Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
sommairesommairepage précédentepage précédentepage suivantepage suivanteimprimerimprimerenvoyerenvoyermarquermarquer

Alassane Ballé NDIAYE (Chargé de cours à titre définitif - 2010)

Parcours

Enfant, au Sénégal, Alassane Ballé Ndiaye est fasciné par les ponts, ce lien entre deux entités, cette continuité... Féru de problèmes techniques, aimant bricoler, c'est pour lui une évidence dès l'enfance : il sera ingénieur des ponts et chaussées. Il décroche un BAC en mathématiques et décide d'aller étudier à l'Université de Sofia. Il s'inscrit en ingénieur civil. " Il y avait différentes opportunités d'étudier au Canada, aux Etats-Unis ou en France mais à 18 ans, on ne veut pas nécessairement faire comme tout le monde et surtout pas comme le papa le demande. J'ai donc choisi de partir à Sofia dont m'avait parlé un de mes professeurs au lycée. Ce fut un excellent choix : c'est là que j'ai appris le plus et c'est là que j'ai noué des liens d'amitié solides avec des personnes issues des cinq continents " se souvient Alassane Ndiaye.

Son diplôme d'ingénieur civil avec La Plus Grande Distinction en poche, le jeune homme décide de réaliser un 3e cycle en sciences appliquées, option transport, à l'Université de Liège. Cap sur la Belgique au début des années '90. " C'était une nouvelle option à l'ULg, cela m'a aussi attiré ", précise-t-il. En parallèle, il réalise un MBA. " Dans les questions de transport, il y a toujours une analyse économique qui intervient à un moment. Prenez l'exemple de l'aménagement du croisement de deux voies urbaines : vous analysez sur le plan technique s'il est préférable d'installer un giratoire, un système de feux, une trémie ou un carrefour, par exemple et ensuite, vous devez nécessairement confronter votre choix technique à une analyse financière, socioéconomique et environnementale avant de prendre une décision ", explique-t-il. Il en est de même pour le cas des entreprises confrontées à un choix de solutions pour optimiser leur performance.

Il mène de front ces deux cursus tout en travaillant comme chercheur à l'ULg. "Deux de mes premiers projets de recherche (l'un portant sur l'analyse de la mobilité urbaine à Liège et l'autre sur l'identification du meilleur scénario d'évacuation du charbon sur l'île de Sumatra en Indonésie) ont créé un déclic chez moi : je voulais mener des recherches pour résoudre des problèmes de terrain précis, des problèmes concrets ", confie-t-il.

Alassane Ndiaye poursuit sa carrière de chercheur au sein de la section Transport et logistique de l'ULg : en 2001, il défend sa thèse de doctorat en sciences appliquées consacrée à la définition et à l'application d'une approche conceptuelle originale de modélisation avancée des comportements de déplacement urbain. " C'est une approche décloisonnant qui repose sur une nécessaire ouverture d'esprit, une transversalité du raisonnement et fait appel à des notions aussi diversifiées que la géographie, la sociologie urbaine, l'environnement, l'aménagement du territoire, l'économie urbaine, le cadre juridique, la dynamique des profils et activités des ménages, la sécurité, la prospective, les mathématiques, les systèmes d'information, etc. pour prévoir les comportements de déplacement futurs et mieux planifier ainsi les opérations de transport et logistique, passagers comme marchandises. C'est aussi sans doute cette fascination d'enfance pour les ponts, pour ce lien entre différentes entités qui s'est manifestée à nouveau ici " souligne-t-il.

Le chercheur continue de se former en France, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, etc, notamment en Logistique et Supply Chain Management au Massachusetts Institute of Technology et à l'Université de Stanford (USA). Il deviendra professeur visiteur à l'Université de Californie à Berkeley.

Sa rencontre effective avec l'ULB, elle remonte à 2004, après 3 ans comme Expert Conseiller auprès du Ministère Wallon des Transports parallèlement à ses activités de recherche. Cette année-là, il devient Directeur Exécutif du CIEM, le Centre interuniversitaire belge d'étude de la mobilité. Créé en 2000 par huit universités belges, le CIEM est basé sur le campus du Solbosch, Alassane Ndiaye s'y installe. Il y restera : en 2010, avec un bagage de plus d'une centaine de projets industriels, de formation, de recherche et de coopération sur les cinq continents et près d'une septantaine de MFE, mémoires de 3°cycle et thèses encadrés, il est nommé chargé de cours à titre définitif à l'ULB. Il y enseigne et effectue des recherches en logistique et transport, gestion de la qualité et supply chain management. Il coordonne notamment le nouveau Master Ingénieur Civil en Gestion et Technologie créé par Polytech et la SBS-EM. " Dans le cadre de mes cours en Master Ingénieur Civil, les étudiants réalisent un réel projet d'entreprise d'audit logistique qui constitue une plus value certaine pour la formation des ingénieurs ", souligne-t-il.

" Ma recherche est orientée vers l'application : je regarde un territoire ou un réseau d'entreprises, les différentes activités qui y sont développées, les flux qu'elles génèrent (personnes, matières, informations, finances, etc.). Je m'interroge : quel est le lien, le fil conducteur, le chaînage entre ces différentes activités dont la connaissance et la maîtrise nous permettraient d'identifier et de mettre en ?uvre les solutions robustes, innovantes, sûres, intelligentes, environnementalement acceptables et susceptibles de porter la qualité et la flexibilité des opérations logistiques industrielles à un niveau d'excellence ? " explique Alassane Ndiaye.

Outre les collaborations avec les universités phares de la côte californienne, le chercheur nourrit aussi un grand intérêt pour le transfert de connaissance, en particulier dans un contexte international. Il a mené au cours de sa carrière plusieurs projets qui ont abouti à la création de centres d'excellence universitaires en Indonésie, en Tunisie, en Equateur, au Sénégal, au Vietnam. Il mène actuellement plusieurs activités de coopération dans le cadre de projets de création de centres universitaires ou de pôles de formations spécialisées en gestion portuaire, en gestion urbaine ou en logistique et transport au Vietnam (Danang), au Sénégal (Dakar), au Brésil (Niteroi et Manaus), au Cambodge (Mekong River Commission), en Algérie (Université d'Oran), en Afrique du Sud (Durban et Johannesbourg), etc. Comme il le précise : "Pour moi, la coopération internationale est une opération win-win : si nous avons des connaissances à apporter aux pays en développement, nous avons également beaucoup à en apprendre ; ce sont les perspectives en termes de développement de ces pays, les échanges, les réseaux et contacts qui nourrissent notre recherche, qui donnent une visibilité certaine à l'ULB sur le plan international et qui peuvent nous amener de très bons étudiants ".

Il est membre de plusieurs sociétés savantes dont le Transportation Research Board (unité de la National Academy of Sciences, USA), l'Institute of Transportation Engineers (USA) et l'American Society of Civil Engineers (USA).

M. Ndiaye a été nommé en avril 2009 par le Ministre fédéral belge de la Mobilité comme membre du Conseil d'Administration de l'Institut Fédéral Belge des Opérateurs de Transport.

Il s'investit beaucoup dans la création de spin-offs ainsi que dans le pôle de compétitivité Logistics in Wallonia : il a été membre de la cellule opérationnelle restreinte qui a défini les axes de développement du Pôle et est actuellement membre de son Comité Stratégique et Scientifique International.

" Mon seul regret est qu'il n'y a que 24 heures dans une journée ", conclut en souriant Alassane Ndiaye. Et lorsqu'il trouve un peu de temps, c'est à sa femme, ingénieur naval et à ses deux filles qu'il le consacre en priorité. Avant de se plonger dans un livre de géopolitique, d'histoire, d'astrophysique ou d'archéologie. " Je suis préoccupé depuis toujours par des questions aussi fondamentales que : Comment notre civilisation s'est-elle créée ? Comment a-t-elle évolué ? A quels problèmes complexes a-t-elle dû faire face ? Quelles solutions opérationnelles a-t-elle trouvées ? Comment ces solutions peuvent-elles nous inspirer? Ces questions fondamentales ne sont d'ailleurs pas si éloignées de mon activité de recherche : par exemple, en matière de transport, les Romains connaissaient déjà des problèmes de congestion de trafic. Nous avons ajouté une dimension technologique mais les problèmes sont restés sans doute, fondamentalement les mêmes ", conclut-il.

Contacts

Alassane Ballé NDIAYE

Ecole polytechnique de Bruxelles

tel 02 650 2787, fax 02 650 2783,

Campus du Solbosch

ULB CP165/07, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles