Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Jean-Benoît PILET (Premier assistant - 2007)

Parcours

"Dans leurs réflexions et calculs stratégiques sur les réformes électorales, on pourrait dire que les partis politiques et les élus ont une mentalité plus de paysan que de banquier : ils développent leur stratégie au vu des rendements précédents plutôt que d'investir dans des rendements espérés dans les années à venir". Le chercheur qui pose ce constat mi-amusé connaît bien les partis politiques et en particulier les partis belges. Entré à l'ULB comme chercheur boursier ARC en 2002, Jean-Benoît Pilet ne cesse depuis lors d'observer les comportements politiques.

Sa thèse, défendue en 2006, visait à comprendre les mécanismes qui conduisent à choisir tel mode de scrutin plutôt qu'un autre. Le chercheur ne se plaçait donc pas, comme beaucoup de scientifiques l'ont déjà fait, en amont du scrutin pour observer les résultats mais bien en aval, pour expliquer pourquoi tel mode de scrutin est privilégié. Plus précisément, Jean-Benoît Pilet s'est intéressé à trois événements de notre vie politique belge: le passage au scrutin majoritaire (débattu et finalement rejeté au profil du scrutin proportionnel), l'élection directe du bourgmestre, la suppression de l'effet "case de tête". Il a à chaque fois tenté de comprendre pourquoi le débat a été déclenché, quelle position chaque parti a adoptée, quels arguments - tantôt stratégiques, tantôt idéologiques - ont été avancés, etc.

Originalité de sa démarche scientifique, Jean-Benoît Pilet a complété ses lectures de débats parlementaires ou articles de presse par des interviews d'hommes et de femmes politiques. "De Jean-Luc Dehaene à Bart De Wever en passant par Philippe Busquin, j'ai interviewé une trentaine d'acteurs politiques. Ces entretiens m'ont permis d'intégrer une dimension fondamentale: la subjectivité. On croît souvent que tout acte politique répond à une stratégie précise et totalement rationnelle mais c'est un peu abusif: souvent, l'homme politique manque d'information et raisonne pour minimiser les risques. Il mise alors sur le système qui, croît-il, lui évitera de perdre des voix plutôt que sur celui qui pourrait éventuellement lui en apporter plus. De manière caricaturale, c'est la logique du "un tiens vaut mieux que deux tu l'auras"", souligne le chercheur.

Un constat qu'il met actuellement à l'épreuve chez nos voisins dans le cadre de son post-doctorat. Jean-Benoît Pilet a choisi d'étudier un pays proche à la fois géographiquement et dans son modèle électoral, les Pays-Bas et deux pays plus éloignés, la Grande-Bretagne et le Canada. Spécificité de ces pays: ils ont tous trois échoué dans leur tentative de réforme électorale. Misant cette fois encore sur - c'est en quelque sorte sa marque de fabrique - les entretiens qualitatifs d'acteurs politiques, en plus des débats parlementaires et autres prises de positions retranscrites, Jean-Benoît Pilet a déjà passé quatre mois à l'Université d'Oxford et trois mois à la KUL. A l'été 2008, il se rendra à l'Université de Montréal et ensuite aux Pays-Bas, à l'Université de Twente.

Jean-Benoît Pilet mène également, en collaboration avec une équipe de la KUL, des recherches sur le recrutement des élites politiques. En filigrane se profilent des questions très actuelles lorsqu'on pense par exemple aux candidats médiatiques enrôlés lors des élections de juin 2007 ou encore quand on dénonce le nombre restreint de femmes politiques: qui sont les élus? Comment les recrute-t-on? Tout citoyen est-il susceptible de devenir candidat? Pourquoi un citoyen décide-t-il de poser sa candidature? Enfin, dernier axe de ses travaux, Jean-Benoît Pilet contribue au Congrès européen sur la politique locale. Organisé tous les deux ans, ce congrès est un partenariat entre l'ULB, l'Université de Gand et l'Université de Birmingham: l'occasion pour ces scientifiques de confronter leurs analyses sur la politique locale et une de ses dimensions essentielles, la démocratie participative.

A la question "pourquoi la recherche?", Jean-Benoît Pilet répond spontanément: "Mon intérêt vient sans doute de la combinaison d'une passion pour l'objet politique, d'une curiosité permanente, d'une envie de comprendre avant de juger et d'un sale défaut qui est de vouloir avoir toujours le dernier mot".

Contacts

Jean-Benoît PILET

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 3181,

Campus du Solbosch

ULB CP124, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles