Le Soleil
Quelle est l'étoile la plus proche de la
Terre ? C'est le Soleil, bien entendu. Il s'agit d'une
sphère gazeuse d'un rayon de 700 000 km et d'une masse de
2 × 1030 kg,
dont l'hydrogène constitue les trois quarts. La température
centrale est voisine de 15 millions de degrés et permet le
déroulement de réactions thermonucléaires de fusion de
l'hydrogène en hélium. L'énorme puissance libérée dans
le coeur traverse le globe solaire et finit par s'en échapper
sous forme notamment de rayonnement visible.
L'astre du jour dans tous ses états
La photosphère

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Attention : ne jamais observer le Soleil
ni à l'oeil nu ni à l'aide d'un instrument sans une protection
appropriée. Des lunettes solaires (même superposées) ou des filtres
teintés sont soit inefficaces soit d'emploi dangereux (risque de
rupture sous l'effet de la chaleur). Les rayonnements
dangereux sont invisibles (infrarouge, ultraviolet). Adressez-vous
à un vendeur spécialisé de matériel astronomique ou à un club
d'astronomie. À défaut d'être protégé de manière appropriée,
l'oeil risque des lésions irréversibles pouvant aller jusqu'à
la cécité.
Crédit : Big Bear Solar Observatory /
New Jersey Insitute of Technology.
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Vu depuis la Terre, le disque solaire apparaît nettement
délimité et l'on parle dès lors de la
« surface » solaire. C'est
en fait une fine pelure dont nous parvient le rayonnement
solaire ; elle a reçu pour cette raison le nom de
photosphère. Sa température est voisine de
5 800 degrés.
Crédit : National Optical Astronomy
Observatory / Association of Universities for Research in
Astronomy / National Science Foundation.
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Tache solaire et granulation
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Étant donné sa nature gazeuse, la photosphère ne
présente pas un aspect immuable. Au contraire, on peut y
observer des régions plus froides (4 000 degrés), et donc
plus sombres, les taches solaires, ainsi que des régions
légèrement plus chaudes, donc plus brillantes, les facules
(plus aisées à déceler au voisinage du limbe). En outre, une
observation fine permet de détecter la granulation
solaire (« grains de riz »), trace de
l'incessant bouillonnement de la photosphère, assurant le
transfert de l'énergie par convection.
Crédit : National Optical Astronomy
Observatory / Association of Universities for Research in
Astronomy / National Science Foundation.
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Éclipse totale de Soleil
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Lorsque la Lune s'interpose entre l'observateur terrestre et
le Soleil, elle peut en masquer le disque complètement :
c'est une éclipse totale de Soleil. Chacun se souvient
qu'il a été possible d'en observer une dans le sud de la Belgique
le 11 août 1999. À l'occasion d'une éclipse totale de
Soleil, de nouveaux visages du Soleil se révèlent.
Le Soleil n'est pas limité à la photosphère.
On découvre en effet qu'il est entouré d'une vaste région
faiblement lumineuse, la couronne, que la photosphère
est surmontée d'une mince couche de couleur rouge vif, la
chromosphère, dont émanent, voire se détachent, des
langues de gaz, les protubérances.
Crédit : European Southern Observatory,
Philippe Duhoux.
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Structures magnétiques

Animation 1
Animation 2
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La structure des protubérances solaires est manifestement
organisée par les champs magnétiques locaux. Les arches
qu'elles dessinent rappellent indéniablement les spectres
magnétiques obtenus à l'aide de limaille de fer saupoudrée
sur une feuille de papier sous laquelle est placé un aimant.
Alors que le champ magnétique global du Soleil est très
faible, les champs locaux sont très intenses. Ils sont
associés aux taches solaires et aux centres actifs.
Les modifications parfois brutales de leurs structures
sont des phénomènes violents qui seraient à l'origine
du chauffage du plasma ténu de la couronne solaire jusqu'à
des températures de l'ordre du million de degrés.
Crédit : TRACE. Transition Region and
Coronal Explorer (TRACE) est une mission du Stanford-Lockheed
Institute for Space Research et fait partie du programme
SMEX de la NASA.
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L'activité solaire : nombre de Wolf
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Les groupes de taches solaires apparaissent et disparaissent
sur la photosphère. On a remarqué que le nombre de taches
présentes varie cycliquement, avec un maximum environ
tous les onze ans. Ce cycle est dit undécennal.
Ce graphique illustre l'évolution du nombre de Wolf. C'est une
grandeur qui caractérise l'activité solaire (dix fois le
nombre de groupes de taches, augmenté du nombre de taches).
Crédit : Sunspot Index Data Center (SIDC),
Observatoire royal de Belgique (O.R.B.).
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L'activité solaire : diagramme en ailes de papillon
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Ce diagramme, dit de Maunder, représente la latitude
des taches au cours du temps. En raison de l'allure qu'il
prend, ce diagramme est encore appelé diagramme en ailes
de papillon. On constate qu'au fil du cycle undécennal
les groupes de taches apparaissent de plus en plus près de
l'équateur solaire, jusqu'à une transition brutale (correspondant
au renversement de la polarité du champ magnétique solaire,
voir un magnétogramme plus loin),
renversement qui marque la fin d'un cycle et le début du
suivant.
Crédit : Sunspot Index Data Center (SIDC),
Observatoire royal de Belgique (O.R.B.).
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Le spectre solaire
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La spectroscopie
est la seule technique qui permette aux
astronomes de connaître la constitution chimique des astres
(exception faite du Soleil dont nous recevons aussi un flux de
particules, le vent solaire, et des planètes qui ont
fait l'objet d'une exploration in situ).
L'analyse des raies du spectre (longueur d'onde, profil,
intensité) permet aussi d'obtenir de très précieux
renseignements sur la température, la pression, le champ de
gravité à la surface des étoiles, sur leur vitesse radiale et
leur vitesse de rotation et l'émission éventuelle d'un
vent stellaire. Cette technique permet aussi de déceler la
présence d'un corps en orbite autour d'elle (autre étoile ou
planète
extrasolaire, encore que, actuellement, la technique
ne permette de déceler que des planètes massives).
Crédit : National Optical Astronomy
Observatory / Association of Universities for Research in
Astronomy / National Science Foundation.
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SOHO : quelques animations
La sonde SOHO (Solar and Heliospheric Observatory),
placée en orbite autour du Soleil et située en permanence sur le
segment Soleil - Terre, à quelque 1,5 million de kilomètres de
celle-ci (point de Lagrange L1),
observe notre étoile en continu. Cette sonde est équipée d'une
dizaine d'instruments. Parmi eux, EIT (Extreme ultraviolet
Imaging Telescope) obtient des images du Soleil dans
l'ultraviolet lointain, tandis que LASCO (Large Angle and
Spectrometric Coronagraph) est un coronographe qui observe
la couronne solaire. Des animations spectaculaires ont été
produites au départ des images transmises par ces deux
instruments.
Une semaine d'observation (22-27 nov. 2000)
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Nombreuses éjections de matière coronale (LASCO C2).
Certaines séquences d'images sont affectées par quantité de
« parasites » : il s'agit en fait
des traces engendrées sur le détecteur de l'instrument
par les impacts des particules éjectées.
Crédit : consortium SOHO/LASCO.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA.
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Changements d'aspect du Soleil intervenus dans l'intervalle
1996-2000 (EIT, 19,5 nm)
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Une différence notable apparaît progressivement entre une période
de minimum de l'activité solaire (1996) et
celle d'un maximum (2000). Des centres actifs apparaissent
de plus en plus nombreux et des « trous »
apparaissent dans la basse couronne.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA.
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Comparaison du Soleil entre 1996 et 1999 (EIT, 19,5 nm)
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Les mêmes différences sont visibles sur ces animations
de la rotation du Soleil.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Régions actives (18-23 février 1999, EIT, 17,1 nm)
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Sur cette animation qui couvre près d'un quart d'une
rotation
du Soleil, on peut observer que les régions actives ne
concernent pas uniquement la photosphère, mais aussi
la basse couronne par l'entremise des arches de champ
magnétique.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Aspects du Soleil à cinq longueurs d'onde différentes
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On note qu'en observant des rayonnements de plus en plus
énergétiques (provenant de régions de plus en plus élevées
où le gaz est porté à des températures de plus en plus
grandes), la photosphère paraît de plus en plus sombre.
