Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Nausicaa NORET (Professeur-Assistant - 2008)

Parcours

"Je m'étais inscrite à la Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux à la fois parce que j'aimais la biologie et que, fille d'une maman née en Afrique et ayant grandi entourée de tableaux et d'objets qui évoquaient ce continent, j'étais attirée par la coopération. Mais rapidement, j'ai compris que le métier d'ingénieur ne me convenait pas : le côté appliqué du métier, son aspect de gestion ne m'intéressaient pas. J'ai donc bifurqué pour entamer quelques semaines après la rentrée académique, une licence en biologie à l'ULB", se souvient Nausicaa Noret qui avait acquis lorsqu'elle était adolescente ses premières notions d'écologie lors de stages pour guides nature dans le Namurois, non loin de Treignes.

Cette fois, la biologie s'avère la bonne orientation. En 1re licence, elle choisit l'orientation biologie végétale tout en restant intéressée aussi par la biologie animale : son mémoire dédié à l'étude des plantes et des insectes de la réserve naturelle de Housta (Braine-le-Château) lui permettra de faire le pont entre les deux disciplines. "Mon mémoire était descriptif : je recensais et décrivais la biodiversité du lieu", précise-t-elle, "j'ai ressenti le besoin d'adopter une démarche plus expérimentale, j'ai tenté le FNRS mais ne l'ai pas obtenu la première année ; je suis partie une année à l'Université de Montpellier mener un DEA en biologie évolutive et écologie. C'était une vraie découverte pour moi : cette année en France m'a ouvert l'esprit; j'étais fascinée par tout un pan de la biologie - l'évolution - que je n'avais jusqu'alors qu'effleuré", avoue Nausicaa Noret.

De retour à Bruxelles, elle devient chercheur FNRS au sein du Laboratoire de génétique et d'écologie végétales de la Faculté des sciences et entame une thèse de doctorat pendant laquelle elle étudie une plante hyperaccumulatrice de zinc présente en région liégeoise, au Luxembourg et dans le sud de la France. Elle tente de comprendre si cette accumulation de zinc correspond à un mécanisme de protection de la plante contre les prédateurs herbivores. Menée en co-tutelle entre l'ULB, l'Université de Montpellier et le Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CNRS), sa thèse lui permet de fréquenter les laboratoires des deux universités, "j'ai passé beaucoup de temps dans les TGV ces années-là", sourit-elle. En 2007, elle défend sa thèse qui, étonnamment, va a contrario de la littérature, comme elle l'explique "je n'ai pas trouvé d'effet dissuasif de la concentration en zinc sur les prédateurs, contrairement à ce qui était publié jusqu'alors. L'originalité de mon travail était d'étudier un grand nombre de populations qui se trouvent certaines sur des sites métallifères, certaines sur des sols non pollués. Je pense que l'accumulation du zinc est un caractère lié à la tolérance des plantes, c'est-à-dire à leur capacité à survivre dans des sols pollués, plutôt qu'à leur défense vis-à-vis des herbivores".

Sa thèse défendue, elle part en post-doctorat à l'Université d'Oxford grâce à un mandat de Chargé de Recherche du FNRS et à une bourse de la Fondation Wiener Anspach. "J'ai commencé là à essayer de généraliser l'hypothèse de la fin de ma thèse : les plantes de sites métallifères ont relâché leurs défenses face à certains herbivores et certains pathogènes; j'étudie aujourd'hui ce qu'il en est pour les plantes du cuivre qui sont présentes au Congo", commente la chercheuse qui a été nommée premier assistant en 2008. Elle poursuit sa recherche, partageant son temps entre l'ULB et l'Université d'Oxford où elle a côtoyé une équipe spécialisée dans les questions de physiologie des plantes. "Mon travail actuel se fait exclusivement en laboratoire : on me fournit les échantillons des plantes que j'étudie. A terme, j'aimerais aussi mener des expériences in situ, dans ce cas, au Congo : je garde toujours à l'esprit que l'ultime vérification de ce que l'on traite en laboratoire, doit se réaliser sur le terrain. Mes objectifs en tant que chercheuse, c'est de réussir à mieux comprendre le fonctionnement et l'évolution des interactions entre les organismes vivants, toujours en prise avec leur environnement". Et l'enseignement ? Nausicaa Noret donne des cours d'introduction en BA et des cours plus spécialisés en MA, "La biologie me fascine. Etre professeur me donne l'occasion de partager cet intérêt, de faire passer ma passion pour la complexité des organismes vivants".

Contacts

Nausicaa NORET

Faculté des Sciences

tel 02 650 9161, fax 02 650 9170,

Campus de la Plaine

ULB CP244, boulevard du Triomphe, 1050 Bruxelles