Les galaxies et l'univers
Notre étoile, le Soleil, constitue, avec quelque
deux cents milliards d'autres étoiles, un ensemble ayant la forme
d'un disque renflé en son centre que nous appelons la Galaxie et
dont la trace sur la voûte céleste nocturne est la Voie lactée.
Son diamètre est estimé à cent mille années
de lumière. Malgré son nom qui risque de jeter la confusion,
l'année de lumière (on utilise couramment, mais abusivement,
année-lumière) est une unité de longueur
(symbole al), qui correspond à la distance parcourue par la lumière
dans le vide en un an, à raison de 300 000 km/s ; c'est
l'équivalent de 9,461 1012
km ou, en nombre rond : dix mille milliards de kilomètres.
Notre Galaxie elle-même fait partie d'un groupe
de galaxies, le groupe local, dont trois membres sont visibles à
l'oeil nu : la galaxie d'Andromède dans l'hémisphère
Nord et les deux nuages de Magellan dans l'hémisphère
Sud. Les distances entre galaxies au sein d'un amas sont de l'ordre de
105 à 106
al.
Aussi loin que les observations portent, le même
« motif » se répète : étoiles et nuages
de matière interstellaire rassemblés en galaxies, galaxies
groupées en amas de galaxies, ceux-ci constituant en quelque sorte
la « brique élémentaire » de l'univers.
L'observation fait apparaître des galaxies de morphologies
très différentes les unes des autres ; aussi ont-elles été
classées en galaxies spirales normales et barrées, elliptiques
et irrégulières. Des observations récentes montrent
toutefois que l'appartenance à l'une ou l'autre catégorie
dépend du domaine de longueur d'onde dans lequel les observations
sont effectuées.
Notre galaxie, la Voie lactée
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Cette image du ciel entier (projection de Aitoff) dans le
domaine infrarouge fait apparaître la Voie lactée de manière
évidente. La concentration de poussières près du plan
galactique et le bulbe de notre galaxie sont bien visibles.
Les nuages de Magellan sont deux galaxies satellites de la nôtre.
Ils sont visibles à droite de l'image, dans l'hémisphère
galactique sud. Derrière le bulbe, on devine à peine l'existence
d'une troisième galaxie satellite (galaxie naine du Sagittaire,
en cours de fusion avec notre Galaxie).
Crédit : Image mosaïque obtenue par le Two
Micron All Sky Survey (2MASS), un programme conjoint de l'Université
du Massachusetts et du Infrared Processing and Analysis Center
(Institut de Technologie de Californie), financé par la National
Aeronautics and Space Administration et la National Science Foundation. |
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Le disque galactique est entouré d'un halo
de forme sphéroïdale. Il contient essentiellement des étoiles
isolées et vieilles, les plus âgées que la Galaxie
contienne, ainsi que des amas globulaires. Les amas globulaires
sont, eux aussi, des objets très âgés (on leur attribue
des âges du même ordre que celui de la Galaxie elle-même),
de forme sphéroïdale, qui comptent en général
plusieurs centaines de milliers d'étoiles.
En haut, le grand amas globulaire de Hercule (M 13), situé à
22 000 al et qui compte environ un million d'étoiles dans un volume
de 150 al de diamètre. En bas l'amas M 22 (constellation du Sagittaire),
plus proche (10 000 al) et plus petit (65 al).
Crédit : N. A. Sharp, REU program, National Optical
Astronomy Observatory / Association of Universities for Research in Astronomy
/ National Science Foundation. |
Galaxies spirales
Les galaxies spirales doivent leur nom aux bras spiraux
qui marquent très nettement leur structure. Ces bras sont riches
en gaz et poussières et sont le siège de la formation d'étoiles
nouvelles ; celles qui s'y trouvent sont jeunes. Le disque galactique
(dans le plan duquel s'étendent les bras) comprend des étoiles
plus âgées (ayant par exemple l'âge du Soleil) ainsi
que des nuages de gaz et poussières. Le bulbe, qui est le
renflement central, contient des étoiles d'âges variés.
Enfin, le halo, de forme sphéroïdale, abrite des étoiles
vieilles, des amas globulaires et de la matière non lumineuse, dont
l'existence ne fait aucun doute, mais dont la nature est encore un sujet
de controverse.
La grande galaxie des Chiens de Chasse (M 51)
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Crédit : Space Telescope Science Institute
(STScI, NASA). |
La galaxie « Sombrero » (M 104)
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Le fait que cette galaxie spirale se présente par
la tranche permet de voir la concentration de poussières dans le
plan de son disque.
Crédit : European Southern Observatory. |
M 83
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Crédit : European Southern Observatory. |
ESO 0269-57
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Crédit : European Southern Observatory. |
Galaxies spirales barrées
Galaxie M 109
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Outre les galaxies spirales normales, il existe des galaxies
spirales barrées caractérisées par le fait
que les bras spiraux s'étendent à partir des extrémités
d'une « barre » qui traverse le bulbe galactique.
Crédit : National Optical Astronomy Observatory
/ Association of Universities for Research in Astronomy / National Science
Foundation. |
Galaxie NGC 1530
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Cette autre galaxie spirale barrée possède
des bras qui s'enroulent nettement moins fort autour du centre.
Crédit : National Optical Astronomy Observatory
/ Association of Universities for Research in Astronomy / National Science
Foundation. |
Galaxies irrégulières
Le Grand Nuage de Magellan
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Photographie dans le domaine visible du Grand Nuage de Magellan
(distance 165 000 al). Les zones rosées sont de grands nuages d'hydrogène
(l'élément le plus abondant de l'univers). La plus grande
d'entre elles est la « Tarentule », près de laquelle
est apparue la supernova SN
1987A.
Image reproduite avec l'aimable autorisation de D. Malin,
AAO, http://www.aao.gov.au/images/index.html |
Galaxies elliptiques
M 87
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Les galaxies elliptiques ne présentent pas de structure
apparente telle que des bras. Elles sont très pauvres en gaz interstellaire.
On pense qu'elles résultent de l'interaction et
de la fusion de deux galaxies spirales.
Crédit : National Optical Astronomy Observatory
/ Association of Universities for Research in Astronomy / National Science
Foundation. |
M 84
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Sur la photo de cette autre galaxie elliptique, on distingue,
comme sur l'image de M 87, un grand nombre
d'amas globulaires (qui apparaissent comme de petites
taches floues).
Crédit : National Optical Astronomy Observatory
/ Association of Universities for Research in Astronomy / National Science
Foundation. |
M 110
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Cette galaxie est un petit satellite de la grande galaxie
d'Andromède (spirale).
Crédit : National Optical Astronomy Observatory
/ Association of Universities for Research in Astronomy / National Science
Foundation. |
NGC 1316
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Cette galaxie elliptique géante possède la
particularité de présenter des traînées de poussières,
visibles sur cette image.
Crédit : European Southern Observatory. |
Galaxies en interaction
Collision de deux galaxies (NGC 6745)
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Lors de la collision entre deux galaxies,
leurs étoiles passent la plupart du temps les unes entre les autres,
tellement elles sont petites par rapport aux distances qui les séparent.
Par contre la situation est très différente pour les nuages
de gaz et de poussières interstellaires, très vastes. Ils
entrent véritablement en collision et les augmentations de pression
qui en résultent peuvent déclencher la formation d'étoiles
nouvelles par contraction gravitationnelle. Ces régions où
viennent de se former les nouvelles étoiles ont une couleur bleutée,
caractéristique d'étoiles massives jeunes.
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Galaxies en interaction : les « Antennes »
(NGC 4038 - NGC 4039)
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Lors de la rencontre de deux galaxies, les effets de marée
peuvent arracher des langues de matière. Les régions où
la collision a déclenché la formation
d'étoiles sont visibles en bleu (étoiles jeunes et chaudes).
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Simulation numérique de la collision entre
la Voie lactée et la galaxie d'Andromède
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On pense que notre galaxie et la galaxie d'Andromède
se sont formées l'une près de l'autre peu après le
big bang. L'expansion de l'univers les a
d'abord écartées, mais leur attraction gravitationnelle les
attire et elles sont actuellement en train de se rapprocher. On pense qu'elles
entreront en collision d'ici 3 milliards d'années pour fusionner
et donner lieu à une galaxie elliptique. L'animation est une simulation
numérique de leur collision. Notre galaxie est celle du bas. Chaque
galaxie est simulée par 50 millions de « particules ».
Animation reproduite avec l'aimable autorisation de J.
Dubinski, SDSC Blue Horizon Simulations, University of Toronto, http://www.cita.utoronto.ca/~dubinski/tflops. |
Galaxies actives
La galaxie Centaurus A
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Cette galaxie fait partie de la catégorie des galaxies
à noyau actif. Elle est une source puissante d'ondes radioélectriques.
Il est possible que l'on assiste ici à la collision et à
la fusion d'une galaxie elliptique et d'une galaxie spirale.
Le noyau de Centaurus A est la plus petite radiosource extragalactique
connue (10 jours de lumière). Des images X ou radio montrent qu'il
éjecte un jet de particules à haute énergie. Il contient
peut-être un trou noir supermassif (cent millions de fois la masse
du Soleil).
Crédit : European Southern Observatory. |
Jet de matière (M 87)
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La première image montre la galaxie elliptique géante
M 87 ; les nombreuses petites taches brillantes de son halo sont ses amas
globulaires. Dans le cartouche, on voit la partie centrale de l'image,
avec un gigantesque jet de matière.
Crédit : National Optical Astronomy Observatory
/ Association of Universities for Research in Astronomy / National Science
Foundation. |
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La seconde image est un gros plan du coeur de la galaxie.
On découvre qu'il est entouré d'un disque de matière
dont la vitesse de rotation peut être déterminée par
effet Doppler. On en déduit la valeur de la masse centrale par la
3e loi de Kepler. Il apparaît que
la matière visible (les étoiles lumineuses) n'en représentent
qu'une infime partie et l'on est amené à supposer l'existence
d'un trou noir supermassif au centre de cette galaxie. Il serait la cause
du jet de matière en accélérant puis en éjectant
le gaz du disque qui l'entoure.
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Groupes et amas de galaxies
HCG 87
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Les trois plus grandes galaxies de ce groupe (une spirale
en haut, une elliptique à droite et celle vue par la tranche en
bas) sont réellement proches les unes des autres et s'influencent
gravitationnellement. La petite galaxie au centre est peut-être un
objet de l'arrière-plan.
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Amas de galaxies
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La structure de l'univers apparaît très hiérarchisée
: si les étoiles sont groupées au sein de galaxies, celles-ci
sont elles-mêmes groupées en amas de galaxies. Cet amas-ci
(MS1054-03) se situe à huit milliards d'années de lumière.
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Effet de lentille gravitationnelle (amas Abell 2218)
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Ainsi que le prévoit la théorie de la relativité
générale, la lumière peut être déviée
par les corps massifs. Cet effet observé sur la lumière des
étoiles par Eddington lors d'une éclipse
totale de Soleil en 1919 a permis de conforter la théorie d'Einstein.
Sur cette image, le corps déflecteur n'est pas une simple étoile,
mais un amas de galaxies. Son champ gravitationnel provoque une déviation
de la lumière telle qu'il donne des galaxies plus lointaines des
images déformées en arcs (des fragments d'anneaux) et intensifiées.
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Effet de lentille gravitationnelle (amas 0024+1654)
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Cet autre amas provoque également une déviation
gravitationnelle de la lumière, mais dans ce cas les « images
» des galaxies lointaines apparaissent bleuies.
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Aux limites de l'univers observable : le Hubble
Deep Field (HDF)
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Aussi loin que l'on puisse observer, dans quelque direction
que ce soit, le spectacle est toujours celui de galaxies en quantités
innombrables. À très grande échelle, notre univers
apparaît donc homogène et isotrope.
Les mesures des vitesses des galaxies font apparaître qu'il est
aussi en expansion. On en déduit que dans
un lointain passé, il devait se trouver dans un état extrêmement
dense et chaud, à partir duquel l'expansion a commencé...
c'est la théorie de l'atome primitif du Belge Georges Lemaître,
devenue au fil des ans celle du big bang.
Lemaître est un pionnier dans le domaine de la cosmologie puisqu'il
a, en effet, calculé le premier des solutions non stationnaires
pour un univers en expansion accélérée sur la base
des équations de la relativité générale. Einstein
lui-même ne croyait pas à ces solutions, mais il semble que
l'on recommence à considérer avec intérêt les
solutions d'univers en expansion accélérée.
Crédit : Space Telescope Science Institute (STScI,
NASA). |
Vers la cosmologie...
La loi de Hubble
Dans les années 1920, Edwin Hubble avait remarqué
que les spectres de toutes les galaxies présentent un décalage
systématique vers le rouge, d'autant plus grand qu'elles sont plus
éloignées de la nôtre. Ce décalage a d'abord
été interprété comme la conséquence
d'un mouvement général de récession (ou fuite)
des galaxies, ainsi que le prévoit la théorie de l'effet
Doppler. La vitesse de récession s'exprime par la loi de Hubble
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