Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Sabrina BOUSBATA (Chargé de cours à titre définitif - 2010)

Parcours

" Enfant, j'étais passionnée par Pasteur : à la lecture de sa biographie, je me suis dit : " Plus tard, c'est cela que je veux faire ", avoue mi-amusée Sabrina Bousbata. Si elle rêve de devenir chercheuse en biologie, ses parents en revanche, l'imaginent plutôt médecin...

Dans la Petite Kabylie où elle habite, l'adolescente choisit l'orientation " Sciences " dans l'enseignement secondaire. Après sa rhéto, elle passe le concours de médecine mais décide finalement d'entamer des études en biochimie. " Je me suis dit qu'ausculter des patients, attendre que des chercheurs trouvent peut-être un médicament que je pourrais prescrire n'était pas ce que je voulais faire. Je voulais travailler plus en amont : j'étais convaincue que comme chercheur, je pourrais résoudre des questions biologiques, trouver des solutions pour améliorer la santé humaine : c'était cela qui m'intéressait ", explique-t-elle. Intéressée par les mathématiques, la chimie, la physique, la biologie, Sabrina Bousbata réalise donc un master en biochimie à l'Université de Béjaia, avec une idée en tête : partir à l'étranger pour devenir chercheuse. " Malheureusement, l'année où j'ai été diplômée, l'Algérie a connu des problèmes politiques, il y a eu une recrudescence du terrorisme, les déplacements à l'étranger sont devenus difficiles ", se souvient-elle. Elle qui rêvait des Etats-Unis ou (déjà) de l'ULB - " j'avais soumis ma candidature à l'ULB, attirée par la réputation d'excellence de sa recherche, impressionnée par ses prix Nobel ", précise-t-elle, elle est engagée en Algérie dans une entreprise de céramique : pendant deux ans, elle y sera chargée du contrôle qualité.

La jeune femme nourrit pourtant toujours une envie : faire de la recherche. Elle postule à la Mediterranean Agronomic Institute of Chania (MAICh, Creta): elle part pour la Grèce entamer un master en biologie moléculaire végétale. " C'était une expérience enrichissante : je me suis replongée dans le bain de la biologie après deux années passées dans la céramique. C'était aussi pour moi l'opportunité d'améliorer ma connaissance de l'anglais ", observe-t-elle.

Sabrina Bousbata décroche ensuite une bourse pour l'Allemagne : elle intègre le département de biologie à Westfälischen Technischen Hochschule (RWTH) d'Aix-la-Chapelle. C'est là qu'elle rencontre son mari, un Danois qu'elle suit... au Danemark. Elle entame un doctorat à l'University of Southern Denmark of Odense, au sein de l'équipe du Professeur Peter Roepstorff, un laboratoire de protéomique parmi les plus réputés. Son doctorat bouclé en trois années, Sabrina Bousbata enchaîne avec un post-doctorat également centré sur la protéomique, à l'INRA de Montpellier. Ensuite, elle rentre au Danemark et décroche un emploi à l'Université technique de Copenhague.

" Si les moyens alloués à la recherche au Danemark sont largement supérieurs à ceux que connaît la Belgique, en revanche, obtenir un poste permanent est tout aussi difficile. J'ai donc postulé à une offre d'emploi comme responsable de la plate-forme protéomique que l'ULB mettait en place au sein du Biopark Charleroi Brussels South. J'ai obtenu le poste et suis donc venue m'installer en Belgique où vivait déjà une partie de ma famille. " C'est amusant de se dire qu'en 1993, alors que j'étais étudiante, l'ULB avait fait partie de mes premiers choix d' " expatriation " et qu'en 2008, après être passée par la Grèce, l'Allemagne, la France, le Danemark, j'y suis enfin arrivée " , sourit-elle.

En 2008, elle prend la direction de la plateforme de protéomique de l'ULB, sur l'Aéropole de Charleroi.

En 2011, elle sera nommée chargée de cours à titre définitif. " La protéomique est un nouvel outil de recherche qui est apparu au milieu des années 90 et a connu une véritable explosion au début des années 2000 : aujourd'hui, ces différentes techniques sont devenues des outils obligatoires de la biologie moléculaire ", explique-t-elle.

" Notre plateforme offre des services pour tiers et met au point de nouvelles techniques en collaboration étroite avec les laboratoires de recherche de l'ULB, allant de la bactérie jusqu'à la souris et à l'humain. C'est réellement passionnant : vous devez trouver de nouvelles techniques pour répondre à de nouvelles questions ; cela implique que vous vous informiez et vous formiez sans cesse, que vous ayez un esprit curieux et innovateur ", insiste Sabrina Bousbata.

A la tête d'une petite équipe - un technicien, un doctorant, un mémorant -, elle a aussi découvert les différentes facettes du métier de chercheur belge. " Au Danemark, le matin, j'arrivais au laboratoire avec une seule chose en la tête : mon expérience à faire. En Belgique, je n'ai plus ce " luxe " : lorsque je pense " expérience ", je dois aussi avoir à l'esprit les commandes de matériel ou réactifs à passer, la comptabilité à tenir, les budgets à obtenir et à respecter, etc. J'ai aussi commencé à donner cours à différents niveaux (bac, master, et doctorat) et à encadrer des travaux pratiques. Tout cela prend énormément de temps : il est difficile de mener tout de front, en continuant à publier à haut niveau... " déplore la chercheuse tout en s'empressant d'ajouter, " et pourtant, je suis comblée : chaque fois que je rencontre une équipe de recherche, que je me lance dans un nouveau projet, je me dis que je suis à la bonne place, là où j'ai toujours voulu être. En tant que chercheur, je suis attentive aux perspectives d'application, aux améliorations que nous pouvons apporter à la santé humaine ; on a un peu l'impression qu'on peut changer le monde, c'est terriblement stimulant ".

Celle qui fut une grande sportive - elle a notamment été capitaine de l'équipe de handball de son Université à Béjaia, participé à différents marathons, joué au basket, au tennis de table - a malheureusement dû ranger ses chaussures de sport, faute de temps... Son temps libre (trop rare), elle le consacre à son fils et à la lecture - " j'aime beaucoup les biographies, les livres historiques ", souffle-t-elle - et chaque été, à des vacances en Algérie, pour retrouver la famille et se ressourcer.

" Peut-être qu'un jour, je trouverai le temps d'y retourner afin d'y enseigner et motiver les jeunes vers des études scientifiques... " précise-t-elle.

Contacts

Sabrina BOUSBATA

UR en Microbiologie et Biologie Structurale

fax 02 650 97 50,

Campus de Charleroi - Gosselies (Biopark)

ULB CP300, rue des Professeurs Jeener et Brachet 12, 6041 Charleroi (Gosselies)