Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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François FORET (Chargé de cours à titre définitif - 2008)

Parcours

"Fils d'une enseignante et d'un militant politique, la vocation de politologue à l'université s'est vite imposée comme un compromis naturel" précise d'entrée de jeu François Foret. Né à Paris où il a grandi, il y intègre l'Institut d'Etudes Politiques ("Sciences Po") et enchaîne avec un doctorat à La Sorbonne, sur le thème de la légitimation de l'Union européenne. "J'ai étudié la manière dont l'Union européenne se met en scène et communique vers les citoyens. A travers cet exemple, je me suis intéressé aux relations entre culture - la vision du monde et le sentiment d'appartenance - et politique - la façon de gouverner", explique-t-il.

En 2e année de thèse, François Foret gagne Bruxelles, une ville de prédilection lorsqu'on étudie, comme lui, l'Union européenne. Il passe six mois à l'Université libre de Bruxelles, en tant que chercheur invité de l'Institut d'études européennes (IEE). "Ma première impression sur Bruxelles ? Mitigée ! Imaginez, je suis arrivé au rond-point Schuman, un 1er janvier, sous une pluie battante? J'ai perçu Bruxelles comme une ville froide; puis, au fur et à mesure, j'ai découvert les quartiers sympathiques ou pittoresques de la ville, ses "petits mondes" qui coexistent sans se côtoyer. J'ai fini par m'y plaire de sorte qu'aujourd'hui, je me dis que Bruxelles est en quelque sorte une drogue à accoutumance lente", sourit le chercheur.

Pendant ces quelques mois, François Foret découvre l'ULB, "c'était très enrichissant de travailler dans une université ancrée dans la tradition tout en étant ouverte sur les problèmes contemporains, en particulier européens. L'intérêt aussi était d'évoluer dans un environnement international : près de 90% des étudiants de l'IEE sont non-Belges", se souvient-il et il poursuit, "J'ai pu échanger énormément avec les chercheurs et intégrer une approche différente de celle apprise à La Sorbonne. La France a en effet une forte tradition de sociologie et d'anthropologie politiques; en Belgique, en revanche, les politologues donnent plus de place aux institutions et aux partis ainsi qu'aux analyses normatives du politique. Aujourd'hui, je me sens un peu à l'intersection de ces deux approches".

De retour à Paris en 1999, François Foret défend sa thèse à la Sorbonne; puis part enseigner à l'Institut d'études politiques de Strasbourg, l'autre ville européenne. En 2003, il s'installe en Ecosse : il devient chercheur à l'Université de Stirling, au sein d'un réseau européen. Puis, c'est le retour en Belgique, plus précisément à Mons : il est désigné chargé de cours aux Facultés universitaires catholiques de Mons (FUCAM). Deux ans plus tard, il rejoint l'Université libre de Bruxelles où il est nommé chargé de cours à titre définitif en 2008.

"J'aime l'enseignement pour sa dimension de partage, de transmission des connaissances. Le contact avec les étudiants est toujours enrichissant même si on peut regretter d'avoir trop peu de temps à leur consacrer. Personnellement, je suis toujours convaincu que l'école peut corriger certaines inégalités dans la société", souligne François Foret.

Sa recherche actuelle porte principalement sur la question de l'identité et le rapport entre culture et politique. Il s'interroge notamment sur la confrontation entre la sphère des idées et la sphère politique, sur comment faire coïncider l'ordre politique souhaitable avec l'ordre politique réel. Il tente en particulier de comprendre comment les discours politiques sont reçus dans le monde social en étudiant la communication politique, la symbolique politique - les discours, les rituels, les comportements? - et la symbolique matérielle - l'architecture, les objets, les dispositifs de pouvoir?-. Ou, pour citer un exemple, en quoi l'Euro ou le drapeau européen sont-ils porteurs d'une vision du monde ?

Le chercheur s'intéresse aussi à la relation entre politique et religion, il étudie l'influence du religieux dans l'évolution des identités nationales, un sujet médiatisé ces derniers temps, lors du débat sur l'héritage chrétien de l'Europe.

"Ce qui me plaît dans la recherche, c'est de pouvoir prendre du recul et du temps pour comprendre les événements; je ne veux pas mener une recherche purement esthétique ou spéculative mais garder une prise directe avec la réalité du terrain, sans pour autant être prisonnier de l'utilité immédiate : être chercheur, c'est avoir une capacité d'abstraction du réel pour mieux y revenir. Bruxelles est pour moi l'arène où ça se passe, où l'Europe se construit : c'est un fabuleux laboratoire de recherche".

Contacts

François FORET

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 6710, fax 02 650 3068,

Campus du Solbosch

ULB CP172, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles