Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
sommairesommairepage précédentepage précédentepage suivantepage suivanteimprimerimprimerenvoyerenvoyermarquermarquer

Hugues PIROTTE (Chargé de cours à titre définitif - 2010)

Parcours

Après des primaires et secondaires au Vénézuéla, c'est à Lausanne qu'Hugues Pirotte va réaliser ses études universitaires. " J'avais la finance en ligne de mire. J'ai choisi la Suisse parce qu'il y avait là d'excellentes universités, en particulier la Haute école de commerce de Lausanne dont l'orientation vers la finance était une des plus marquées ", explique le Pr Pirotte. Il poursuivra sa licence par un master de 3ème cycle : Master of Science in Banking and Finance. Le master était animé par des professeurs à la pointe dans leurs domaines au niveau de la recherche et qui revenaient des Etats-Unis... " C'était la première édition de ce master orienté recherche ", poursuit le chercheur qui précise pourtant que " poursuivre un doctorat n'était pas ma première idée ". Les professeurs me l'ont proposé à la suite du master. Ses domaines de prédilection se précisent alors : " je me suis d'abord intéressé à la liquidité et microstructure en général des marchés. J'ai ensuite migré vers le risque du crédit sur lequel j'ai fait ma thèse et ensuite publié un ouvrage en 2000 avec Didier Cossin de l'IMD, d'abord en anglais puis traduit en chinois ".

En fin de thèse, il crée FinMetrics, une société spécialisée dans la gestion des risques financiers, un thème en plein essor mais encore relativement nouveau dans la pratique, avec ses deux collègues de doctorat. Mais Hugues Pirotte est attiré par l'enseignement et la pédagogie liés à ce domaine et souhaite donc rester en partie dans l'académique, qu'il poursuit en tant que professeur au début à HEC Lausanne. " Je suis convaincu que dans une telle spécialité, l'ancrage académique nourri d'expériences de terrain est une excellente combinaison. Mais alors je devais quitter HEC Lausanne. J'ai été éduqué par des parents globetrotters et puis l'académique ne peut se développer là où l'on a fait ses études. Il convenait alors pour moi de faire un choix entre partir à l'étranger, car changer seulement de canton n'est pas très challenging, vous en conviendrez, ou rester en Suisse romande mais alors tirer un trait sur le volet académique ", explique-t-il. Après avoir reçu différentes propositions concrètes, c'est l'ULB et en particulier Solvay qu'Hugues Pirotte choisira. " A HEC Lausanne, nous avions un réel esprit de famille animé par ce groupe de professeurs qui voulait développer la finance moderne et soutenir les jeunes chercheurs. A Solvay, j'ai retrouvé cet esprit ", souligne-t-il. Hugues Pirotte entre donc à l'ULB, d'abord à mi-temps. " Je ne cherchais pas un temps plein parce que j'étais toujours très actif dans ma société en Suisse où nous développions notre système de gestion pour banques privées et trésoreries de sociétés multinationales ", précise le Pr Pirotte.

C'est ce même esprit entrepreneur qui a motivé Hugues Pirotte à développer une série d'activités et l'environnement du team finance à Solvay, et d'accepter d'être Deputy Dean Corporate Relations. Cependant, Hugues Pirotte souhaite aujourd'hui s'assurer de garder une place certaine pour la recherche. La recherche, un sujet sur lequel il est intarissable. " Il y a différentes manières de voir la recherche. L'important est d'avoir des chercheurs qui ont de vrais dadas et non pas une contrainte de production en tête. C'est nécessaire pour avoir la motivation de repousser les limites, et de penser hors des sentiers battus. A l'ULB, nous disposons d'une grande liberté pour mettre en place des projets, lancer des initiatives, oser. Il faut promouvoir cela. En effet, aller uniquement sur les mêmes plates-bandes que des pays anglo-saxons dont les moyens et le système sont très différents est dangereux voire myope, car cela nous assure d'être toujours à la poursuite des grands frères et soeurs. Mais laissez de la place à la créativité et à la liberté de pensée, cela nous permet de temps à autre d'être sous les feux de la rampe et ce avec un énorme affectio societatis de l'environnement car nous ne sommes alors pas des suiveurs de modes ", insiste-t-il. Et poursuit à propos de " la folie du paper production ", un monde dans lequel on se trouve de plus en plus. " Je suis quelqu'un de passionné, qui a envie de produire de la recherche mais je pense que c'est pervertir le système que de quantifier celle-ci. Tout le monde veut être dans les meilleurs journaux. Si on prend en compte les cinq meilleurs journaux et le nombre d'écoles susceptibles de produire, un problème se pose très vite... avec toutes les dérives possibles. Il faut continuer à améliorer la qualité de la recherche mais cela doit se faire en parallèle à la mission d'enseignement et d'échange avec notre environnement. Il faut implémenter un système qui valorise les deux ". Cela passe par exemple par la mise en place de centres de compétences qui réunissent enseignement, recherche et mission sociétale, nous explique Hugues Pirotte.

Enfin, pour le chercheur, il est important de rester ancré dans la société. " Certaines recherches en sciences humaines tiennent parfois de l'ego trip et la contribution à la société est parfois loin d'être évidente voire n'est pas le but initialement recherché ", lance-t-il. " Quand on analyse la crise financière par exemple, on se rend rapidement compte qu'on devrait tous se regarder dans le miroir un peu plus. Nous avons une tendance naturelle à nous auto-rassurer de par notre spécialisation. La spécialisation toujours plus poussée permet l'évolution de la connaissance dans une discipline et la concentration permet de se focaliser sur celle-ci. Mais le futur, c'est aussi de réussir à faire collaborer ensemble ces spécialistes et leur permettre d'atteindre une meilleure compréhension globale des phénomènes pour le bien de tous. Sinon, nous courrons le risque de simplement se retrancher derrière notre paroi de complexité, rassurante pour l'expert, imperméable pour les autres, mais donnant l'impression générale qu'au moins " quelqu'un sait ". Or, l'évolution n'est pas celle des solutions uniquement mais aussi celle des défis. Ce qui nous inspire éventuellement un peu plus de modestie. ", conclut-il.

Contacts

Hugues PIROTTE

Faculté Solvay Brussels School - E.M.

tel 02 650 6521, fax 02 650 4188,

Campus du Solbosch

ULB CP114/03, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles