Marcello BARBATO
Faculté de Philosophie et Lettres
Campus du Solbosch
ULB CP175, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles
Marcello BARBATO (Chargé de cours à titre définitif) |
![]() L'intérêt de Marcello Barbato pour les langues date en partie de ses études secondaires. " J'aimais beaucoup le latin, la traduction, le lexique... ", se souvient le chercheur qui s'inscrit alors en Faculté de Lettres à Naples où il vit. " En Italie, le système est différent, on a des cours d'histoire, de philosophie, d'histoire de l'art, d'histoire de la littérature... : des thèmes qui m'intéressaient énormément. Puis, j'ai eu un cours de philologie romane qui m'a captivé et j'ai décidé de faire mon mémoire dans ce domaine ", confie-t-il. Auparavant, il part un an à Madrid dans le cadre du programme Erasmus. " Là, j'ai étudié la dialectologie et l'histoire de la langue espagnole ", explique le Pr Barbato. A son retour en Italie, il termine sa licence et réalise son mémoire sur la matière ancienne dans la littérature espagnole médiévale, " en particulier sur les romans, chroniques... qui traitent de la guerre de Troie ", précise-t-il. " En écrivant mon mémoire, je me suis rendu compte que c'est ce que je voulais faire : une carrière scientifique. Plus tard j'ai passé le concours pour l'enseignement secondaire que j'ai réussi. On m'a proposé un poste mais je n'ai jamais mis les pieds dans une classe ", sourit Marcello Barbato. C'est donc naturellement qu'il entame son doctorat. Toujours ancré dans la période médiévale, c'est à une traduction de Pline l'Ancien datant du 15ème siècle qu'il s'intéresse. " Il s'agit d'un texte très intéressant du point de vue linguistique, car il constitue un témoignage de la langue utilisée dans le sud de l'Italie (l'ouvrage ayant été réalisé à Naples) à une époque où l'italien n'était pas uniformisé ", explique Marcello Barbato. Le chercheur réalisera sa thèse en partie à Naples et en partie dans la ville allemande de Sarrebruck, là où se trouve le siège du Lessico etimologico italiano, un centre de recherche très important. Après avoir défendu sa thèse, il restera encore deux ans à Naples où il donnera des cours à l'université Federico II dans laquelle il a étudié ainsi qu'à l'Université Orientale de Naples. Ensuite il occupera un poste d'assistant à Zurich. " C'était une expérience très importante parce que Zurich est une des capitales de la linguistique romane. De nombreux ouvrages fondamentaux au cours du XXème siècle ont été réalisés là. De plus, la ville compte une des meilleures bibliothèques dans ce domaine ", souligne le Pr Barbato. C'est en 2007 que Marcello Barbato arrive à l'ULB en tant que chargé de cours. " J'ai participé au concours pour la nouvelle chaire de linguistique romane qui fut créée parce que l'enseignement de la linguistique italienne et espagnole était absent. Ils cherchaient quelqu'un avec des compétences dans ces deux langues et en linguistique romane en général ", raconte-t-il. C'est parfois comme un archéologue que le chercheur doit agir pour reconstruire l'histoire de la langue et c'est ce qui lui plaît : " Nous connaissons le latin, nous connaissons les langues modernes mais entre les deux, il y a des zones grises. Grâce à des méthodes prouvées depuis plus de 150 ans, nous tentons d'élucider ces transitions. Il faut user d'imagination mais pas de fantaisie ". Conscient de la perte d'intérêt de la part des étudiants pour le latin, c'est attristé qu'il en fait le constat : " C'est dommage parce que le latin constitue l'héritage principal de l'Europe. D'un côté, on va vers une intégration plus grande, de l'autre on risque de perdre l'héritage de notre histoire commune. Moi, dans mes études, c'est l'approche comparative qui m'a intéressé. Le fait de pouvoir étudier en même temps ce qu'il se passait en France, en Italie et en Espagne par exemple au Moyen Age. Nous étudions l'évolution de la langue dans son rapport à la société et à la culture. C'est ce qu'on appelle l'histoire externe de la langue, mais je suis aussi intéressé par la linguistique interne qui s'attache au fonctionnement de la langue en tant que système sémiologique ", explique Marcello Barbato. En guise de conclusion, il improvise un cours express sur son tableau noir. Il nous montre ainsi comment le latin peut expliquer la présence de faux-amis dans des langues comme le français et l'espagnol. Pourquoi à partir d'un même mot latin obtient-on deux sens différents en français et en espagnol ? C'est le cas de " raro " (bizarre) et " rare ". Mais aussi comment deux mots peuvent se ressembler sans partager leur étymologie : c'est le cas de" salir " qui en espagnol signifie " partir ". " Le latin est donc utile pour l'utilisation actuelle des langues ", conclut-il. |
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