Présentation des derniers chercheurs engagés à l'ULB
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Alain LE MOINE (Chercheur Qualifié - 2003)

Parcours

La greffe d'organe solide ou de moelle osseuse constitue très souvent l'unique solution thérapeutique. En dehors d'un don provenant d'un jumeau homozygote (génétiquement identique), toute greffe de tissus comporte des motifs moléculaires non apparentés au soi du receveur "non-self antigens". Ces disparités entre donneur et receveur découlent d'un polymorphisme des protéines au sein d'une même espèce. Chaque disparité est appelée alloantigène. Les alloantigènes sont reconnus par les lymphocytes " alloréactifs " et sont responsables d'un processus actif de rejet du greffon par l'hôte. Le rejet d'allogreffe constitue la principale limite thérapeutique en transplantation. Afin de la repousser, les patients transplantés sont traités avec des médicaments immunosuppresseurs qui affaiblissent l'ensemble des réponses immunes sans distinguo entre l'alloréactivité elle-même et l'immunité anti-pathogène (virus, bactéries) ou anti-tumorale. Dés lors, ces médications s'accompagnent d'un risque accru d'infections et de cancers. En outre, ils ne permettent pas d'induire de la tolérance, le plus souvent l'allogreffe finissant par être rejetée.

Idéalement, nous devrions éduquer le système immunitaire de l'hôte en vue d'un dialogue pacifique avec l'alloantigène, tout comme il tolère ses propres antigènes. Ceci devrait être possible si l'on considère l'existence de mécanismes de régulation négative des réponses immunes dirigées contre ses autoantigènes et d'autres antigènes. Ces réseaux dits régulateurs, encore mal connus et complexes, préviennent l'apparition de maladies autoimmunes ou de syndromes allergiques et contrôlent tout débordement délétère des réponses immunes à l'égard des pathogènes infectieux. Cette homéostasie du système immunitaire repose sur un dialogue permanent entre les systèmes de l'immunité innée (cellules dendritiques, macrophages, polynucléaires neutrophiles éosinophiles?) et de l'immunité acquise (ou spécifique d'un antigène impliquant les lymphocytes T CD4 et CD8, les lymphocytes B), tous deux en interrelation avec les cellules parenchymateuses non-lymphoréticulaires.

Qu'en est-il de ces systèmes régulateurs en transplantation? C'est sur cette question que repose notre projet. Trois préalables doivent être considérés: 1) Une allogreffe sera rejetée uniquement si l'hôte possède une immunité acquise (lymphocytes T) reconnaissant spécifiquement l'alloantigène, l'activation de l'immunité innée seule ne suffisant pas. Le composant agressif de la réponse acquise devant être prépondérant par rapport au composant régulateur. 2) Un alloantigène est bien sûr un antigène étranger (non-self antigen), mais n'est pas à considérer comme un antigène associé à un danger comme dans le cas d'une bactérie (pathogen-related antigen) susceptible d'entraîner la mort par choc septique. 3) Il y a quantitativement plus de parentés antigéniques entre donneurs et receveurs d'allogreffes, que de disparités. Ces parentés semblent être activement impliquées dans des mécanismes d'acceptation des greffes. A l'extrême, l'acceptation d'une autogreffe (syngénique) ne résulte pas seulement de l'absence de disparité antigénique, mais également de l'implication de ces mécanismes protecteurs, leur neutralisation pouvant même mener au rejet de la greffe syngénique.

Nous avons réalisé des expériences préliminaires montrant que, si l'on potentialise les interactions entre un " soi " commun entre le donneur et le receveur, un soi conservé, nous augmentions significativement la survie d'allogreffe. Ces mécanismes devenant dominants par rapport au répertoire de lymphocytes alloréactifs effecteurs du rejet. Nous allons disséquer ce langage " tolérogène ". L'identification de ces interactions et des molécules impliquées nous permettra d'adapter le produit de ces recherches à l'allogreffe chez l'homme (recherche translationnelle) et d'envisager des essais cliniques. Cette démarche considère des mécanismes hautement conservés parmi les espèces et donc susceptibles d'être efficaces tant chez l'homme que chez le rongeur.

Thèse

Implication de l'IL-4, de l'IL-5 et des éosinophiles dans les rejets de greffes de peau chez la souris (publiée le 09/10/2000)

Contacts

Alain LE MOINE

Hôpital Erasme

tel 02 650 9551, fax 02 650 95 63,

Campus de Charleroi - Gosselies (Biopark)

ULB CP305, rue des Professeurs Jeener et Brachet 12, 6041 Charleroi (Gosselies)