Les étoiles naissent et meurent. Notre Soleil est né il y a quelque 4,5 milliards d'années et en est à peu près à la moitié de son existence. Cette page propose un aperçu illustré de la vie des étoiles.
Nuage sombre Barnard 68
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La vie des étoiles débute au sein d'un nuage de gaz et de
poussières interstellaires. Le gaz en question est pour
l'essentiel un mélange d'hydrogène H (~73 % en masse)
et d'hélium He (~25 %) ; les autres éléments
n'interviennent que pour les ~2 % restant. La présence
de ce nuage sombre est trahie par l'absence d'étoiles
à l'arrière-plan qui en fait apparaître la silhouette.
Une telle formation est appelée un globule de Bok.
On considère généralement que le nuage commence à se
contracter sous l'effet de son propre champ de gravité
suite à une perturbation causée, par exemple, par
l'explosion d'une supernova proche. |
Comme tout gaz comprimé, la matière du nuage interstellaire va
voir sa température augmenter au fur et à mesure de la contraction.
Avec l'accroissement de la masse volumique des régions centrales,
les inhomogénéités qui se créent inévitablement sont sources
d'instabilités et le nuage se fragmente en multiples centres
de contraction secondaires.
Pour ceux d'entre eux qui sont suffisamment massifs,
la contraction gravitationnelle se poursuivra tant et si bien
que la température des régions centrales atteindra une dizaine
de millions de degrés !
À cette température, la matière est totalement ionisée ;
elle forme un plasma de noyaux atomiques, de protons
et d'électrons. L'énergie cinétique élevée des protons leur
permet alors de s'approcher suffisamment pour que les forces
attractives d'interaction nucléaire prennent le dessus et
causent la fusion des deux particules.
(En réalité, il n'est pas nécessaire que les protons possèdent
une énergie cinétique supérieure à la barrière de
potentiel qui les sépare ; ils parviennent
à la traverser même en n'ayant pas tout à fait l'énergie
suffisante par un mécanisme quantique appelé de façon très
imagée l'effet tunnel.)
Les collisions peuvent
dès lors donner lieu à des réactions de fusion nucléaire :
deux protons fusionnent pour donner un noyau de deutérium.
Le deutérium ainsi formé capture à son tour un proton pour
former un noyau d'hélium 3. Enfin, la fusion de deux
noyaux d'hélium 3 conduit à la formation d'un hélium 4.
Ces réactions sont exothermiques (elles libèrent de l'énergie).
Dans les étoiles dont la masse est supérieure à celle du Soleil,
cette conversion d'hydrogène en hélium s'effectue au travers d'un
cycle catalytique utilisant les noyaux de carbone, d'oxygène
et d'azote. Dans tous les cas, la réaction globale est :
Détail de la nébuleuse de l'Aigle
Détail de la nébuleuse d'Orion
Disques protoplanétaires
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En vertu de la loi de conservation du moment angulaire, au
cours de la contraction, les mouvements internes du nuage
finissent par imprimer un mouvement global de rotation
au globule protostellaire. Avant de s'agglomérer sur la
future étoile, la matière forme un disque autour d'elle.
Ce disque plus dense que le milieu environnant est sombre.
C'est en son sein que de petits corps, des
planètes, pourront
se former par agglomération des poussières et du gaz. Un tel disque
est appelé pour cette raison un disque protoplanétaire.
Cependant, une partie de la matière située à la frontière
interne du disque est éjectée par les pôles pour former
des jets caractéristiques de ce type d'objets. |
Objets de Herbig-Haro
Planètes extrasolaires
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L'existence d'une planète appartenant à une autre étoile que le
Soleil (planète extrasolaire) a été mise en évidence
pour la première fois en 1995, autour de l'étoile 51 Pégase.
Par la suite, des planètes ont été détectées autour d'autres
étoiles, notamment l'étoile upsilon Andromède (carte de
localisation ci-contre ; la tache ovale près du bord droit
de l'image est la grande galaxie d'Andromède). |
Nébuleuse de la Rosette et amas d'étoiles
Amas ouvert M 7
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Lorsque la nébuleuse s'est diluée dans l'espace, il ne reste plus
que l'association ou l'amas ouvert. Sous l'effet des perturbations
gravitationnelles qu'elles exercent mutuellement, les étoiles d'une
association finiront par s'en échapper une à une. Par contre, s'il
n'est pas exclu qu'il perde des étoiles, un amas ouvert constitue
un système beaucoup plus lié qui résiste à la dislocation.
L'amas ouvert M 67 est un des plus
âgés : il atteint 3,9 milliards d'années. |
Amas double de Persée
Amas M 67
Durant la majeure partie de sa vie, une étoile tire son énergie
des réactions de fusion de l'hydrogène en hélium. Cette énergie
contribue à maintenir dans son coeur une pression suffisante pour
lui permettre de résister à l'effondrement sous le poids des
couches supérieures.
Lorsque les réserves de combustible nucléaire sont épuisées
dans le coeur, la gravité reprend le dessus et la contraction
se poursuit, provoquant une nouvelle élévation de la température
centrale. Avec elle, l'énergie cinétique des collisions entre noyaux
s'accroît et finit par permettre le déclenchement de réactions
de fusion de noyaux plus lourds. Celles-ci se poursuivront jusqu'à
épuisement du nouveau combustible.
On pourrait imaginer que cette alternance entre phases de contraction
gravitationnelle et phases de fusion nucléaire de noyaux de plus en plus
lourds se poursuive indéfiniment et assure à l'étoile de toujours
trouver des ressources énergétiques lui permettant de résister à
l'effondrement. Deux raisons majeures
s'y opposent, qui conduiront à deux destins très différents...
:
La contraction gravitationnelle d'une étoile peu massive
(< 8 masses solaires) ne parvient pas à produire des
températures très élevées au centre. Après les réactions de
fusion de l'hydrogène en hélium, celles de l'hélium en carbone
pourront avoir lieu. Après épuisement de l'hélium, une pression
de nature quantique (dégénérescence du gaz d'électrons qui
n'obéit plus à la loi des gaz parfaits) empêche la matière
de se contracter et donc la température d'atteindre une valeur
suffisante pour provoquer l'allumage des réactions de fusion
du carbone.
Simultanément, l'enveloppe de l'étoile se répand dans le milieu
interstellaire en un « vent stellaire »
animé de vitesses de l'ordre d'une dizaine de kilomètres par
seconde. Le phénomène culmine par l'éjection des dernières couches
de l'enveloppe à des vitesses beaucoup plus élevées lors de la
phase de nébuleuse planétaire.
Seule subsistera la partie centrale de l'étoile, très chaude,
émettant un rayonnement ultraviolet très intense qui illuminera
le gaz de la nébuleuse planétaire.
Les quelques exemples de nébuleuses planétaires ci-dessous montrent
que leur structure n'est pas nécessairement à symétrie sphérique.
Les étoiles sont en rotation, elles possèdent un champ magnétique
et le gaz nébulaire est un plasma ; leur interaction
est complexe. Dans chaque cas, l'étoile arrivée en fin de vie
est visible au centre de sa nébuleuse : on l'appelle
naine blanche à ce stade.
Après quelques milliers ou dizaines de milliers d'années, la
nébuleuse elle-même se sera dispersée dans l'espace et ne sera
plus visible. À plus long terme, l'étoile centrale deviendra
un astre de plus en plus froid et de moins en moins lumineux,
rayonnant dans des longueurs d'ondes de plus en plus grandes et,
finalement, un astre « éteint », une
naine noire.
Il faut noter que la désignation de nébuleuse planétaire ne traduit
aucun lien avec une structure liée aux planètes ou à leur formation.
Elle trouve sont origine dans le fait que ces nébuleuses peuvent prendre
l'aspect de disques relativement réguliers, qu'on a pu confondre
avec ceux des planètes. Les progrès effectués tant dans la conception
et la réalisation d'instruments d'observation que dans notre
connaissance de l'évolution stellaire ont définitivement éliminé
une telle interprétation.
