Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Isabelle MERCKAERT (Professeur-Assistant - 2008)

Parcours

Après des humanités en mathématiques et langues, Isabelle Merckaert entame fort naturellement une licence en traduction "anglais-allemand". Mais, lors de son premier stage, une évidence lui apparaît : elle ne veut pas devenir traductrice. Elle décide donc de se réorienter : elle entame une licence en psychologie à l'ULB. Diplômée en 2005, elle est engagée par le C.A.M., une association travaillant dans le domaine de l'accompagnement de patients atteints du cancer. C'est là qu'elle entame sa première étude sur un thème qu'elle ne quittera plus : l'information au patient. Sous la direction du Professeur Darius Razavi, elle observe comment des patients réagissent à l'annonce d'une mauvaise nouvelle médicale et dans quelle mesure ils sont aptes à donner leur "consentement éclairé" pour un traitement à risque, comme le prévoit la loi depuis 2004.

Elle entame alors une thèse, dans le cadre d'un projet interuniversitaire FNRS-Télévie dédié à la communication entre médecin et malade : elle analyse des entretiens entre médecins et patients en oncologie, avant une formation continue à la communication de 40 heures et après celle-ci. "Les médecins reçoivent pendant leurs sept années de cursus, à peine une trentaine d'heures de cours dédié à la communication alors qu'ils vont pratiquer la communication pendant des milliers d'heures en consultation. Ils ne sont pas préparés à cela, en particulier lorsqu'ils doivent annoncer une mauvaise nouvelle telle qu'un cancer diagnostiqué", explique Isabelle Merckaert, "dans notre recherche FNRS-Télévie, nous avons pu constater notamment qu'un médecin qui avait suivi une formation complémentaire en communication, était plus attentif à la détresse des patients et pouvait mieux y répondre".

En décembre 2006, la chercheuse défend sa thèse; à l'époque, elle travaille déjà au sein de l'Institut Bordet, partageant son temps entre la recherche et l'accompagnement clinique. "J'ai suivi des patients hospitalisés ainsi qu'en ambulatoire. Les malades atteints du cancer avouent difficilement qu'ils ont besoin d'une aide psychologique : on a tellement dit que face au cancer, il fallait un esprit combatif qu'ils ont souvent peur de dire qu'ils craquent. En tant que psychologues, nous sommes là pour détecter une détresse éventuelle et démythifier notre rôle. Nous essayons d'être présents à la consultation, en particulier à la clinique du sein, lors de l'annonce de la maladie du patient. Nous accompagnons aussi des patients qui sont guéris mais pour qui le retour à la vie "normale" n'est pas aussi simple qu'ils l'imaginaient".

Nourrie du contact avec le patient, Isabelle Merckaert a quitté l'Institut Bordet fin septembre pour devenir premier assistant à l'ULB : désormais, l'enseignement a remplacé la clinique, même si elle continuera à fréquenter les couloirs de l'hôpital. "J'ai envie de transmettre mes connaissances en psychopathologie et les expériences riches d'émotions que j'ai pu vivre au sein de l'Institut. Je souhaite aussi sensibiliser les étudiants au questionnement méthodique, à la rigueur d'une recherche en psychologie, une science finalement encore très jeune", explique-t-elle, "Grâce au Plan Cancer, plus de 200 psychologues vont être engagés dans les hôpitaux : il faut former ces jeunes qui seront confrontés à la souffrance du patient. J'aimerais également m'investir dans la formation à la communication des médecins et des infirmiers".

Sa recherche à venir continuera à se concentrer sur la communication entre médecins et patients et la capacité de ces derniers à gérer l'annonce de la maladie grave, telle que le cancer. "La psycho-oncologie m'a intéressée depuis les premiers cours que j'ai eu avec le professeur Razavi. C'est étonnant de voir comment l'être humain est capable de puiser dans ses ressources psychologiques face à une maladie grave qui va bousculer sa vie; c'est également passionnant de voir comment le psychologue peut l'aider. La recherche en psycho-oncologie nous permet de mieux comprendre les mécanismes psychologiques du patient et d'améliorer sa prise en charge. Le versant "médecin" m'intéresse aussi énormément : il doit se montrer empathique sans risquer l'épuisement émotionnel; il doit être capable de mettre une distance face au patient tout en restant attentif à la souffrance de celui-ci. C'est complexe mais aussi très motivant : grâce au Plan Cancer, nous devrions lancer différentes actions facilitant cette communication avec le patient", souligne la chercheuse.

Contacts

Isabelle MERCKAERT

Fac des Sc. psycho. et de l'Éducation

tel 02 650 3156, fax 02 650 2209,

Campus du Solbosch

ULB CP191, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles