Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Valérie DUFOUR (Chercheur qualifié - 2008)

Parcours

"Adolescente, j'étais passionnée par ma formation musicale et j'aimais aussi beaucoup l'histoire et l'histoire de l'art. Quand j'ai dû choisir des études supérieures, j'ai découvert avec plaisir qu'il y avait une orientation qui combinait mes passions : la musicologie. Je me suis inscrite en 1re candidature", se souvient Valérie Dufour.

En 2000, elle obtient sa licence en musicologie à l'ULB où elle est aussitôt engagée comme aspirante FNRS sous la direction d'Henri Vanhulst. Après avoir rédigé un mémoire sur la réception des ?uvres de Stravinski à Bruxelles dans la 1re moitié du 20e siècle, Valérie Dufour décide de poursuivre ses recherches sur le compositeur russe : sa thèse de doctorat sera consacrée aux rapports de Stravinski avec la critique musicale, les exégètes. Elle explique : "en réalisant mon mémoire de licence, j'avais découvert que Stravinski et le musicologue belge Paul Collaer avaient échangé une importante correspondance où il apparaissait clairement que le compositeur attachait une grande importance à ce qui était écrit sur lui. J'ai eu envie d'en savoir plus".

La chercheuse défend sa thèse en 2004; elle est engagée comme chargée de recherche FNRS à l'ULB. Elle entame alors un post-doctorat qui l'amène à s'intéresser au phénomène des écrits de compositeurs. Le sujet ne la quittera pas : devenue chercheur qualifié FNRS en 2008, elle en a fait le thème central de sa recherche actuelle. On observe au 20e siècle que les artistes investissent de plus en plus l'écrit : comme si leur ?uvre demandait à être davantage expliquée voire complétée, les compositeurs se mettent à expliquer leur démarche, le sens de leur ?uvre au sein même de la partition, d'articles dans divers types de revues, d'ouvrages sur le langage musical, etc. "Au 20e siècle, le compositeur devient plus engagé, il flirte avec le statut d'intellectuel", souligne Valérie Dufour.

Pour illustrer son propos, la chercheuse a décidé d'étudier quelques compositeurs en particulier : Igor Stravinski, Florent Schmitt? "J'avais choisi Stravinski dans mon mémoire de licence, un peu par hasard. Depuis, il ne m'a plus quittée : même si je reste critique sur son ?uvre, il incarne parfaitement une époque : ce qui m'intéresse, c'est à travers le personnage sans doute très soucieux de son image, de découvrir un phénomène de société, une évolution du statut de l'artiste. Les années '20 sont riches d'enseignements", insiste-t-elle. Outre le changement du statut de l'artiste qui désormais s'engage, l'entre-deux-guerres voit également les technologies se répandre - le disque est diffusé plus largement, la radio se développe, un nouveau type de presse musicale voit le jour -, ce qui facilite l'accès à la vie musicale, mais favorise aussi l'émergence d'une vie musicale de variétés (le music-hall est né) avec pour conséquence notamment une plus grande médiatisation des artistes d'un côté et un renforcement du caractère savant de la création musicale de l'autre.

Lors d'un colloque à New York en 2005, Valérie Dufour rencontre Michel Duchesneau, professeur à l'Université de Montréal auprès duquel elle fait deux stages postdoctoraux au Québec et avec lequel elle développe le "Réseau international d'études des écrits de compositeurs". Un ouvrage collectif sur le phénomène des compositeurs-auteurs est notamment à l'écriture.

L'enseignement est aussi une étape importante de son parcours - "enseigner vous oblige à formuler et reformuler les choses, c'est une remise en question constante qui vous aide à mieux comprendre votre propre recherche", souligne-t-elle.

La recherche ? "Lorsqu'on vous propose un mandat pour mener une thèse, vous n'hésitez pas, vous saisissez l'opportunité. Ensuite, au fur et à mesure, on comprend mieux la recherche et on tente de donner du sens au métier de chercheur en sciences humaines. Pour moi, chercher, c'est interroger l'histoire et la faire vivre, remettre nos idées en question. La recherche, ce n'est pas accumuler du savoir, mais plutôt progresser dans notre perception des choses. En musicologie, la recherche permet de mieux comprendre l'histoire de la musique et son évolution actuelle. Si en tant que chercheur, je dois me focaliser sur des thèmes très pointus, je tente de rester attentive à maintenir le lien avec la vie musicale vivante, avec les pratiques contemporaines et les musiciens de notre temps", souligne Valérie Dufour.

Contacts

Valérie DUFOUR

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 4354,

Campus du Solbosch

ULB CP103, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles