Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Ariane BAZAN (Chargé de cours à titre définitif - 2010)

Parcours

Atypique ! C'est le mot qui nous vient à la vue du parcours d'Ariane Bazan. " Vous savez, quand on a 16 ou 17 ans, on lit beaucoup, on a certaines idées mais ce n'est pas évident de savoir exactement ce qu'on veut faire. Moi je me sentais attirée par l'humain : la psychologie m'intéressait mais je ne trouvais pas ça fondé alors je me suis lancée dans une licence en biologie ", explique Ariane Bazan. Une licence qu'elle mènera avec brio à l'Université de Gand.

Elle réalise ensuite une thèse sur la transduction dans le système nerveux. " Durant mon doctorat, j'ai un eu moment de remise en question. Je voyais que cette recherche ne me mènerait pas vers le comportement humain mais plutôt vers quelque chose de plus spécialisé ", se rappelle la chercheuse. Elle décide alors de recommencer une licence, en psychologie cette fois. Sans transition entre les deux puisqu'elle défendra sa thèse en biologie le 18 novembre 1997 alors que ça fait un peu plus d'un mois qu'elle suit les cours en psychologie.

" La psychanalyse est très importante à l'université de Gand. J'ai alors rencontré ce domaine que je ne cherchais pas spécialement et plus particulièrement le signifiant freudo-lacanien. J'ai eu un cours sur l'importance du langage sur son versant phonologique pour l'organisation de notre vie psychique. Les modèles neurophysiologiques faisaient sens tout à coup. A partir de ce cours-là, il y a eu un basculement de ma pensée qui était très physiologique vers la psychanalyse et ça ne m'a plus lâché ", s'exclame Ariane Bazan.

Après sa licence en psychologie, la chercheuse obtient une bourse de la BAEF (Belgian American Education Foundation) et part faire un an de post doctorat aux Etats-Unis dans l'Université de Michigan où elle va mener une recherche avec l'équipe du professeur Howard Shevrin : " C'est un véritable psychanalyste qui avait un mi-temps clinique et un mi-temps en recherche dans le domaine de la psychologie expérimentale et non en clinique. Cette combinaison est extrêmement rare ", souligne-t-elle. Finalement Ariane Bazan effectuera là-bas 3 ans de post doctorat sur le traitement inconscient du langage.

A son retour, la chercheuse publie un ouvrage (" Des fantômes dans la voix ") sur le sujet. Elle travaille ensuite deux ans dans un institut de psychiatrie avec des patients atteints de psychose chronique. Un soir, en tapant dans Google des mots liés à ses recherches... elle tombe par hasard sur l'annonce d'une vacance à l'ULB. " La deadline était passée depuis quelques jours, personne ne me connaissait à l'ULB, je suis néerlandophone (même si je suis bilingue de par mon père)... mais j'avais le profil exact. J'ai donc tenté ma chance. " Avec succès ! " Je voulais absolument un poste académique. J'étais prête à solliciter de par le monde ; c'est d'ailleurs ce que je faisais. Le fait que j'ai trouvé un poste à Bruxelles est extraordinaire car c'est ma ville natale. Toute ma famille est ici. C'est donc un retour aux sources. Et puis je trouve l'environnement intellectuel de l'ULB très enthousiasmant ", sourit la chercheuse.

Si le traitement inconscient du langage est le dada d'Ariane Bazan, petit à petit se profilent d'autres pistes de recherche comme la gestion de la jouissance ou la crise communautaire belge et les problèmes identitaires qu'elle engendre. " Ce qui m'intéresse c'est la réflexion sur la condition humaine qui peut mener à la psychopathologie ou, sans aller jusque là, au désarroi, au malaise, au mal-être. Il y a deux versants plus difficiles à la condition humaine : l'irrationnel et le transgressif. Le premier se caractérise par des mécanismes inconscients qu'on ne comprend pas, qui sont apparemment absurdes et dont on constate pourtant qu'ils ont de l'importance dans notre vie, qu'ils y instaurent même une logique dont on n'est pas facilement conscient, par exemple une logique identitaire. Le transgressif a trait à cette " gestion de la jouissance " et la jouissance peut se traduire par un " vouloir paradoxal ". C'est quand le sujet persiste à vouloir ce qui lui est néfaste et qui ne lui plaît pas particulièrement mais qui lui apporte quand même un bénéfice, fut-il sur le plan inconscient. C'est le cas de la toxicomanie par exemple, mais cette question se pose aussi dans le domaine sexuel et dans la gestion de la violence sociale ". Des recherches menées au sein du laboratoire qu'elle a mis en place en 2009-2010 et qui est composé de doctorants, mémorants... " Les étudiants sont des inputs importants ", souligne le Pr Bazan.

Par ailleurs, Ariane Bazan a un cabinet de pratique privé : " La clinique nourrit ma réflexion. C'est une source d'information qu'on ne pourrait pas avoir de par la recherche. Et puis, pour donner mes cours de clinique, ça me permet de parler en connaissance de cause. Ca me manquerait de ne pas exercer. Mais je ne sais pas si je vais pouvoir continuer encore longtemps à faire les deux ".

Débordante de projets, travaillant dans un environnement qu'elle apprécie, Ariane Bazan semble décidément avoir trouvé sa voie. Ne regrette-t-elle pas alors d'avoir fait un détour par la biologie ? " Ce n'était pas une période facile parce que ça représente de nombreuses années d'études pendant lesquelles on ne gagne pas sa vie? Mais c'est un atout crucial : j'emploie continuellement mon expérience en physiologie. Tous mes modèles de réflexion sont ancrés dans la psychanalyse et la physiologie. Ce ne sont pas des pôles isolés l'un de l'autre. Ils permettent d'expliciter l'un l'autre...", conclut Ariane Bazan.

Contacts

Ariane BAZAN

Fac des Sc. psycho. et de l'Éducation

tel 02 650 6763,

Campus du Solbosch

ULB CP122, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles