Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Monique WEIS (Chercheur qualifié - 2005)

Parcours

À mon arrivée à l'ULB, ma sensibilité pour les sciences humaines était très diversifiée. J'ai opté pour le journalisme et sa formation de base générale qui m'a donné le goût des travaux de recherches. J'ai ensuite souhaité approfondir cette voie et me plonger dans l'histoire plus ancienne, particulièrement celle des temps modernes (16e-17e siècles). De nombreux problèmes que connaissent nos sociétés d'aujourd'hui trouvent leurs origines dans cette période, véritable berceau de la modernité.

Ma thèse portait sur les relations entre les Pays-Bas espagnols et les Allemagnes au 16e siècle. J'ai travaillé sur des correspondances diplomatiques, conservées aux archives générales du royaume, mais aussi dans des dépôts d'archives allemands et espagnols. Je me suis surtout penchée sur les années qui ont vu éclater la révolte des Pays-Bas contre le roi d'Espagne. Celle-ci a posé des questions essentielles, d'ordre religieux (les enjeux de la liberté de culte et de la coexistence entre confessions), et d'ordre politique (les notions de souveraineté et de droit de rébellion). J'ai démontré que la philosophie politique n'existe pas uniquement à travers quelques grandes ?uvres ; bien des sources plus anonymes véhiculent de véritables discours idéologiques.

En tant que chargée de recherches au FNRS, j'ai élargi le champ d'investigation aux relations entre les Pays-Bas et toute l'Europe protestante. Mon objectif était d'étudier comment les liens entre le politique et le religieux ont pris de l'importance et se sont répercutés sur la diplomatie, le commerce et la culture. Mon travail actuel prolonge d'ailleurs ce questionnement. D'une part, il cherche à montrer en quoi la construction des nations, qui connaît un essor important à cette époque, est liée à l'émergence de ces identités confessionnelles fortes en Europe. D'autre part, il pose la question des répercussions diplomatiques, économiques, sociales et culturelles de cette interaction. Ces interrogations restent d'actualité parce que nous sommes toujours confrontés à des problèmes de gestion de la multiconfessionnalité.

Pour le futur, il me tient à c?ur de tenter une histoire comparée des mouvements migratoires liés aux divisions confessionnelles en Europe. Je compte me pencher en détail sur les calvinistes des Pays-Bas méridionaux qui se sont déplacés vers les Provinces-Unies, l'Allemagne et l'Angleterre. Par ailleurs, ma nomination va me permettre de m'intégrer davantage dans les centres de recherche de l'ULB, et d'élargir le champ de mes investigations.

Des études en communication à la recherche en histoire : un tel parcours atypique peut surprendre. Une formation éclectique comme le journalisme amène à s'intéresser à des domaines très différents. La recherche, et plus particulièrement la réalisation d'une thèse de doctorat, exige que l'on dédie plusieurs années à un seul sujet. Les deux approches forment l'esprit de manière complémentaire. Pour moi, il est essentiel que le chercheur en histoire reste ancré dans le monde d'aujourd'hui, qu'il s'ouvre aux sciences humaines et qu'il sache transmettre ses connaissances de manière accessible.

Thèse

Les Pays-Bas espagnols et les États du Saint Empire : priorités et enjeux de la diplomatie en temps troubles (1559-1579) (publiée le 21 mars 2001)

Contacts

Monique WEIS

Faculté de Philosophie et Sc. sociales

tel 02 650 3357,

Campus du Solbosch

ULB CP108, avenue F.D. Roosevelt 50, 1050 Bruxelles