Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Amandine CRESPY (Premier Assistant - 2010)

Parcours

Passionnée par la langue allemande, Amandine Crespy se serait bien imaginée germaniste. Mais baignée dans les discussions politiques au sein de sa famille, la question politique l'attire également. La jeune Française s'inscrit donc à l'Institut d'études politiques de Lyon. Après trois années d'études et une Summer Session à UCLA (University of California Los Angeles), elle passe une année en Erasmus à la Freie Universität de Berlin. Elle enchaîne avec une année de stage à Berlin (au Bundestag, dans un centre de recherche, la Stiftung Wissenschaft und Politik) et à Bruxelles (Bureau Croix Rouge-Union européenne). Elle réalise ensuite un master en études politiques et administratives européennes au Collège d'Europe à Bruges.

Amandine Crespy est alors engagée pour un stage à la Commission européenne. Mais elle se ravise : elle va entamer une thèse de doctorat. " J'avais réfléchi à réaliser une thèse lorsque j'étais en France mais les possibilités de financement étaient très minces. Une amie m'a appris que l'ULB cherchait des doctorants dans le cadre d'une Action de recherche concertée (ARC) sur les " résistances à l'Europe ". Le sujet m'a immédiatement attirée : j'avais obtenu mon master en études européennes l'année même du rejet de la Constitution européenne par les Français et les Néerlandais ", précise Amandine Crespy.

En 2006, elle entre donc dans l'univers de la recherche. Quatre ans plus tard, elle défend sa thèse de doctorat. En 2010, elle est nommée Professeure assistante à l'ULB ; elle passe le premier semestre 2011 au Center for European Studies de Harvard University, comme " Visiting Scholar ".

Les recherches d'Amandine Crespy portent sur la politique des services publics et l'intégration européenne : la gestion politique du conflit entre droit de la concurrence européen et régulation nationale des services publics. " Concrètement, je cherche à comprendre pourquoi aucun accord politique n'a pu être trouvé au niveau européen sur une directive (une loi européenne) qui permette de protéger davantage les services publics des règles de concurrence et de maintenir une régulation et un financement satisfaisants ", explique Amandine Crespy, " En d'autres termes, je tente de comprendre pourquoi il n'y a pas de politique européenne des services publics alors que la construction du marché commun a un impact majeur sur l'organisation et le financement des services publics dans les Etats membres. Mes pistes de recherche portent sur l'inertie des arrangements institutionnels au niveau national et sur les discours et l'idéologie comme déterminants des préférences politiques des Etats membres et des acteurs politiques ".

Pour Amandine Crespy, être chercheur en sciences sociales, c'est " savoir observer, prendre du recul et être créatif. La capacité d'observation est typique de l'attitude du sociologue. C'est quelque chose qui ne vous lâche pas. C'est un atout dans les relations humaines mais c'est aussi très anxiogène : tout est assez désenchanté ", avoue-t-elle. Et de poursuivre : " Prendre du recul est nécessaire pour ne pas céder trop facilement aux modes académiques ou à la tentation de l'hyperspécialisation où l'on ne pose jamais les " grandes questions ". Quand on est chercheur en sciences sociales, il faut également savoir prendre un minimum de recul par rapport à ses propres idées politiques, éviter d'avoir trop de certitudes, continuer à s'interroger. Le chercheur se doit d'être un observateur sceptique. Même si cela paraît rassurant et rigoureux de suivre des protocoles de recherche et des plans de thèses pré-établis, je crois que la recherche en sciences sociales reste une activité créative. C'est difficile de trouver le bon équilibre entre rigueur méthodologique et créativité. L'internationalisation de la recherche est au c?ur de ce dilemme : le processus de publication dans des revues internationales fixe sans aucun doute des critères de qualité mais il tend aussi à favoriser la standardisation et l'appauvrissement intellectuel. Ce qui continue à intéresser la communauté des chercheurs, c'est avant tout les " grandes " et les " bonnes " idées ".

Passionnée de musique - elle joue du saxophone -, Amandine Crespy assiste à de nombreux concerts, qu'ils soient classiques, reggae, pop, etc. " La musique est une véritable bouffée d'oxygène en dehors du monde académique. Elle permet de rencontrer des gens de tous milieux, tous pays, toutes obédiences. Je profite d'ailleurs de mon séjour à Harvard pour consolider mes bases en jazz dans une école de musique de Boston ", précise-t-elle. La jeune femme aime aussi les voyages, les musées d'art et fréquenter les cafés et bars à la recherche des bonnes bières et de musique live locale?

Contacts

Amandine CRESPY

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 6722,

Campus du Solbosch

ULB CP124, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles