites des Antilles.
D'autre
part, l'analyse des échantillons récoltés lors des
relevés de biodiversité nécessite en premier lieu
le tri des termites récoltés selon les espèces, et
si possible, l'identification de celles-ci. Beaucoup d'espèces
étant
nouvelles, nous établissons des bases de données (fiches
d'identification) afin de permettre une classification provisoire des
échantillons.
Phylogénie
Nos études phylogénétiques
poursuivent deux objectifs, l'un en relation avec la
biogéographie,
l'autre avec l'évolution de l'organisation sociale.
- Le genre Nasutitermes est
l'un
des
plus communs et des plus largement répandus dans les
régions
tropicales. Par des études tant morphologiques que
moléculaires,
nous cherchons à retracer l'histoire biogéographique de
ces
termites (collaboration avec le Dr T. Miura, Université de
Tokyo).
En particulier, nous avons montré que les espèces de
Nouvelle-Guinée
sont d'origines très diverses. Le caractère
monophylétique
du genre Nasutitermes tel qu'il est défini à ce
jour
est remis en question.
Soldats
de Nasutitermes triodiae défendant une brèche
dans
le nid. Cette espèce construit d'énormes
termitières
dans les savanes du sud de la Nouvelle-Guinée et du nord de
l'Australie
- Pour retracer l'évolution
de l'organisation
sociale, l'idéal serait de disposer d'un arbre
phylogénétique
bien établi auquel les différents modèles
d'organisation
sociale pourraient être superposés. Bien que des
progrès
substantiels aient été réalisés
récemment,
de nombreuses questions restent en suspens quant à la
phylogénie
des termites. Dans ce contexte, nos études sur l'organisation
sociale
nous permettent elles-mêmes de formuler des hypothèses
phylogénétiques.
Par exemple, l'absence de véritable caste ouvrière chez Prorhinotermes
est vraisemblablement un caractère primitif, qui suggère
que ce genre occupe un position basale par rapport aux autres genres de
sa famille (Rhinotermitidae).
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termites><Biodiversité><Castes
et organisation sociale><Références><Liens><ULB><Département
de Biologie des Organismes>
Dernière mise
à
jour le 1/02/2007