Nébuleuse planétaire Abell 39
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La symétrie sphérique de cette nébuleuse est remarquable. |
Nébuleuse planétaire Dumbbell
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Crédit : National Optical Astronomy Observatory / Association of Universities for Research in Astronomy / National Science Foundation. |
Nébuleuse planétaire OEil de Chat
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Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI, NASA). |
Nébuleuse planétaire Sablier (Hourglass)
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Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI, NASA). |
Nébuleuse planétaire Esquimau
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Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI, NASA). |
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La courbe ci-contre montre comment l'énergie moyenne
de liaison par nucléon (E/A) dans un
nucléide dépend de son nombre de masse. On remarque qu'elle
est maximale pour les nucléides dont le nombre de masse est
proche de A ~ 56, ce qui correspond aux
éléments voisins du fer (fer, cobalt, nickel). |
Complexe êta Carinae
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Cette image montre la partie centrale du complexe. |
Supernova SN 1987A
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L'explosion d'une étoile en supernova accroît considérablement
son éclat durant quelques jours à quelques semaines. Dans son état
initial, elle n'est même pas visible à l'oeil nu, mais le
devient lorsque se produit l'explosion. Un observateur a donc
l'impression de voir une « nouvelle » étoile
apparaître dans le ciel et, qui plus est, très brillante ;
de là le nom de supernova donné à ces étoiles. |
Nébuleuse du Crabe
La Dentelle du Cygne
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Longtemps après l'explosion de la supernova, le rémanent finit
par se disperser dans l'espace. Les Dentelles du Cygne
sont tout ce qu'il reste de l'explosion d'une supernova
survenue il y a environ 150 000 ans. Les deux images
montrent les parties est et ouest de ce rémanent. |
Les types spectraux
Le diagramme de Hertzsprung-Russell
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Le diagramme de Hertzsprung-Russell (H.-R. en abrégé) est un
outil fondamental pour l'astrophysique moderne. Il s'agit
d'une classification des étoiles à deux paramètres : la
luminosité absolue (exprimant la puissance lumineuse rayonnée
par l'étoile) et la température superficielle. Dans la
pratique, la luminosité absolue (L) est remplacée par
la magnitude absolue (M) qui n'est autre
qu'une fonction linéaire décroissante du logarithme de la
luminosité de l'étoile :
où C est une constante. Il s'ensuit qu'à un rapport de
luminosité égal à 100 correspond une différence de
magnitude égale à -5. D'autre part, la température
superficielle est remplacée par un indice de couleur.
Comme son nom l'indique, il s'agit d'une indication de la couleur
de l'étoile ; il correspond à la différence de magnitude
observée à travers un filtre bleu et un filtre vert (indice
B - V). Une étoile chaude (types O, B)
apparaît plus lumineuse dans le domaine bleu que dans le domaine
vert-jaune ; par conséquent sa magnitude B est plus
petite que sa magnitude V et la différence B - V
est négative. C'est le contraire pour une étoile froide
(types A, F, G, K, M). On observe que les points figuratifs des étoiles ne se disposent pas au hasard dans le diagramme H.-R., mais qu'ils se groupent essentiellement au voisinage d'une diagonale descendante, la série principale, et d'un court segment de diagonale montante, la branche des géantes rouges. Quelques points se trouvent dans la partie inférieure gauche du diagramme ; ils figurent les étoiles naines blanches. Les étoiles les plus grosses se trouvent dans la partie supérieure droite du diagramme H.-R. : Schématiquement, les étoiles de la série principale sont celles qui tirent leur énergie de la fusion centrale de l'hydrogène en hélium, tandis que les étoiles de la branche des géantes sont celles qui la tirent de la fusion de l'hélium en carbone. Les naines blanches sont les résidus d'étoiles peu massives qui ont épuisé leurs ressources nucléaires et qui sont passées par le stade de nébuleuse planétaire. Crédit : European Space Agency (ESA). |