Ce n'est plus elle qui émet, mais le plasma de la couronne.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA.
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Deux comètes plongeant vers le Soleil
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Deux comètes s'approchant très près de la photosphère
solaire ne réapparaissent pas de l'autre côté du Soleil.
Constituées pour une très grande part de glaces, elles
ont été vaporisées lors de leur passage trop proche.
Crédit : consortium SOHO/LASCO.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Rotation solaire (10-24 décembre 1999, EIT, 19,5 nm)
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Étant donné sa nature gazeuse, le Soleil présente une
rotation différentielle : la période de rotation
dépend de la latitude. Ainsi, à l'équateur, elle est de
25,4 jours, tandis qu'elle avoisine 37 jours
dans les régions polaires.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Éjection de matière coronale (20 mars 2000, LASCO C2)
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Les éjections de matière coronale sont des phénomènes
rapides et violents. Remarquez l'échelle de temps sur
laquelle le phénomène se produit, ainsi que l'échelle
des distances : le cercle blanc figure le disque
solaire, qui mesure 1 396 000 km de
diamètre ! À titre d'exercice, on peut essayer
de calculer la vitesse de la matière éjectée.
Lorsque se produisent de tels phénomènes en direction
de la Terre, certains satellites artificiels
sensibles doivent être mis en état de veille
par mesure de précaution.
Crédit : consortium SOHO/LASCO.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Période active présentant de nombreuses éjections de matière coronale
(LASCO C3, 13-29 août 1999)
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Outre les éjections de matière coronale,
on notera non seulement la présence de nombreuses étoiles
à l'arrière-plan, mais aussi leur mouvement par rapport
au Soleil, apparence due en réalité au mouvement de
révolution de la Terre et de la sonde SOHO autour de lui.
Crédit : consortium SOHO/LASCO.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA.
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Magnétogramme (MDI, 30 avril - 22 mai 1998)
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Les polarités nord et sud des taches sont représentées en noir et
blanc. On remarque que les grandes régions actives présentent en général
une structure bipolaire orientée est-ouest. En outre, la polarité
de la région qui précède (à l'est) est différente d'un hémisphère à
l'autre. À un cycle de 11 ans de l'activité solaire (cycle
undécennal), succède un autre cycle au cours duquel les
polarités magnétiques sont inversées. Le cycle magnétique
du Soleil est donc de 22 ans.
Crédit : consortium SOHO/MDI.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA.
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Gros plan sur une protubérance éruptive
(EIT, 30,4 nm, 8 janvier 2000)
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Les protubérances solaires sont des arches de gaz
refroidies par un champ magnétique local calme. Lorsque
la structure du champ magnétique se modifie, le gaz
peut être éjecté et la protubérance devient éruptive.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Gros plan sur une expulsion de particules (EIT, 14 novembre 1998)
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L'éjection de particules est suivie de près par leur
impact sur le détecteur de la caméra de la sonde.
Elles ont parcouru les 150 millions de kilomètres
qui la séparent du Soleil en 110 minutes environ.
Leur vitesse est donc d'une vingtaine de milliers de
kilomètres par seconde.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Galerie des meilleures images d'arches magnétiques et de
protubérances
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Plusieurs images fixes d'arches magnétiques et de
protubérances présentées en séquence.
Pour situer les proportions, il est utile de se
rappeler que le diamètre de la Terre est 109 fois
plus petit que celui du Soleil.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
SOHO est un programme de coopération internationale entre
l'ESA et la NASA. |
Gros plan d'une région active et d'un sursaut
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Un sursaut d'activité se manifeste au sein d'une région
active. Notez la taille de la Terre indiquée par le petit
disque blanc.
Crédit : consortium SOHO/EIT.
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l'ESA et la NASA. |
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