Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Christos SOTIRIOU (Chercheur qualifié - 2005)

Parcours

Dès le début de mes études en médecine, j'ai découvert en moi, grâce aux cours scientifiques, un attrait pour la recherche. Après mes études générales, je me suis spécialisé en cancérologie pendant six ans. Ensuite, j'ai intégré le National Institute of Health, à Brethesda aux États-Unis, pour deux années de recherche avant de revenir en Belgique, à l'Institut Jules Bordet, bien connu pour son expertise et sa recherche clinique dans le domaine du cancer.

Les progrès relatifs à la technologie de puce à ADN et à la connaissance du génome humain ont permis d'entreprendre un vaste projet d'analyse du profil génétique et moléculaire des cancers humains pouvant mener à une plus grande compréhension de leur biologie. Le concept de puce à ADN ou " microarray " n'est pas nouveau et consiste en l'hybridation de brins d'ADN avec des copies de séquences complémentaires liées sur un support solide. Contrairement aux autres technologies qui évaluent uniquement l'expression de gènes individuels, l'intérêt du microarray est de permettre l'analyse du profil d'expression de dizaines de milliers de gènes simultanément et donc de groupes de gènes exprimés de manière coordonnée et qui génèrent une empreinte de l'état biologique des cellules d'origine.

Ma thèse, en réalité entamée aux États-Unis, portait sur l'application de cette technologie dans la compréhension de la carcinogenèse tumorale mammaire et la prise en charge thérapeutique des patientes présentant un cancer du sein.

Le cancer du sein représente environ 30% des cancers chez la femme. Bien que diverses anomalies génétiques aient été répertoriées chez lui, les mécanismes moléculaires responsables du développement tumoral mammaire restent largement incompris.

En clinique actuellement, les facteurs permettant de le classifier en catégories de risque se basent sur des données cliniques et pathologiques. Les traitements sont établis en fonction de ces catégories. Cette classification reste néanmoins insuffisante : certaines femmes, a priori à faible risque de récidive font une nouvelle tumeur dans l'année, alors que d'autres à risque considéré comme élevé n'entendront plus jamais parler de leur maladie.

Ainsi, en l'absence de certitude sur le risque de récidive, près de huit patientes sur dix reçoivent actuellement une chimiothérapie après ablation de leur tumeur. Pourtant, toutes n'en ont pas besoin. Or, ces chimiothérapies peuvent occasionner des effets secondaires importants. En outre, on ne connaît pas encore les raisons de l'hétérogénéité des réponses à un même traitement dans un groupe de patientes présentant le même type de tumeur.

La technique des microdamiers a permis une meilleure classification des tumeurs mammaires que celle utilisée actuellement en clinique. Cette nouvelle classification, basée sur les données génomiques, est déjà à la base d'une meilleure prise en charge thérapeutique. Par ailleurs, une caractérisation améliorée des mécanismes moléculaires complexes des tumeurs pourrait déboucher sur l'identification de nouvelles cibles thérapeutiques et le développement de nouveaux médicaments anticancéreux.

En collaboration avec d'autre centres européens, qui tentent d'établir " la carte d'identité moléculaire " du cancer du sein, nous essayons de mieux connaître cet ennemi. La " carte d'identité " devrait permettre dans un avenir proche la mise au point de traitements sur mesure et à la carte...

Au cours de la dernière décennie, la lutte contre le cancer du sein a progressé à pas de géant. Même s'il effraye toujours, nous sommes à l'heure actuelle en mesure de guérir nombre de ses types. Et pour ceux contre lesquels nous ne possédons pas encore de traitement salvateur nous parvenons souvent à prolonger la vie des patients de manière conséquente. Je ne peux affirmer que dans 10 ans nous serons en mesure de tous les guérir. Mais nous progresserons encore, c'est certain.

Thèse

DNA Microarray Technology : A Potential Prognostic and Predictive Tool for the Improved Management of Breast Cancer (publiée le 1er octobre 2004)

Contacts

Christos SOTIRIOU

Institut Bordet : Médecine

Institut Jules Bordet - centre des tumeurs

ULB CP401, rue Héger-Bordet 1, 1000 Bruxelles